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ACTUALITÉS

13/12/2011

MÉKONG : PLUS DE 1500 NOUVELLES ESPÈCES DÉCOUVERTES EN MOINS DE 15 ANS

Un singe sans nez, des plantes carnivores et un lézard capable de se reproduire tout seul. Pour les biologistes, la région du Mékong est une véritable mine d’or. Depuis 1997, c’est plus de 1500 nouvelles espèces animales et végétales qui y ont été découvertes. Cette diversité naturelle est malheureusement menacée.

> Quatre nouvelles espèces découvertes chaque semaine dans la région du Mékong

Rien que l’an dernier, 208 espèces animales et végétales ont été découvertes dans la région du Mékong, soit quatre nouvelles espèces par semaine, dont la plupart sont endémiques.

Un nouveau rapport du WWF « Wild Mékong » (« Le Mékong Sauvage ») s’intéresse aux dix découvertes les plus passionnantes réalisées dans la région du Mékong (qui englobe le Cambodge, le Laos, la Birmanie, la Thaïlande, le Vietnam et la province chinoise du Yunnan). On trouve parmi celles-ci :

  • un singe sans nez, le Rhinopithèque de Stryker (Rhinopithecus strykeri ), qui n’a encore jamais pu être photographié et qui a été localisé dans l’état montagneux et éloigné de Kachin. Les habitants de la région racontent que pour éviter que l’eau ne rentre dans son nez lors des averses et ne le fasse éternuer, celui-ci se protège en mettant sa tête entre ses jambes.
  • un lézard qui se clone lui-même
  • des plantes carnivores se nourrissant de petits rongeurs, souris, lézards et oiseaux

Pour retrouver les photos de l'ensemble de ces espèces, cliquer ici .

> Des conditions de vie pour 300 millions de personnes

Alors que ce nouveau rapport du WWF confirme la biodiversité remarquable du Mékong, nombre de ces nouvelles espèces sont fortement menacées. La déforestation, le changement climatique et la construction incontrôlée de routes, zones d’habitation et barrages détruisent le capital naturel de cette région.

Dernier indicateur tragique du déclin de la biodiversité du Mékong : l’extinction du rhinocéros de Java au Vietnam, récemment confirmée par le WWF.

« Ces trésors extraordinaires seront perdus à jamais si les gouvernements omettent d’investir dans la conservation et le maintien de cette biodiversité » déclare Stuart Chapman, Directeur de Conservation du WWF Grand Mekong.

«Les autorités locales doivent cesser de considérer la protection de la nature comme un facteur engendrant uniquement des coûts. La nature crée les conditions de vie indispensables à 300 millions de personnes habitant dans la région ».

> La préservation des richesses naturelles du Mekong doit être au centre des négociations au Sommet du Myanmar

Le WWF appelle les six chefs d’Etats qui se réuniront au Sommet du Myanmar la semaine prochaine à inscrire les bénéfices de la biodiversité et le coût de sa perte au centre des prises de décision et de leur coopération régionale. En l’absence d’efforts immédiats et mesures concrètes intégrant l’environnement dans leur politique de développement économique, ces espèces et autres joyaux naturels du Grand Mékong continueront de disparaître.

Pour aller plus loin :

- Le rapport « Wild Mékong » met en lumière 10 espèces nouvellement identifiées par la science parmi lesquelles 145 plantes, 28 reptiles, 25 poissons, 7 amphibiens, 2 mammifères, et 1 oiseau, tous découvertes en 2010 au sein de la région du Grand Mékong située en Asie du Sud Est et qui s’étend à travers le Cambodge, le Laos, le Myanmar, la Thaïlande, le Viêtnam et la province du Yunnan au sud-ouest de la Chine. .

Cliquer pour télécharger le rapport