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CHANGEMENT CLIMATIQUE EN ARCTIQUE : LE WWF EXHORTE L’UNION EUROPÉENNE À AGIR
L’Union européenne n’échappe pas à l’intérêt croissant porté à l’Arctique. Quelques jours après la tenue d’une conférence internationale sur l’Arctique, co-organisée par la présidence française de l'Union européenne et la Principauté de Monaco, la Commission européenne publie une communication sur le sujet.
L’Union européenne n’échappe pas à l’intérêt croissant porté à l’Arctique. Quelques jours après la tenue d’une conférence internationale sur l’Arctique, co-organisée par la présidence française de l'Union européenne et la Principauté de Monaco, la Commission européenne publie une communication sur le sujet.
Optimiser et harmoniser les recherches sur l’Arctique, c’est l’engagement auquel sont parvenus, le 10 novembre dernier, les ministres ainsi que les représentants des institutions européennes et des organisations internationales présents à la conférence internationale sur l’Arctique organisée à Monaco.
Si cette déclaration va dans le bon sens, elle est loin d’être suffisante. Les dernières données scientifiques montrent l’urgence d’agir pour protéger l’Arctique : l’Arctique se réchauffe plus vite que ce que nous le pensions il y a encore à peine un an.
De plus, si le réchauffement climatique porte déjà gravement atteinte à l’écosystème arctique, il représente, bien au delà des limites de cette région, une source d’emballement du climat qui menace la planète toute entière. Ainsi, le dégel des sols de l’Arctique, particulièrement riches en CO2, entraîne la libération d’énormes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. La stabilité des courants océaniques dans leur ensemble est également menacée.
Si l’on veut inverser la tendance, il faut dès aujourd’hui dépasser les constats et passer à l’action : « la science seule ne pourra pas protéger l’Arctique. Seules des décisions politiques pourront y parvenir », a souligné Neil Hamilton, directeur du WWF Arctique.
Il a également rappelé, à quelques semaines de la conférence de Poznan sur le climat, qu’il était impératif que l’Union européenne ouvre la voie à un accord international suffisamment ambitieux pour renverser la tendance. C’est là tout l’enjeu du Paquet Energie Climat, qui est entré dans sa dernière phase de négociations au sein de l’UE. Pour convaincre d’autres acteurs de s’engager sur la scène internationale, l’Union européenne et sa présidence française doivent viser une réduction de 30% des émissions de CO2 de l’UE d’ici à 2020 et soutenir les pays en voie de développement dans leurs efforts.
Loin d’être un luxe, il s’agit d’ une exigence indispensable si l’on veut éviter l’emballement du climat mondial et rester en deçà d’un réchauffement de 2°C en 2100.
Le 20 novembre dernier, la Commission européenne a publié une communication soulignant la nécessité de préserver l’Arctique et d’en exploiter les ressources de manière durable. Il s’agit là d’un pas important pour éviter que la région arctique ne soit détruite par la ruée vers les ressources naturelles qu’elle recèle.
Mais les critères de durabilité ne suffisent pas. C’est pourquoi, le WWF appelle à un moratoire sur le développement de l’exploitation pétrolière tant que la capacité technique à faire face, dans cet écosystème fragile, à des pollutions accidentelles n’a pas été démontrée.
Autre point d’importance : la gouvernance de l’Arctique. Tout comme l’avait fait le Parlement européen dans une résolution adoptée en octobre dernier, la Commission européenne appelle à une amélioration de la gouvernance de l’Arctique. « La fonte des glaces ouvrant la possibilité à l’exploitation des ressources naturelles, les différentes législations régissant l’Arctique ne sont pas suffisantes pour assurer une protection et un avenir durable de la région. Il faut une approche globale, une gouvernance partagée, en plus de la convention sur le droit de la mer », affirme Neil Hamilton.
