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ACTUALITÉS

20/11/2009

LE SOMMET DE COPENHAGUE N’EST PAS MORT! : LES 10 CONDITIONS POUR UNE RÉUSSITE DU SOMMET

Depuis l’annonce faite par Premier ministre danois Lars Loeekke Rasmussen lors du Forum de l'Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (Apec), une vague de pessimisme, voire de fatalisme, semble s’être emparée des médias du monde entier concernant l’issue de la conférence des Nations Unies sur le climat qui se tiendra dans quelques semaines à Copenhague.

Certes, Lars Loekke Rasmussen a en effet annoncé qu’il ne croyait pas en l’adoption dans un premier temps d’un accord juridiquement contraignant au Sommet de Copenhague mais plutôt d’un accord politique « substantiel et concret couvrant tous les domaines » (finance, adaptation, déforestation, etc.).

Ce point de vue ne doit pas être pris pour un jugement définitif. Rappelons à toutes fins utiles que la conférence ne s’est pas encore tenue et que jour après jour, les lignes bougent et elles bougeront encore.

Comme l’ensemble des acteurs de la société civile, le monde scientifique ainsi de très nombreux Etats, le WWF soutient que seul un accord juridiquement contraignant est le seul moyen de créer un l’environnement économique et juridique nécessaire et propice à la transformation écologique de l’économie à grande échelle, transformation indispensable si l’on souhaite faire face au péril climatique à venir.

Si une grande partie des médias et des pays (notamment la Chine et les Etas-Unis) jouent les Cassandres et s’accordent à dire qu’un accord mondial de lutte contre le réchauffement climatique semble aujourd’hui compromis, nous affirmons qu’il est encore aujourd’hui possible d’obtenir un accord juste, ambitieux et juridiquement contraignant à Copenhague, et de rester en dessous du seuil des 2°C de réchauffement climatique !

La majorité des pays, y compris l’Afrique et les Petits Etats Insulaires continuent de faire pression auprès de nos dirigeants politiques pour qu’un tel accord soit adopté. Les opinions publiques se montrent de plus en conscients des risques et mobilisées pour que les choses changent. Et rapidement. Nous avons tous les outils pour y parvenir mais il manque un élément majeur : une volonté politique forte. Or, cette volonté politique n’est pas inaccessible dans les jours à venir.

Pour que ce Sommet soit une réussite à la hauteur des enjeux de la Planète et des attentes de l’Humanité, les gouvernements doivent se mettent d’accord sur les points suivants :

10 conditions pour que Copenhague soit un succès

- A Copenhague, les gouvernements doivent se mettre d’accord sur un cadre légalement contraignant contenant un Protocole de Kyoto amendé et un nouveau Protocole de Copenhague, qui garantisse la survie des différents pays, cultures et écosystèmes, et trace la voie vers une économie sobre en carbone.

- Les émissions mondiales doivent atteindre leur pic avant 2017 afin de contenir le réchauffement mondial bien en dessous du seuil dangereux des deux degrés, et stabiliser celui-ci en dessous de 1,5°C sur le long terme.

- Les pays industrialisés doivent s’engager à réduire leurs émissions de 40% d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990.

- Les pays en développement doivent accepter de mettre en place des actions significatives pour réduire leurs émissions d’au moins 30% par rapport au scénario « Business as Usual » d’ici 2020.
La destruction des forêts tropicales doit être réduite de 75% d’ici 2020.

- Un cadre pour des actions d’adaptation immédiates doit être mis en place, en particulier pour les pays et écosystèmes vulnérables, comprenant l’accès à l’assurance et aux compensations.

- Des financements publics de l’ordre de 160 milliards par an doivent être alloués aux pays en développement pour l’adaptation et la mitigation à travers des sources de financement innovantes.

- Un mécanisme doit être mis en place pour renforcer la coopération technologique sur la recherche, le développement et la dissémination des technologies sobres en carbone et résistantes au climat.

- Un nouveau mécanisme institutionnel dans le cadre de CCNUCC qui permette la coordination, la mise en œuvre et le financement des allocations de manière transparente et qui incite rester en conformité avec les règles établies.

- Des standards transparents et comparables doivent être trouvés pour les marchés carbones, les forêts et l’utilisation des sols, les émissions des secteurs aériens et maritimes, les efforts de mitigation et leur recensement.

Les chefs d'État et de Gouvernement doivent donc arrêter de :

- Revoir à la baisse les ambitions de Copenhague et,
- Sous-estimer les attentes des citoyens du monde entier à savoir : un engagement fort pris par les dirigeants politiques à Copenhague.