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Rapport Qualité de l'eau

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Action "Rivières Vivantes" 2010

Action Eau, économes au Nord, efficaces au Sud

Parce que l'eau est une ressource qui s'épuise, soyons plus économes.

Avec les économies ainsi réalisées agissons pour aider les populations du Sud à gérer leur ressources en eau


EAUX DOUCES

PRÉSERVER LES RIVIÈRES VIVANTES

LE CONSTAT

« Alerte : nos cours d’eau sont en danger ! »

En Europe, la quasi totalité des fleuves et rivières a été transformé par l’activité humaine. Outre la pollution omniprésente, liée en particulier à un modèle d’agriculture industrielle, les aménagements lourds, barrages, endiguements et autres rectifications ont profondément modifié l’équilibre morphologique des cours d’eau. Triste séquelle de l’ingérence humaine, un déclin massif de la biodiversité, comme le montre l’Indice Planète Vivante Eaux Douces du WWF et une altération profonde des paysages fluviaux. L’artificialisation a également aggravé les dégâts générés par les inondations. Enfin, les écosystèmes d’eau courante, fragilisés, ne peuvent plus rendre aux communautés riveraines les services écologiques qu’ils assuraient gratuitement depuis la nuit des temps.

Il est grand temps de se réconcilier avec nos fleuves.

DES SOLUTIONS

« Dénoncer les mauvaises pratiques, renaturaliser les cours d’eau et sensibiliser pour mettre en oeuvre une gestion durable des fleuves »

  • Mettre en place une gestion durable des cours d'eau, en réduisant leur fragmentation et en restaurant leur espace de liberté, de façon à utiliser la ressource en eau et profiter des services écologiques rendus par des fleuves « en bonne santé ».
  • Faire pression sur l'Etat, les collectivités locales, les divers acteurs économiques pour favoriser une politique d'aménagement des bassins versants et des zones permettant de formaliser la Directive Cadre sur l’Eau de l’Union Européenne.
  • Dénoncer les graves manquements en matière de gouvernance et de non respect des réglementations
  • Lancer des programmes de « renaturalisation » des cours d’eau, en particulier à travers l’enjeu emblématique de sauvegarde des poissons migrateurs (saumon atlantique, esturgeon européen, anguille européenne), dont la survie démontrera notre capacité collective à prendre soin de la biodiversité des écosystèmes aquatiques.
  • Sensibiliser adultes et enfants aux fonctions vitales que les rivières vivantes remplissent dans notre quotidien et au rôle indispensable qu’elles jouent dans les grands équilibres écologiques, économiques, culturels de leur pays / territoire / espace de vie.

L'ACTION DU WWF

« Des actions contre l’extension du port de St Nazaire et pour la réduction des obstacles à la migration des poissons et l’aménagement d’un corridor écologique pour une Loire vivante »

La Loire : plus de 20 ans de présence

Pour un fleuve sauvage et beau

En 1986, le WWF a créé avec FNE le collectif « Loire Vivante », pour s’opposer au programme de grands barrages alors prévu sur le « dernier fleuve sauvage d’Europe ». Après 8 années de lutte, dont 5 années d’occupation pacifique du site de Serre de la Fare, en amont du Puy-en-Velay où devait être construit le premier grand barrage, les projets ont été abandonnés. L’Etat les a remplacé, le 4 janvier 1994, par un plan de gestion durable du fleuve, le « Plan Loire Grandeur Nature ». 14 ans après son lancement, ce plan, qui a permis le déplacement d’usines et d’habitations construites en zone inondable ainsi que l’effacement de barrages obsolètes, reste un modèle à l’échelle internationale.

En 2001, le WWF a défini une stratégie, intitulée « Un nouvel horizon pour la Loire sauvage », afin d’accompagner le Plan Loire Grandeur Nature et de renforcer sa logique d’innovation. Il a en particulier concentré ses efforts sur l’effacement du barrage EDF de Poutès, principal obstacle à la migration des saumons, la création d’une réserve de biosphère sur les sources de la Loire et de l’Allier, l’accompagnement de l’Etat pour créer une « culture du risque naturel d’inondations ». Enfin, le WWF soutient l’ONG, SOS Loire Vivante, dans sa lutte contre l’extension du port de Nantes St Nazaire sur les dernières vasières de cet espace remarquable. La première association environnementale française travaille également à la création d’un corridor écologique au Bec d’Allier tout en animant un collectif associatif, le Collectif Loire Amont Vivante pour améliorer le fonctionnement du grand barrage de Grangent, vers St Etienne.

Loire Nature : un programme exemplaire.

Le WWF, en lien avec 15 partenaires dont la Fédération des Conservatoires d’espaces naturels et la Ligue pour la protection des oiseaux a conduit entre 1993 et 2006 un programme de préservation de la Loire et de ses affluents nommé « Loire nature ». Ce programme a permis d’unir l’ensemble des acteurs de la communauté ligérienne (collectivités, scientifiques, agriculteurs, diverses ONG) autour d’un objectif de protection et de restauration des milieux naturels, en particulier autour de la question de la préservation de l’espace de liberté du fleuve, en lien étroit avec les populations locales. Ce programme a permis la maîtrise d’usage ou foncière sur 5500 hectares de milieux naturels d’une grande valeur, sur l’ensemble du bassin de la Loire et de ses affluents. C’est un exemple pour l'Europe entière.

Découvrez le site Internet www.loirenature .org pour en savoir plus.

Ces actions se poursuivent actuellement dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature, pour une période allant de 2007 à 2013.

Le WWF-France, pour sa part, met en place un projet innovant pour la mise en œuvre de corridors écologiques autours du Bec d’Allier. Ce projet s’appuie sur une démarche participative. En effet, des acteurs aussi divers que les associations, les collectivités, les établissements publics pourront coopérer dans le but de faciliter les déplacements des espèces animales les plus remarquables de ce carrefour important de migration.

Vous pouvez découvrir les opérations programmées et réagir sur le site internet : www.plan-loire.fr/


▪ Le Bec d’Allier

Le Bec d’Allier est le lieu de la confluence entre la Loire et son principal affluent, la rivière Allier. Le WWF, en partenariat avec le Conseil Général de la Nièvre, a participé à l'acquisition de terrains et à la création d’ un sentier de découverte de 3 km, « le sentier du passeur » . Les espèces végétales et animales y sont nombreuses ; à la bonne saison, on peut apercevoir des oiseaux comme les hirondelles de rivages ou le guêpier d’Europe. Au crépuscule, il est possible de voir des castors.. Bientôt peut-être, le saumon sera de retour dans la Loire.

Vous pouvez découvrir ces richesses naturelles avec le bureau des Guides de Loire et de l’Allier

Ou avec l’association Instant Nature

Le Site Panda du Bec d’Allier

En 1999, le Conseil Général de la Nièvre et le WWF ont signé une première convention permettant de coordonner leurs actions et leurs moyens sur le site de la Pointe du Bec d’Allier. Elle présentait l’originalité de croiser la mise en œuvre de la politique départementale des Espaces Naturels Sensibles avec les objectifs du programme Loire nature. En 2004, une deuxième convention a été signée concernant la mise en place d’un site Panda sur les terrains du Conseil Général et du WWF sur le secteur de la Pointe du Bec d’Allier.

Les sites Panda sont des espaces protégés ouverts au public. A tout site Panda, doit être associé un projet pour le territoire environnant, expérimentant des modes de développement durable. Sur le site Panda du Bec d’Allier, le WWF et le Conseil Général de la Nièvre mènent ensemble depuis 2006 des actions visant à :

- préserver et étudier la biodiversité,

- sensibiliser le grand public a l’intérêt patrimonial du site,

- créer une meilleure harmonie entre les activités humaines, la préservation de l’environnement et la gestion de la ressource en eau ;

- valoriser le patrimoine naturel, paysager et culturel.

« Développer une culture du risque naturel, dépolluer le Rhône et appuyer au développement d’une hydroélectricité plus écologique »

Apprendre à vivre avec les inondations

Pendant près de 150 ans, les sociétés industrielles ont « corrigé » les fleuves, dont la liberté était perçue comme un frein au progrès. Les lits ont été rectifiés, resserrés, raccourcis, les zones alluviales massivement occupées, les affluents, cours d’eau de toutes taille souvent recouverts, enterrés partiellement pour faire de la place à l’urbanisation. Les écoulements ont été sévèrement perturbés par l’agriculture industrielle (drainage, arrachage des haies, talus, pratiques culturales sans couverture de sols), l’imperméabilisation liées à l’augmentation des routes et surfaces bâties. Résultat : des risques accentués dans des proportions alarmantes et des dégâts toujours plus importants à chaque crue.

Depuis quelque temps (Loi Barnier de 1995 et loi Bachelot de 2003), l’Etat, les diverses institutions et les acteurs économiques ont commencé à repenser complètement la « culture du risque naturel de crues », en restaurant le plus possible le fonctionnement naturel des cours d’eau (retrouver des plaines alluviales qui absorbent l’onde de crues), en limitant profondément l’urbanisation des zones à risque et en réduisant la vulnérabilité des installations les plus exposées. Le WWF accompagne ces démarches en aidant à construire une « culture du risque naturel d’inondations » partagée par tous. Car oui, les crues sont indispensables à la vie des fleuves.

Sauver les poissons migrateurs

Les poissons migrateurs (saumon, esturgeon, anguille, Aloses, truites de mer, lamproies) peuplaient autrefois l’ensemble des fleuves et rivières de notre pays. Barrages, obstacles divers, pollutions et excès de l’agriculture irriguée ont conduit certaines espèces au bord de l’extinction. On pense en particulier au saumon de la Loire, à l’anguille et à l’esturgeon. Le WWF agit pour enrayer cette dégradation : soutien à l’opposition aux nouveaux projets de barrages sur le bassin de l’Adour et la Garonne ; promotion de la restauration des rivières les plus emblématiques : campagne pour faire effacer les barrages de Poutès sur l’Allier, Vézins et La Roche qui Boit sur la Sélune, en Normandie.

Redonner vie au Rhône

Sa majesté le Rhône n’est plus que l’ombre de lui-même. Le fleuve célébré par Bernard Clavel a été complètement transformé, depuis ses sources en Suisse et jusqu’en Camargue. 21 barrages ont été construits, depuis l’ouvrage de Verbois, au Sud de Genève, jusqu’à Vallabrègues, le dernier ouvrage en amont d’Avignon. Le lit du fleuve a souvent été remplacé par un canal à grand gabarit pour favoriser le transport fluvial et le Rhône fournit aujourd’hui 25 % de l’hydroélectricité française. Le fleuve a considérablement rétréci, les poissons migrateurs ont pratiquement disparu et, dernier avatar de l’indifférence des hommes, ses sédiments sont gravement pollués par les PCB, entraînant l’arrêt de la pêche professionnelle en 2007.

En 1999, l’Etat a lancé un premier programme de restauration, « le Plan Rhône », amplifié suite à la crue de 2003 qui a causé pour 1 milliard d’euros de dégâts à Arles : le fleuve, chenalisé et artificialisé est devenu plus dangereux. Le WWF travaille sur deux fronts :

- accompagner les efforts de restauration du fleuve, notamment pour le retour des poissons migrateurs, porté par l’association MRM, Migrateurs Rhône Méditerranée ;

- accélérer la dépollution des sédiments contaminés par les PCB.

Vers une hydroélectricité réellement verte

La France, comme les autres pays d’Europe, a massivement aménagé ses rivières au XXème siècle pour produire de la « houille blanche ». Si l’hydroélectricité, énergie renouvelable, ne génère pas d’émission de gaz à effet de serre, elle n’en est pas moins à la source d’impacts négatifs sévères sur les milieux aquatiques d’eau courante. Les 2500 barrages hydroélectriques français fragmentent les rivières, bloquent le transfert des sédiments, gênent, quand ils ne l’interdisent pas, le passage des poissons migrateurs. Les barrages stockent également les pollutions, modifient le régime naturel des cours d’eau, appauvrissant la biodiversité en général. Enfin, ils posent de sérieux problèmes lors de leurs vidanges. Comment améliorer le fonctionnement des ouvrages ? Comment diminuer les dégâts sur les milieux ? Comment mieux produire ? Le WWF s’emploie, depuis plusieurs années, à satisfaire ces impératifs en demandant l’effacement des barrages les plus pénalisants (Poutès, Vézins, La Roche qui Boit). Il a également créé en 2007, avec le CLER, (Comité de Liaison pour les Energies Renouvelables) un label d’électricité verte, EVE (Electricité Verte Ecologique), qui va permettre de garantir la qualité du courant produit.

POUR EN SAVOIR +