Vous êtes ici:

Envie d'agir pour la planète?

Rejoignez-nous sur Planète Attitude, Le 1er réseau social nature et environnement francophone

www.planete-attitude.fr

Pour tous les gourmands, le livre de référence sur la cuisine écolo

Adoptez Théodora, l'ours polaire

Adoptez symboliquement cet ours et soutenez l'action du WWF en faveur de la protection des espèces et contre le réchauffement climatique


ACTUALITÉS

22/11/2011

J-6 DURBAN (COP 17) : LE 22 NOVEMBRE 2011, LE SÉNAT BRÉSILIEN RENDRA SON VERDICT QUANT À LA RÉFORME DU CODE FORESTIER BRÉSILIEN : LA FORÊT EST DE NOUVEAU EN DANGER

La déforestation et la dégradation des forêts restent responsables de 20% des émissions de gaz à effet de serre mondiale . Si l’on veut espérer limiter l’augmentation globale de la température à moins de 2°C il est absolument indispensable d’enrayer ce cercle infernal. C’est pourquoi les forêts et le mécanisme REDD+ sont plus que jamais au cœur des négociations de la 17ème conférence des parties (COP17) de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique qui se déroulera à Durban, en Afrique du Sud, du 28 novembre au 9 décembre 2011.

Le Brésil est depuis longtemps le premier émetteur de carbone lié à la déforestation et ce essentiellement en raison de la conversion de l’Amazonie et du Cerrado en champs de soja et de pâtures pour le bétail. 2009 a vu la tendance s’inverser et la déforestation réduire drastiquement grâce à la mise en place d’une série de mesures. Ces efforts risquent aujourd’hui d’être totalement balayés par la révision du code forestier qui doit être voté au Sénat le 22 novembre prochain.

> Un code forestier en vigueur depuis 1956

Créé par Aldo Rebelo en 1965, le code forestier brésilien fixe un pourcentage de la superficie des propriétés rurales devant obligatoirement être occupées par des forêts permanentes (« Réserve légale » et jachère), et interdit tout défrichement dans ses zones sensibles, y compris les versants raides et le long des berges des rivières et ruisseaux (« Zone de protection permanente »).

Sur les 10 dernières années, les aires protégées brésiliennes représentaient environ 70% des aires protégées mondiales.

> Si la réforme est adoptée : ce sont des années d’efforts annihilés

En 2011, la Chambre des représentants a adopté un projet de loi restreignant considérablement les « Réserves légales » et vidant de leur contenu les « Zones de protection permanente ». Malgré une forte opposition de la société civile, et notamment du WWF, la Chambre a adopté le projet de loi à une large majorité. Le Sénat examine actuellement ce texte et rendra son verdict le 22 novembre prochain.

En clair, le gouvernement brésilien se prépare à faire voter une loi qui privilégie les intérêts des agriculteurs, au détriment de ceux du reste de la population.

Si ce texte devait être adopté en l’état, le Brésil verrait ses efforts déployés depuis maintenant plusieurs années, en matière de protection des forêts, considérablement anéantis. En effet, la végétation naturelle pourrait disparaître ou ne pas être restaurée sur une superficie comprise entre 71,0 et 76,5 millions d’hectares (ce qui équivaut à la superficie de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Autriche réunies).

Les émissions de GES seraient alors de 26 à 29 milliards de tonnes d’éq. CO2, soit près de quatre fois le montant des réductions d’émissions fixées par le protocole de Kyoto pour la période 2008-2012.

> Pourtant depuis 2006 la déforestation s’était ralentie…

L’action menée depuis 2006 par le Brésil avait été couronnée de succès. Entre 2006 et 2010 le rythme de la déforestation a ainsi chuté de près de moitié dans la région amazonienne par rapport aux cinq années précédentes, évitant du même coup la libération de près d’un demi-milliard de tonnes de carbone dans l’atmosphère.

Pour parvenir à ce résultat, le Brésil avait dû mettre en place et combiner un certain nombre de mesures :

  • l’expansion considérable des espaces protégés, en particulier ceux avoisinant des zones exposées à une intense pression due à l’exploitation forestière, l’agriculture et l’élevage
  • l’intensification de la lutte contre la violation des réglementations forestières
  • l’augmentation de la pression de la société civile et du marché pour que les entreprises limitent les impacts de la culture du soja et de l’élevage du bétail
  • l’amélioration des mesures de suivi
  • la mise en place du mécanisme REDD+
  • la mise en place de récompenses à la performance et aux résultats

Toutes ses mesures ont su prouver que des progrès de gouvernance pouvaient avoir des incidences rapides sur la lutte contre la déforestation. Les avancées restent cependant fragiles et la réforme du code forestier brésilien pourrait mettre à mal tous ses efforts. Alors que le Brésil s’était engagé, en 2009, à réduire ses émissions de 36 à 38,9% d’ici à 2020, cette réforme signifierait un réel retour en arrière et mettrait en danger près de 75 millions d’hectares de forêt.

En attendant que la question soit statuée, profitant de ce flottement juridique, la déforestation a atteint un niveau record au cours du mois d’avril dernier : 593 km2 ont ainsi été déboisés , ce qui représente, selon les chiffres officiels, une surface 6 fois plus grande que lors de la même période en 2010…