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ACTUALITÉS
CHRONIQUE RFI DE SERGE ORRU : 1 SIÈCLE DE PRODUITS CHIMIQUES…
1 million de tonnes de produits chimiques en 1930, 400 millions de tonnes aujourd’hui…
Des dioxines au chlore, en passant par les dérivés du pétrole ou les pesticides, les sources de pollution chimique sont présentes partout et continueront à nous nuire, à nous, et à notre environnement !
Au nom du progrès, on privilégie l’avenir économique immédiat. Les pollutions sont dissimulées sous prétexte du développement… économique et industriel.
Dans les années 50, la localité de Minamata au sud du Japon a été gravement contaminée par les rejets de mercure en mer d'une usine pétrochimique. Contaminant poissons et coquillages, ces rejets ont déclenché chez l'homme une maladie neurologique grave, dite maladie de Minamata. Le premier cas fut enregistré en 1956 mais cette pollution ne sera reconnue qu'en 1968 et l'usine n'interrompit son utilisation qu'en trouvant un procédé plus moderne et moins coûteux et non pas par souci sanitaire ou écologique affirmé.
En 1962, Rachel Carson consacrait son ouvrage Silent Spring (Printemps Silencieux) aux impacts environnementaux causés par le DTT. Cette analyse fut l’une des premières à remettre en cause le modèle de développement économique et entraîna une mobilisation sans précédent donnant ainsi naissance à la première réglementation sur l’utilisation des pesticides. Rachel Carson fit le lien entre choix économique et catastrophe écologique, entre catastrophe écologique et enjeu de santé publique…
Dans les années 70, un nuage de dioxine s'échappe d'un réacteur de l'usine chimique Icmesa, située dans la commune de Meda en Italie, et se répand sur la plaine lombarde. À l'époque, la toxicité de la dioxine pâtit d'une absence quasi complète de données scientifiques. On sait en revanche que l'une des substances libérée est aussi un composant des défoliants utilisés au Vietnam par l'armée américaine (l'agent orange fabriqué par Monsanto…). La question de dangers éventuels pour la santé humaine est rapidement posée… mais rien n’est fait !
En décembre 1984, c’est l’Inde qui est touchée.
Une fuite de gaz d’une usine de pesticides à Bhopal, en Inde, fait plus de 4000 morts en 24 heures et intoxique des centaines de milliers de personnes. L’entreprise américaine Union Carbide avait choisi, au nom du progrès économique de générer du profit en baisse ses coûts… Mais le progrès technique n’entraîne pas forcément le progrès humain !
En 1986, c’est la radioactivité incolore, inodore et invisible de Tchernobyl qui se déverse sur l’Europe. Conséquence : des milliers de morts et l’explosion de cancers et autres maladies dégénératives….
De nombreuses autres catastrophes écologiques ponctuent notre histoire, mais nous ne sommes pas là pour faire une liste à la Prévert.
Les crises écologiques et sanitaires débouchent sur des crises sociales et de plus en plus des crises politiques. Au nom de la croissance et du progrès, on cache et oublie les conséquences de nos actes.
Combien de temps pourrons-nous encore continuer à vivre sur une planète malade ? Réveillons nous ! C’est l’avenir de nos enfants qui est en jeu !
Serge Orru pour l’émission « C’est pas du vent » d’Anne Cécile Bras pour Radio France International
