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Rhinocéros d'Afrique

Bien que les deux espèces africaines, le rhinocéros noir et le rhinocéros blanc, soient en augmentation, elles n’en restent pas moins menacées par le braconnage qui s’est intensifié depuis 2007.
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Braconnage

Généralement associé au commerce illégal d’animaux, le braconnage est l’une des plus grandes menaces pesant sur la survie du rhinocéros d’Afrique, espèce particulièrement importante en termes de biodiversité mais aussi de revenus provenant du tourisme.

En Afrique du Sud par exemple, l’un des pays les plus avancés dans la conservation des rhinos puisqu’il abrite 83% des rhinocéros africains et les trois quarts de la population mondiale, les cinq dernières années ont été marquées par une hausse dramatique du braconnage d'environ 3000%.

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La corne d'abondance

La raison : la croissance économique en Asie, qui alimente la demande de corne de rhinocéros pour usage thérapeutique, alors qu'il n'existe à ce jour aucune preuve scientifique de sa valeur médicale.

Le principal facteur expliquant l’essor de ce commerce est l’explosion de la demande au Vietnam. Elle serait due à la parution d’informations expliquant qu’un officiel du gouvernement atteint du cancer serait entré en rémission grâce à l’usage de la corne de rhino. Depuis, elle est très recherchée comme anticancéreux, mais aussi comme tonifiant.

Des personnels diplomatiques vietnamiens en poste en Afrique du Sud ont d’ailleurs été impliqués dans le trafic de corne en dehors du pays. En Chine, le cas est différent. La demande reste stable, moins pour la médecine traditionnelle que pour les objets sculptés, tels les coupelles utilisées pour les offrandes, qui sont considérées comme des signes extérieurs de richesse.

Cette demande a mené à la création d’organisations internationales de braconnage qui déploient des technologies avancées, jumelles à vision nocturne, armes silencieuses, hélicoptères et autres, pour mener leurs missions à bien.
 
Or, la faiblesse des moyens et des Etats impliqués font que l’application des lois n’est pas suffisamment efficace pour combattre ce crime très organisé. Du coup, le braconnage reste un crime « rentable », si l’on compare les gains engendrés par ce commerce avec la faiblesse des peines encourues.
 
Dans les années 1970 et 1980, la demande de la corne au Yémen pour orner les dagues traditionnelles symbolisant le statut de l’individu, avait multiplié les prix par 20, avec un effet désastreux sur les populations de rhinocéros, en particulier les noirs.

Depuis, grâce à de sérieux efforts de conservation et de lutte contre le braconnage, certaines populations de rhinocéros ont pu redevenir à nouveau stables voire augmenter. Il y a donc un espoir.

Il y a 150 ans, plus d’un million de rhinocéros noirs et blancs peuplaient les savanes africaines. Ce braconnage, qui fragilise les acquis de ces dernières années, pourrait à terme signifier l’extinction du rhinocéros en Afrique.

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Cartographie - Application de la loi sur le commerce illégal d'espèces en Afrique et en Asie
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Cartographie - Marché du commerce illégal de rhinocéros en Afrique et en Asie
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Graphique - Evolution de la population des rhinocéros noirs et des rhinocéros blancs en Afrique du Sud et en Afrique.
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