-
Agir
- Devenir bénévole
- Devenir membre
- Café Panda
- Accueillez l'expo des "1600 pandas"
- Prenez part au Pandathlon, le défi sportif du WWF.
- Pétitions / Cyberactions
- Calculer votre empreinte écologique
- Commander des supports pédagogiques
- Investir dans des fonds responsables
- Acheter les produits WWF
- Commander le livre anniversaire du WWF-France
Participez à notre campagne
OUI AU BIO DANS MA CANTINE
Pour tous les gourmands, le livre de référence sur la cuisine écolo
Accès Rapide
Sélectionnez-
Dossiers
- Planète Attitude
- NO MAN'S LAND PROJECT 2010
- WWF France lutte contre la déforestation liée aux plantations de soja !
- Grenelle de la mer
- Planète attitude santé
- Biotiful Planète
- Réduire ses emissions de gaz à effet de serre: 20 gestes simples au quotidien
- Commander le livre anniversaire du WWF-France
- Topten
- Rapport Planète Vivante
- Adopter la Planète Attitude
- Dossier mer d'huile
- En route pour Copenhague : le WWF-France s'engage au niveau européen et international
Campagnes
- Sauvons les 130 dernières baleines grises du Pacifique ouest, dites non à Sakhalin 2
- En Europe, 75% des ressources de poisson sont surexploitées.
- Oui au bio dans ma cantine !! Saison 3
- Pour des forêts vivantes. Objectif : Zéro déforestation nette en 2020
- Urbanisme pour une ville désirable
- Non à l'or illégal
- Je dis non au bois illégal
- Protège la forêt !
- L'Observatoire Indépendant de la Publicité
- Action Eau
- Du jetable au durable
- Poutès
Cyberactions
AGRICULTURE
POUR UNE AGRICULTURE RESPONSABLE
LE CONSTAT
«Tous les écosystèmes, sans exception, pâtissent des pratiques agricoles intensives»
L’eau , touchée par de nombreuses pollutions par les pesticides et les nitrates, en est l’exemple phare :en France, 96% des cours d’eau et 61% des eaux souterraines mesurés par l’IFEN en 2004 étaient contaminés par des pesticides ;et la moitié des cours d’eau présentaient des teneurs en nitrates supérieures aux normes[1].
La dégradation de la qualité des eaux prélevées pour l’eau potable peut même conduire à des abandons de captages[2]. La Bretagne est emblématique à ce titre de l’impact d’une agriculture intensive sur les eaux de consommation.
Mais beaucoup d’autres milieux sont victimes des pratiques agricoles intensives : les sols , soumis à l’érosion et à la perte de fertilité ; la biodiversité , avec la disparition considérable de plantes, d’oiseaux et d’abeilles dans les régions agricoles, mais aussi la standardisation des espèces cultivées (la FAO estime ainsi que, depuis le début du siècle, quelque 75% de la diversité génétique des plantes cultivées ont été perdus).
Sans oublier la forte participation du secteur agroalimentaire au réchauffement climatique : l’agriculture représente près de 20% des émissions de gaz à effet de serre de la France.
Mais si l’on inclut la fabrication des engrais azotés et le transport des marchandises, cette participation s’élève à 30%.
Ce phénomène est par ailleurs accentué par la déforestation massive qui touche les forêts amazonienne et indonésienne dans les pays producteurs de soja et d’huile de palme (le soja étant destiné à nourrir les élevages européens, et l’huile de palme à produire des agrocarburants et à être utilisé dans les produits alimentaires transformés) voir le site protegelaforet.com
N’oublions pas que la déforestation représente 20% des émissions mondiales de GES !
« Notre santé aussi est impactée »
Les agriculteurs sont en première ligne en raison de leur exposition particulièrement récurrente aux pesticides…
Selon de nombreuses études réalisées en France, ils constituent l’une des populations les plus touchées par certaines affections : troubles neurologiques (maladie de Parkinson…) et immunitaires, troubles de la fertilité, cancers…
En outre, les résidus de ces pesticides peuvent ensuite subsister dans notre alimentation.
Ainsi, 52% des fruits et légumes commercialisés en France en 2007 et analysés par la DGCCRF[3] en contiennent et 7,6% dans des proportions supérieures aux limites maximales autorisées.
De même, les conditions d’élevage hors-sol propices à favoriser certaines maladies animales, un recours plus systématique à des facteurs de croissance (antiobiotiques), les rejets organiques des élevages intensifs en grand nombre (qui provoquent l’excès de nitrates) et le recours croissant aux Organismes Génétiquement Modifiés (OGM ), sont autant de risques potentiels pour la santé humaine.
« Le modèle agricole intensif est extrêmement coûteux »
Les dépenses publiques nécessaires pour remédier aux impacts environnementaux et sanitaires de l’agriculture intensive sont considérables : traitement de l'eau (2 milliards d'euros par an en France), dépenses de sécurité sociale...
Le coût « externalisé » du modèle intensif actuel est largement négatif.
D’autant qu’il est subventionné au détriment de modèles agricoles plus respectueux de l’environnement, générateurs de plus de lien social, de richesses et d’emplois.
Mais aussi au détriment des pays du Sud , dont les marchés locaux sont déstructurés par l’importation de productions subventionnées à bas prix (poulets, blé…).
Ce modèle intensif est en outre responsable de la dépendance économique de l’Europe vis-à-vis des importations de soja* .
Nécessaire à l’alimentation de ses élevages (4 millions de tonnes de soja importés chaque année), le soja importé en Europe aujourd’hui est majoritairement génétiquement modifié.
voir le site protegelaforet.com
« Mieux vaut prévenir que guérir ! », vieil adage de bon sens… Il est temps de repenser le modèle agricole dans son ensemble.
[1] Institut Français de l’Environnement, rapport sur les pesticides 2006.
[2] Rapport Miquel 2003.
[3] Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, données 2007, rapport janvier 2009.
*
DES SOLUTIONS
« Faire connaître les pratiques d’agriculteurs responsables et faire évoluer les politiques publiques »
D es solutions existent déjà pour concilier la production agricole et la préservation des ressources naturelles, tout en favorisant l’équité sociale et la rentabilité économique du système agroalimentaire.
Cette agriculture n’est pas à inventer : elle est pratiquée dans toute l’Europe par des agriculteurs soucieux de leur environnement, du dynamisme de leur territoire, et de leur qualité de vie (agriculture biologique, production fruitière intégrée, élevage herbager, etc.).
Elle remet l’homme et la nature au cœur du dispositif de production et non la chimie ; elle place l’autonomie financière, l’autonomie de ses intrants (engrais organiques, aliments pour animaux) et le non recours au pesticides au cœur de ses préoccupations.
De la production à la consommation, ces agricultures durables et responsables remettent en cause les pratiques actuelles en cherchant à s’affranchir le plus possible des produits extérieurs (tels que les pesticides, l’eau, les engrais de synthèse, l’énergie, les compléments alimentaires pour les animaux…) et en privilégiant la commercialisation locale des produits .
Pour les consommateurs, favoriser ces agricultures c’est donc aussi privilégier les produits locaux et de saison .
Ils peuvent aussi préférer des produits de qualité , en choisissant des produits labellisés (AB, écolabel biologique européen, label rouge, AOC…) ou, s’il n’y en a pas, en s’intéressant aux pratiques des producteurs.
L'ACTION DU WWF
« CIVAM et actions de lobby pour influer sur la réforme de la PAC »
Le WWF-France agit à plusieurs niveaux afin, à la fois, de faire connaître les pratiques agricoles responsables, et de faire évoluer certains secteurs vers de meilleures pratiques.
L’ONG s’appuie notamment sur un vaste réseau d’agriculteurs français, regroupés au sein des Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (CIVAM) .
Ces agriculteurs, dont certains sont certifiés bio, expérimentent des pratiques de production plus économes (moins de pesticides et d’engrais, moins d’énergie… ) et des modes de commercialisation plus proches des consommateurs (vente à la ferme, AMAP, restauration collective… ).
Cette agriculture, qui n’est pas favorisée par les politiques agricoles, démontre pourtant sa pertinence au niveau environnemental bien sûr, mais aussi au niveau du revenu des agriculteurs eux-mêmes, et de l’emploi en milieu rural.
C’est donc, entre autres, à partir de l’expérience de ces agriculteurs responsables que le WWF agit pour faire évoluer les politiques publiques…
Pour en savoir plus sur les actions des CIVAM : www.civam.org
L’une des clés de voûte de la réorientation du modèle agricole actuel est la Politique agricole commune (PAC).
Mise en place par l’Union européenne au sortir de la seconde guerre mondiale afin d’assurer l’autosuffisance alimentaire de l’Europe, cette politique a poussé à une forte augmentation de la productivité agricole, et donc à la généralisation des pratiques dites intensives.
Des améliorations ont eu lieu au fil des réformes, notamment dans le but de limiter la surproduction de certains produits et de conditionner les subventions agricoles à certaines exigences environnementales.
Par les aides financières qu’elle distribue et les réglementations qu’elle impose aux agriculteurs européens, la PAC a en effet les moyens de favoriser des pratiques plus ou moins vertueuses.
C’est pourquoi le WWF et de nombreuses ONG en Europe agissent dès à présent pour que la prochaine réforme de la PAC, en 2013, aille beaucoup plus loin en rémunérant les services environnementaux et sociaux rendus par l’agriculture , tels que la préservation de la ressource en eau, la séquestration du carbone par les prairies, l’emploi en milieu rural, etc.
Pour en savoir plus :
Sur les pesticides : www.mdrgf.org
Sur les actions du WWF-France sur le soja et l’huile de palme : www.protegelaforet.com
Sur l’agriculture biologique : www.fnab.org (site des agriculteurs bio) et www.agencebio.org
Sur les actions des CIVAM : www.civam.org
Monoculture de soja en Amérique du sud : une catastrophe humaine et écologique
Depuis plusieurs mois le WWF est l’objet de critiques quant au soutien qu’il serait soupçonné d’apporter aux
responsables de la production de soja en Amérique du Sud, et donc « aux pires pratiques de l’agrobusiness ».
C’est totalement mensonger, ces insinuations reflétant au mieux une méconnaissance profonde du dossier, au pire une volonté d’affaiblir le WWF et les ong qui s’efforcent d’intervenir dans des situations complexes.
Cela fait plus de 20 ans que le WWF, aux côtés de nombreux acteurs régionaux, alerte l’opinion mondiale et les décideurs sur le bouleversement que connaît l’Amérique du Sud.
Principalement médiatisée par la déforestation du bassin amazonien, cette catastrophe écologique et humaine se retrouve dans l’ensemble du « Cône Sud », conséquence d’une généralisation de l’agriculture intensive et notamment de la production du soja.
Depuis, une partie substantielle du continent s’est transformée en monoculture, au prix d’une brutalité inouïe, mélange de spoliation des populations, recours à une main d’œuvre quasi réduite à l’esclavage, destruction à grande échelle des milieux naturels, pollution des cours d’eau, émissions considérables de gaz à effet de serre, etc.
Plus récemment ont été introduites les semences OGM, au point désormais de concerner 60% du soja brésilien et presque 100% en Argentine et au Paraguay, au point même que des acteurs européens de la grande distribution rencontrent des difficultés croissantes à se fournir en soja non OGM. Au point que cette filière d’approvisionnement non OGM est à présent menacée, tandis que sa disparition bannirait toute distinction entre soja OGM et soja non OGM…
Ce soja, il va sans dire, est exporté en masse à destination du bétail et des volailles en Amérique du Nord, Europe, Chine, etc.
Telle est la situation, qu’on le veuille ou non.
Alors face à ce constat, plusieurs postures sont possibles.
On peut protester, ici ou là, au gré des forum de discussion du web, et s’en contenter. Ça permet peut-être de se donner bonne conscience, mais comme efficacité c’est plutôt limité.
On peut diffuser des documents consacrés au problème, occasionnellement déployer des banderoles sur les navires importateurs de soja dans les ports européens, lobbyer les autorités françaises et européennes, proposer un durcissement des réglementations (ici en Europe) : de nombreuses ONG européennes s’y emploient pour tout ou partie, le WWF comme les autres. On nous rétorque en général qu’ici on n’y peut pas grand-chose, ou du moins l’efficacité de ces actions s’en trouvera toujours limitée par le fait assez facile à comprendre que ceux qui réduisent le Sertao ou la Pampa en immense champ de soja le font avec l’assentiment réel ou tacite des autorités des pays concernés…
On peut aussi appeler au boycott des produits, mais on n’a si peu de probabilité d’être massivement suivi qu’on peut aussi militer pour diminuer la part carnée dans l’alimentation des pays riches (mais désormais aussi en Chine et là, on n’a pas beaucoup de prise…), encourager une production de protéines végétales en Europe (de la luzerne et du pois au lieu du soja d’importation), etc. Ça aussi, on le fait, le WWF le fait, beaucoup le font et il faut continuer. Mais cela n’empêche nullement qu’à cette seconde précise, de gros engins sont en train de détruire de grands lambeaux d’exploitations paysannes, de milieux naturels, des kilomètres de rivières… C’est donc insuffisant.
On peut aussi lever des fonds ici, c'est-à-dire dans les pays riches, qui permettront aux ong sud-américaines d’agir, car il leur faut bien financer des postes, des études, des bureaux, des déplacements, etc. Ça coûte cher, et il faut continuer sans se poser de questions. De nombreuses ONG le font, dont le WWF qui est un des principaux contributeurs, et c’est normal vu que c’est une des ONG environnementales qui parvient à lever le plus de fonds. Ces actions locales consistent à informer sans relâche, à réseauter, à dénoncer les salopards, à plaider pour « qu’un autre monde soit possible », au prix parfois de grands risques. Est-ce efficace ? Certainement, mais pas assez vu que trop souvent nos interlocuteurs se font rentrer dedans, et que le désastre continue.
On peut aussi construire des labels très exigeants qui permettent de valoriser les quelques bons élèves, Non OGM, bio, etc. Le WWF l’a aussi fait avec les critères de Bâle. Cependant les plantations certifiées représentent une part quasi inexistante de la production, très peu de producteurs de bétails européens utilisent ce soja. Les principaux acteurs ne sont pas impliqués et le soja continue à faire des ravages, vite, très vite.
Et puis enfin, on peut interpeller directement les semenciers et autres multinationales acteurs de la filière et coresponsables du désastre, qu’ils soient sud-Américains ou autres. Ceux dont les sièges sociaux sont basés en Suisse ou ailleurs en Europe, aux USA, dans les paradis fiscaux, en fait un peu partout dans le monde globalisé et même au Brésil ou en Argentine. Pour tenter de les convaincre, et avec eux les autorités politiques des régions cultivées, de limiter les dégâts, d’adopter des critères de production « plus responsable », plus « propre », plus « développement durable ».
A force de les interpeller des années durant, une « table-ronde du soja responsable » (RTRS) a fini par être mise en place. Elle regroupe les acteurs majeurs de la filière qui au départ n’en voulaient pas. Qui maintenant ont compris qu’ils n’avaient guère le choix, en fait. Parmi eux : Monsanto. Le diable en personne. Egalement, siègent dans le conseil d’administration de la RTRS plusieurs organisations dont le WWF, logiquement représenté par le WWF-Brésil.
Observateur interne, en quelque sorte. Car si on laisse entre eux les industriels, on n’ira pas loin.
Qu’est-ce qu’on y fabrique, autour de cette RTRS ? On discute de critères de production. De la protection des populations. Du droit des syndicalistes. De la protection des forêts à haute valeur de conservation et des rivières. Des engrais et des pesticides. De la nécessité de séparer les filières OGM des non OGM à défaut de renoncer aux OGM ou bien, pour les opposants aux OGM, de disposer des capacités de faucher volontairement des millions d’hectares assolés, chaque année, de cette saloperie. ( A reformuler )
Ça discute sec, autour de la RTRS. On s’y engueule. On frappe du poing sur la table. On résiste au cynisme, au refus d’aborder certains sujets, au mépris des mâles dominants qui forment le corporate de la plupart des firmes d’agro-business. C’est pas gagné, et on ne sait évidemment pas ce qu’il en sortira. Mais nous ne sommes pas naïfs. Si l’on n’en connaît pas l’efficacité, on sait seulement que si l’on n’y siège pas, ou si cette RTRS n’existait pas, on perd la possibilité de la discussion avec les principaux responsables. Au WWF-France, nous faisons totalement confiance aux capacités tactiques de nos collègues Brésiliens pour faire évoluer la filière.
Voilà l’histoire. Alors non, le WWF ne soutient pas Monsanto. Ça, c’est du gros mensonge. Non, le WWF ne soutient pas les pires pratiques de l’agrobusiness, puisque précisément il les combat. Avec beaucoup d’autres. Sur plusieurs fronts, dont pas un est inutile, même le front du dialogue.
Bien sûr les puristes hurlent et protestent. Pas de dialogue avec le Diable ! Ils disaient la même chose lorsque, avec d’autres, le WWF s’est mis à discuter avec les exploitants forestiers d’Afrique Centrale, par exemple. Pour une certification FSC des exploitations forestières qui, aujourd’hui, montrent qu’on peut diminuer fortement les impacts à défaut de les supprimer, le temps que les consommateurs de bois tropicaux que nous sommes, nous les pays riches, apprenions à choisir avec davantage de discernement les biens et matériaux que nous utilisons.
Voilà, tout est dit. Que ceux qui refusent l’idée même du dialogue s’interrogent sur la portée de leurs actions réelles, et qu’ils concentrent leur feu sur les premiers responsables du désastre.
Un dernier détail, des fois qu’on n’aurait pas compris : le WWF-France est opposé aux OGM, à la destruction des milieux naturels, aux violences faites aux populations, à la pollution de l’eau, au dérèglement climatique, à l’embastillement des syndicalistes, etc, etc.
Serge Orru, directeur général du WWF
Jean-Stéphane Devisse, directeur des programmes du WWF
POUR EN SAVOIR +
- Note - Pesticides et santé
- Rapport "Perturbateurs endocriniens et biodiversité"
- Présentation du colloque "Perturbateurs endocriniens et Biodiversité"
- Enquete Oui au bio 2010
- DP - Oui au bio dans ma cantine Saison 2
- Leaflet Oui au bio dans ma cantine
- L'agriculture durable de moyenne montagne
- WWF vision 2020 - Reforming the CAp
- Réforme de la pAC_Proposition du WWF
- Réforme de la PAC_Propositions du groupe PAC 2013_Résumé
