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ACTUALITÉS

24/11/2011

J-4 DURBAN (COP17) : UNE NOUVELLE DÉFAITE POUR LES FORÊTS : LE COMITÉ SÉNATORIAL BRÉSILIEN A VOTÉ

Le Sénat brésilien a confirmé ce jour, à une large majorité, le vote de la Chambre des députés concernant la réforme du code forestier en place depuis 1965.

Une réforme adoptée : des années d’efforts annihilés

Le Brésil voit ainsi ses efforts déployés depuis maintenant plusieurs années, en matière de protection des forêts, considérablement anéantis.

Les obligations liées aux « Réserves légales » (propriétés privées qui ont pour obligation de préserver intacte les jeunes pousses) et aux « Zones de protection permanente » (zones sensibles à préserver telles que les zones de captage, têtes de bassin versants, fortes pentes, etc.) tombent.

Des graves conséquences liées à la réforme de ce code

- L’amnistie pour les violations environnementales réalisées depuis Juillet 2008 et la disparition de l'obligation de restaurer des zones déforestées illégalement dans les « Réserve légales » et les « Zones de Protection permanentes ».

- La disparition de l'obligation de « Réserve légale » dans les unités agricoles de petites tailles, plutôt dédiées à l'agriculture familiale. Qu’est-ce qui nous garanti aujourd'hui que les grands propriétaires ne parcelliseront pas leur propriété pour bénéficier de cette exception ?

- La réduction des zones de protection permanente de 30 à 15 mètres autour des rivières et zones de captage.

Un processus démocratique peu respecté

Il semblerait que le processus démocratique n'ait pas été très bien respecté. Certains des sénateurs se sont vus remettre le texte 48 heures avant. D'autres n’ont eu que quelques minutes avant d’entrer en session. Une lecture rapide du projet de loi et des 200 amendements, un vote des amendements en deux temps, l’absence de consultation en amont du gouvernement fédéral et l’éviction du Ministère de l'Environnement… Autant de paramètres qui ne pouvaient aboutir à la rédaction un texte visant à protégé les forêts.

Le texte repart donc en dernière lecture à la chambre des députés pour être présenter à la Présidente Dilma Roussef avant la fin de l'année.

La révision du code forestier brésilien va ainsi restreindre considérablement les « Réserves légales » et de vider de leur contenu les « Zones de protection permanente ». Ces zones de protection des forêts établies le long des réseaux hydrographiques visent à protéger diminuer l'érosion et les crues. Autrement dit, le gouvernement brésilien vient de voter une loi qui privilégie les intérêts des agriculteurs, au détriment de ceux du reste de la population et de la biodiversité.

La végétation naturelle pourrait ainsi disparaitre sur une superficie comprise entre 71,0 et 76,5 millions d’hectares (ce qui équivaut à la superficie de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Autriche réunies).

Vidéo d’illustration en anglais :

http://www.wwf.org.br/natureza_brasileira/reducao_de_impactos2/temas_nacionais/codigoflorestal/video/video_brazilian_forest_law_/

© Alain Compost