Caractérisation du trafic maritime et risques de collisions avec les grands cétacés dans le sanctuaire Pelagos | WWF France

Caractérisation du trafic maritime et risques de collisions avec les grands cétacés dans le sanctuaire Pelagos



Article posté le 02 June 2017
Rapport caractérisation du trafic maritime et risques de collisions avec les grands cétacés dans le sanctuaire Pelagos
© WWF France
La mer Méditerranée est un écosystème unique, un des plus dynamiques et sensibles au monde. Mais cet écosystème est aussi l’un des plus menacés. Des populations riches et diversifiées de cétacés utilisent cet habitat fermé. C’est parce que plusieurs espèces méditerranéennes présentent des divergences génétiques avec les populations d’Atlantique que leur conservation doit être renforcée.

 

Contexte de l'étude

Le Sanctuaire Pelagos est la première aire transfrontalière de la Méditerranée destinée à la protection des mammifères marins. Son territoire de 87 500km2 s’étend bien au-delà de la zone côtière des trois pays, ce qui en fait l’un des plus gros défis de conservation jamais lancé en Méditerranée. Il abrite une grande diversité d'espèces de cétacés qui y trouvent un espace privilégié pour se nourrir et se reproduire, en particulier le rorqual commun, second plus grand animal sur notre planète.

30% du trafic maritime mondial transitent en Méditerranée et le sanctuaire Pelagos connait également un trafic intense, notamment en été. Les risques de collisions associés à ce trafic important sont significatifs.

Les collisions avec les navires représentent la première cause de mortalité non naturelle pour les grands cétacés. Les rorquals communs et les cachalots communs sont les principales espèces concernées par cette menace. Les globicéphales et autres delphinidés, de par leur plus petite taille et leur vitesse de nage, sont moins impactés. On a observé en Méditerranée que 16 à 20% des rorquals communs retrouvés morts ont été tués suite à une collision, et beaucoup d’individus vivant présentent des traces de ces accidents. Les scientifiques estiment ainsi que 8 à 40 rorquals communs sont tués chaque année dans la seule Méditerranée Nord-Occidentale, ce qui est considérable pour cette population classée comme vulnérable par l'IUCN.

Des travaux scientifiques ont identifié un seuil de vitesse de navigation entre 10 et 13 nœuds (18 et 24 km/h) en dessous duquel le risque et les conséquences de collisions diminuent sensiblement, soit que les animaux deviennent capables d'éviter les navires, soit que les conséquences de ces collisions ne soient plus létales.
Il n'existe pas à ce jour de système embarqué permettant de détecter automatiquement les cétacés à bord des navires de commerce. La meilleure technologie disponible aujourd'hui pour réduire les risques est le système REPCET. Il permet de mutualiser les observations de cétacés entre les navires équipés du système qui pourront ainsi prendre les meilleures mesures d'évitement.

A moyen terme, l'inscription de la zone du Sanctuaire Pelagos sur la liste des Zones Maritimes Particulièrement vulnérables permettrait de fournir les bases réglementaires pour une meilleure protection des cétacés vis-à-vis des collisions.

WWF France, WWF Medpo et WWF Italie sont parties prenantes du Sanctuaire Pelagos depuis sa création, et sont des acteurs majeurs au travers des actions de recherche scientifique, de gestion et de gouvernance.

 

 

Objectifs de l’étude

L’étude vise à répondre aux questions suivantes :
1- Quels sont les navires et les affréteurs les plus concernés par l’enjeu collision vis-à-vis du Cachalot et du rorqual commun ?
2- Quel est le risque de collision des acteurs les plus concernés ?
Rapport caractérisation du trafic maritime et risques de collisions avec les grands cétacés dans le sanctuaire Pelagos
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