WWF France - Pour une cohabitation harmonieuse entre les grands carnivores et les activités humaines
©: Giancarlo MANCORI / WWF-Italy

Aidez le WWF à protéger le loup

Depuis plus de 15 ans, nous finançons des actions pour aider les bergers à se protéger des attaques de loups. Renforcement de la présence humaine aux côtés des troupeaux, chiens de protection, pose de clôtures appropriées, expérimentations d’effarouchement : c’est le programme « Pastoraloup » porté par FERUS et soutenu par le WWF. En partenariat avec cette même association, nous contribuons aussi au développement du programme « Parole de loup », visant à informer au plus près du terrain les habitants et les touristes dans les régions de forte présence du loup.

Le WWF intervient également dans les instances nationales institutionnelles, pour porter le message de la cohabitation et relancer la recherche de solutions pour atténuer le conflit Homme-loup, en contribuant à refonder la gouvernance et la compréhension de la problématique par les parties prenantes. Nous y défendons une approche transnationale, via le réseau européen du WWF, dans la mesure où les populations de loups ignorent les frontières et doivent être prises en compte de façon cohérente et globale à l’échelle du continent.

Pour nous aider à agir aujourd’hui nous vous demandons d’intervenir dans la consultation publique qui est lancée jusqu’au 21 février.

Mobilisez-vous avant le 21 février !

Le loup dans notre pays compte une population d’environ 300 individus et l’arrêté du 5 juillet 2016 a fixé à 36 le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction peut être autorisée du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017. Au 4 janvier 2017, 33 spécimens ont été détruits.

Depuis la destruction du 32ème spécimen, seuls des tirs de défense des troupeaux, tels que définis aux articles 12 à 22 de l’arrêté du 30 juin 2015, peuvent être réalisés, à l’exception toutefois d’un loup pouvant être détruit dans les départements des Vosges et de Meurthe et Moselle, par tir de prélèvement, cette situation étant permise par un arrêté en date du 28 novembre 2016.

Une consultation du public est ouverte du 30 janvier au 21 février sur un projet d’arrêté fixant un nombre supplémentaire de spécimens de loups (Canis lupus) (4) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2016-2017.

Présenté en CNPN le 10 janvier dernier, cet arrêté a reçu un avis défavorable​. 

Le WWF vous demande de vous opposer à ce nouvel arrêté en participant à la consultation publique via la plateforme mise à disposition

Je m'engage

Les arguments que vous pouvez mettre en avant :

Parmi les 33 loups déjà détruits au moins 10 l'ont été dans le cas de tir de prélèvements renforcés, c'est à dire en action de chasse souvent loin des troupeaux. Ces tirs non sélectifs conduisent à atteindre plus rapidement le plafond et à justifier son augmentation.

Le plafond de 36 loups garantissait que la dynamique de la population de loups, encore menacée sur notre territoire, ne serait pas touchée : une population stable ou en augmentation.

Il n'est pas possible d'augmenter ce plafond sans en évaluer les conséquences potentielles sur la population de loups par une évaluation scientifique comme cela a été fait pour la fixation du plafond précédent.

Il faut une analyse de l'efficacité de chaque type de tir (tir de défense, tir de protection et tirs de prélèvements) en matière de protection du bétail, depuis que des loups sont abattus. Il y a des cas où des morts de loups ont entraîné plus de dégâts sur les troupeaux.
 
Tant que les tirs de défenses renforcés sont aussi peu sélectifs sur les loups réellement à l'origine d'attaques sur des troupeaux, nous considérons que ces tirs ne remplissent pas leur rôle de protection des élevages.

Aucun tir ne peut être accepté sur des élevages non protégés ou qui n'ont pas été formellement évalués comme non protégeables.

Autoriser une augmentation du plafond est un moyen de ne pas se pencher sur les situations réellement problématiques, où des mesures innovantes de protection des troupeaux doivent pouvoir être testées.

©: Staffan Widstrand / WWF

Pour une cohabitation harmonieuse entre les grands carnivores (ours, loup, lynx) et les activités humaines


La biodiversité connaît une érosion sans précédent. Les espèces disparaissent à un rythme mille fois supérieur au taux d’extinction naturel et c’est à l’activité directe ou indirecte des hommes qu’il faut imputer cette crise. Malgré leur statut d’espèces protégées encadré par la convention de Berne et la directive Habitats, les grands carnivores de France métropolitaine dont on connaît le rôle écologique au sommet de la chaîne alimentaire, appartiennent tous aux espèces menacées de France sur la liste rouge de l’UICN. Le loup est classé vulnérable, le lynx est en danger et l’ours en danger critique de disparition.

Comme il le fait dans nombre de pays du monde, le WWF en France développe depuis plus de 30 ans des programmes, des actions et des campagnes pour obtenir une cohabitation apaisée entre nos grands carnivores et les activités humaines et en particulier l’élevage.

Les grands carnivores sont persécutés depuis des siècles en raison des dommages qu’ils causent aux troupeaux. Aujourd’hui notre pays n’a pas encore réussi à mettre en place une politique qui permette aux loups, aux lynx et aux ours de vivre à nos côtés. Comment un pays comme la France peut-il donner des leçons à d’autres pour qu’ils protègent leurs éléphants, leurs tigres ou leurs panthères des neiges, dont les interactions avec les activités économiques, les biens et les personnes sont beaucoup plus difficiles à gérer par manque de moyens, s’il n’obtient pas ici une cohabitation permettant aux loups, lynx et ours d’être protégés et leurs impacts sur les activités humaines réduits à un niveau économiquement et sociologiquement acceptable ?




Le conflit entre le pastoralisme et le loup a par exemple gagné la scène politique nationale au cœur de laquelle il est devenu un enjeu électoral, un symbole des clivages entre la ville et le monde rural. Pire encore, la présence de grands carnivores pousse au braconnage, qui demeure l’une des principales causes de mortalité parmi ces animaux notamment pour les lynx.

Quant à l’ours, le renforcement par des femelles du noyau relique composé de deux ours mâles en Pyrénées Atlantique et celui de la petite population en Pyrénées centrales n’a pas encore reçu le soutien du gouvernement au niveau national pourtant indispensable pour sortir l’animal de son statut dramatique. Le monde rural et agricole est fortement ébranlé par les mutations profondes qu’il a subi en quelques décennies et cet enjeu est crucial  dans le contexte d’atteintes croissantes à la vie sauvage et d’évolution des territoires et de leurs usages (déprise agricole en montagne, mitage rurbain, croissance du tourisme et des pratiques de pleine nature, etc...).

De fait, les difficultés concrètes posées par la présence de ces animaux, symboles forts de nature, entraînent une réaction anti environnementale qui s’attache à exagérer les problèmes réels causés par ces espèces. Pour le WWF France, l’acceptation des grands carnivores par les professionnels de l’élevage est possible et a déjà été prouvée dans maintes zones au niveau européen même si elle restera toujours fragile.

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