Besoins en eau | WWF France


 
	© Bruno Pambour / WWF

La soif de la terre

L’agriculture est le secteur qui utilise le plus d'eau, au point de représenter la moitié de la consommation en France et jusqu’à 80% en été. Dans certaines régions en état de stress hydrique, cette irrigation pose de nombreux problèmes.
Depuis le début des années 2000, il n’est pas rare que des rivières se retrouvent à sec en plein été suite à des prélèvements trop importants. En Poitou-Charentes et Midi-Pyrénées, la situation est particulièrement préoccupante et ne peut que se renforcer voire s’étendre sous la pression du changement climatique.

Si cette activité essentielle à la vitalité des territoires et à la fourniture de services écosystémiques doit être soutenue, il est en revanche nécessaire d’essayer de limiter les impacts de l'agriculture sur la qualité et la quantité d’eau utilisée, ainsi que sur la biodiversité en général.

Pour s’adapter à la raréfaction de la ressource en eau, les solutions ne résident pas dans la construction de barrages et de retenues supplémentaires, mais plutôt dans l’adaptation à ces nouvelles contraintes.

L’une des stratégies possibles consisterait plutôt à privilégier des cultures moins gourmandes en eau (sorgho par exemple) et à abandonner les monocultures de maïs, céréale tropicale qui représente plus de la moitié des surfaces irriguées et nécessite des températures élevées.

Très peu « efficace » dans son utilisation de l’eau, cette culture est aussi gourmande en intrants (pesticides et engrais), autre source d’inquiétude pour la santé mais aussi l’économie agricole.

Une agriculture très dépendante des intrants


Récemment, un rapport du Commissariat Général au Développement Durable (CGDD, septembre 2011) a révélé que le surcoût lié aux pollutions agricoles est estimé à près d'un milliard d’euros pour la facture d’eau potable des consommateurs.

De même, selon un rapport du CGDD de 2007, 91% des eaux de surface et 59% des eaux souterraines sont polluées par des pesticides.

Sur le front des pollutions aux nitrates, la situation n’est pas meilleure puisque les problèmes liés aux algues vertes ne sont plus uniquement circonscrits à la Bretagne.

Enfin les intrants, en dehors de leur impact sur l’environnement, sont coûteux et renforcent la dépendance économique des agriculteurs qui en ont sans cesse besoin pour maintenir les rendements de leurs exploitations.

Afin de répondre à ces problématiques, le WWF et la FNCIVAM s’engagent donc pour promouvoir une agriculture moins dépendante des intrants (pesticides, engrais, énergie), à la fois « autonome et économe » tout en restant productive.

Cela passe selon nous par un retour à des pratiques agronomiques favorables à l’environnement, préalable indispensable à la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires.
 
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Le plan Ecophyto 2018

Lancé en 2008 à l’occasion du Grenelle de l’environnement, le plan «Ecophyto» prévoit une réduction de moitié de la consommation de pesticides en France d’ici 2018.

Porté par le Ministère de l’agriculture, ce plan comprend huit axes qui intègrent par exemple des recommandations pour les utilisateurs, la formation des agriculteurs et enfin des actions de recherche et d’expérimentation agronomique.

Comme les études de l’INRA l’ont montré, changer les systèmes de production et réduire la consommation de pesticides est possible. Et pourtant, le plan Ecophyto peine à porter ses fruits, après quatre ans d’existence.

La consommation globale de pesticides a augmenté de 2,6% entre 2009 et 2010 en France. Sans politique volontariste, il est à craindre que la situation n’évolue pas.