Vous êtes ici:

Envie d'agir pour la planète?

Rejoignez-nous sur Planète Attitude, Le 1er réseau social nature et environnement francophone

www.planete-attitude.fr

Pour tous les gourmands, le livre de référence sur la cuisine écolo

Adoptez Théodora, l'ours polaire

Adoptez symboliquement cet ours et soutenez l'action du WWF en faveur de la protection des espèces et contre le réchauffement climatique


ACTUALITÉS

12/12/2012

COP 18 DOHA : À PEINE MIEUX QUE RIEN

Après Doha, la planète reste sur une trajectoire d’augmentation globale de la température de 4° degrés. En effet, si le protocole de Kyoto, seul traité contraignant sur le climat, a été prolongé au-delà du 1er janvier 2013, il n’engage qu’un nombre limité de pays et porte sur des objectifs beaucoup trop bas. Par ailleurs, aucun accord n’a pu être conclu sur la stratégie REDD+.

Le résultat de la conférence de l’ONU sur le climat, à Doha, est à peine positif. Grâce à quelques décisions, le processus de négociations n’est pas interrompu. C’est un acquis significatif. En même temps, il est inquiétant de constater à quel point les ambitions pour parvenir à de véritables progrès sont faibles.

Un « Kyoto bis », mais avec un niveau de protection du climat très minime…

Une deuxième période d'engagement du protocole de Kyoto commencera bien en janvier 2013. La portée de cette seconde période, qui s'achèvera fin 2020, sera néanmoins extrêmement limitée et essentiellement symbolique car elle ne concerne que l'Union européenne et une dizaine de pays dont l'Australie ou la Norvège, soit 15% des émissions de GES dans le monde.

D’autre part, les objectifs de réduction sont si faibles qu'ils n’entraîneront que très peu de réduction supplémentaire. L'Europe, par exemple, a déjà atteint depuis 2011 l'objectif qu'elle s'était fixée pour 2020 ! Un amendement ajouté au nouveau protocole lui offre toutefois la possibilité d'augmenter son objectif en 2014. Il est crucial que l'Union saisisse cette opportunité et franchisse le pas d’une augmentation de son objectif de réduction des émissions de 20% à 30% d’ici 2020.

Le financement de la lutte contre les effets du changement climatique et des mesures d’adaptation (telle que la construction de digues face à l’élévation du niveau des mers) dans les pays en développement sera poursuivi, mais les accords des pays sont modestes et les mécanismes vagues.

Enfin, aucune feuille de route concrète n’existe pour savoir comment parvenir à un accord global d’ici à 2015.

REDD+ : une décision cruciale retardée

Le mécanisme REDD+ avait vu de réelles avancées durant la première semaine, avec pour la première fois, une proposition technique qui liait de manière cohérente les niveaux de références [1] aux systèmes de Mesure, Suivi et de Vérification (MRV) des réductions d’émissions liées à la déforestation, ceci avec une unité de mesure commune (équivalent tonne CO2) comparable aux autres secteurs tels que le transport et l’énergie.

Mais lors de l’adoption de ce texte, les pays en développement et développés représentés respectivement par le Brésil et la Norvège n’ont pas été capables de s’entendre sur le « V » du système de Mesure, Suivi et Vérification (MRV). Le point de clivage a été le niveau d’exigence des normes permettant de vérifier les réductions d’émissions liées à la déforestation donnant droit aux paiements par les pays développés. Les pays du nord demandent des garanties, notamment par un contrôle des réductions d’émissions par une 3e partie indépendante. Les pays du sud reprochent, quand à eux, aux pays développés de ne pas appliquer à eux-mêmes ces exigences dans la mesure de leurs propres réductions d‘émissions carbone.

Cette décision a donc été repoussée au prochain meeting technique prévu à Bonn en juin 2013, retardant une décision cruciale qui pourrait permettre la mise en œuvre du mécanisme REDD+ à grande échelle. Les pays du Sud ne seront pas prêts à discuter tant que des engagements financiers concrets, au moins de moyens termes à l’horizon 2013-2015, n’auront pas été pris.

La planète, elle, n’attend pas !

Si l’on considère le bilan de la COP18 sous l’angle des défis posés par le changement climatique, il est vraiment décevant : «C’est un peu comme si le sapin de Noël prenait feu et que tous se disputaient pour savoir qui doit aller chercher l’extincteur », commente Patrick Hofstetter, responsable climat et énergie au WWF Suisse. «En matière de climat, nous nous sommes habitués à ce que les négociations traînent. Mais la planète ne s’habituera pas aux changements climatiques

Pour plus d’informations :

> Page WWF dédiée à la COP 18 : panda.org/COP18

> Rapport Energie 2050 téléchargeable ici : http://www.wwf.fr/s-informer/actualites/pour-une-energie-100-renouvelable-en-2050

> Hastag Twitter #stopfossilfuels #COP18

copyright photo : (C) WWF Switzerlan_Della Bella_WWF Canon

[1] Niveau de référence : taux de déforestation servant de référence pour calculer la déforestation évitée par la mise en œuvre d’une stratégie REDD+ à l’échelle d’un pays.