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ACTUALITÉS

17/02/2010

ET L’OSCAR DU BIEN ÊTRE ANIMAL EST ATTRIBUÉ À…

Depuis 2007, chaque année, les Trophées des Œufs d’Or récompensent les efforts des acteurs de l’agroalimentaire en matière de bien-être animal. Orchestrée par l’organisation internationale Compassion in World Farming (CIWF) , l’initiative vise à récompenser l’éthique des entreprises, soucieuses des conditions de vie des poules pondeuses. Mais son objectif est également d’interpeller le consommateur sur les dérives de l’agriculture intensive. Léopoldine Charbonneaux, Chef de projet agroalimentaire à CIWF France, nous aide à comprendre le lien entre les conditions d’élevage et la qualité des produits que nous consommons.

En quoi les conditions d’élevage actuelles mettent-elles à mal le bien-être des poules pondeuses ?

Les poules sont des oiseaux complexes, qui disposent d’un vaste répertoire comportemental. Leur bien-être dépend largement de leur capacité à exprimer certains besoins essentiels : construire un nid pour la ponte, prendre des bains de poussière, picorer, se percher... Pouvoir bouger et étendre leurs ailes sont également, pour ces animaux, des besoins fondamentaux. Or, les poules élevées en cages conventionnelles passent les 13 mois de leur vie de pondeuse dans des petites cages collectives, alignées sur plusieurs étages dans de vastes bâtiments sans fenêtre. L’exiguïté de la surface dont dispose chaque poule (l’équivalent d’une feuille A4 par poule) lui interdit de battre des ailes ou même de bouger. Aucune litière n’est fournie pour prendre des bains de poussière, il est impossible de construire un nid et il n’y a pas de perchoir. C’est pourquoi, nous nous mobilisons afin d’encourager des systèmes d’élevage alternatifs comme le plein air, au sein desquels les poules peuvent mener une vie plus naturelle.

Votre association compte plus de 25 000 membres à travers le monde. Pourtant, en France, elle n’est pas encore très connue

Initialement, l’ONG a été créée au Royaume-Uni en 1967 par Peter Roberts, un éleveur de vaches laitières qui fut l’un des premiers à s’inquiéter de la dangereuse évolution de nos modes de production agricoles. Face à l’inertie des acteurs qu’il s’est efforcé de mettre en garde, il a décidé de fonder sa propre structure afin d’œuvrer pour le développement d’une agriculture durable, conciliant les besoins des animaux, le respect de l’environnement, les contraintes du monde agricole et les attentes des consommateurs, pour le bénéfice de tous. Dans l’hexagone, l’implantation étant récente, il faudra un peu de temps pour que l’association bénéficie de la même notoriété que chez nos cousins anglo-saxons.

Quel type d’actions menez-vous pour promouvoir un mode d’élevage plus responsable ?

Menées au niveau national et européen, nos actions visent à améliorer les conditions d’ élevage , de transport et d’ abattage des animaux par l’évolution de la réglementation qui encadre les méthodes de productions agricoles . Nous effectuons aussi un travail d’information du public sur les réalités de l’élevage industriel et mettons en œuvre des démarches incitatives et de collaboration avec les acteurs du secteur agroalimentaire afin d’encourager les systèmes d’élevage plus respectueux des animaux, des hommes et de l’ environnement . A l’image du Trophée des Œufs d’Or…

Justement, ce fameux trophée, comment l’obtient-on ?

Notre trophée récompense les entreprises et les collectivités territoriales qui se fournissent en œufs issus de modes d'élevages dits « alternatifs », c'est à dire sans cages au sol, plein air ou bio. Pour être lauréat, il suffit de rédiger une lettre expliquant pourquoi vous pensez être éligible, combien d’œufs vous utilisez par an et comment vous contrôlez votre approvisionnement. Nous comptons parmi nos précédents lauréats des entreprises des entreprises agroalimentaires, des chaînes de restaurant et des distributeurs.

L’éventail de lauréats montre bien que l’industrie agroalimentaire européenne attache de plus en plus d’importance au bien-être animal et aux systèmes d’élevage desquels leurs produits sont issus. Les acteurs économiques répondent en fait à une vraie demande des consommateurs qui, au delà de leur empathie pour le sort des animaux, considèrent que les œufs élevés en plein air sont de meilleure qualité, plus naturels et plus riches en goût. Opter pour des modes d’élevage alternatifs, c’est donc faire un choix judicieux pour l’avenir de son entreprise ou de sa collectivité.

Pour en savoir plus