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ACTUALITÉS
UNE AGRICULTURE SAINE POUR TOUS
Le dernier ouvrage de la journaliste Isabelle Saporta Le livre noir de l’agriculture apporte les solutions simples et pérennes pour une agriculture durable et surtout rentable.
Serait-on à un tournant de notre histoire agricole ?
Cette enquête journalistique déroule sous nos yeux nos 60 dernières années d’agriculture productiviste. Avant, des productions rentables, et après ?
La France qui est devenue le premier pays agricole de l'Union européenne (cultures de blé, de maïs, de fruits et légumes, et par ses élevages) et dont la surface agricole occupe 53,2% de la surface de la France métropolitaine, pourrait réussir son passage en bio si son système intensif voulait bien lâcher la bride.
L’INRA le prouve
Les chercheurs de l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) ont fait leurs calculs : cela coûte deux fois moins cher aux paysans de produire vertueux pour l’environnement que de polluer. Même les plus grands groupes agro-industriels s’y mettent : Danone, déjà propriétaire d’une filière bio laitière en Normandie, s’est associé avec l’agence de l’eau locale pour assainir les captages. Rappelons qu’en France, 96% des points de surveillance installés dans les eaux de surface et 61% des eaux souterraines sont contaminées par les pesticides, ce qui a valu à la France d’avoir été épinglée plusieurs fois par la Cour des Comptes. « Les agriculteurs ne veulent pas modifier les pratiques intensives et demandent en même temps aux Français de payer la facture » explique Cyrille Deshayes, responsable du pôle Eau douce au WWF-France, à Isabelle Saporta, l’auteure de l’ouvrage.
Faire simple
Tous les ans 420 000 tonnes de produits emballés non conformes pourraient être recyclés dans l’alimentation animale. Ce même bétail qui, « pour grandir en énergie », doit ingurgiter un mélange de maïs et de soja produit majoritairement au Brésil et en Argentine. Les études du WWF le prouvent : depuis 10 ans la France importe 4,7 millions de tonnes de ce mélange, destiné à 90% de l’alimentation de notre bétail : « Diminution du nombre d’emplois agricoles, main-d’œuvre exploitée, conflits de territoire avec les communautés indiennes, la liste des maux engendrés par les cultures de soja est longue » détaille Boris Patentreger, chargé du programme Conversion forestière au WWF-France. Non seulement la monoculture accroît la déforestation, appauvrit les terres mais le déséquilibre nutritionnel accusé par l’organisme des animaux se retrouve dans le sang des humains qui les consomment. Le lien entre alimentation et santé est clair et si les chiffres du cancer (infantiles,...) sont en progression constante, retenons juste que nous ingurgitons chaque jour les résidus de 20 à 30 pesticides.
Pesticides en ligne de mire
L’INRA préconise de subventionner l’agriculture bio puis de taxer les pesticides. Solution adoubée par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) pour qui l’agriculture bio possède le potentiel de sécuriser l’offre alimentaire mondiale. Aujourd’hui la surface agricole utile en bio est 2,46%. Pour atteindre l’objectif fixée par le Grenelle, elle doit atteindre 20 % en 2020. Actuellement, pour cultiver 1 seul hectare de pommes, cette pomme chère aux Français, un exploitant dépense 1267€. Pour l’INRA, les méthodes sont claires : en réapprenant les gestes d’antan, la rotation des cultures, en développant des variétés rustiques résistantes aux maladies, l’agriculteur développera moins de cancers liés aux traitements de leurs cultures.
