WWF France - Rapport Planète Vivante 2016

Rapport Planète Vivante 2016



Article posté le 27 octobre 2016
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Si l’on suit la trajectoire actuelle, l’avenir de nombreux organismes vivants demeurera incertain dans l’Anthropocène : plusieurs indicateurs nous incitent à tirer la sonnette d’alarme.

L’Indice Planète Vivante, qui mesure la biodiversité à partir du suivi de 14 152 populations appartenant à 3 706 espèces de vertébrés, affiche ainsi une tendance à la baisse persistante : en moyenne, les populations des espèces considérées ont décliné de 58 % entre 1970 et 2012. Les espèces suivies sont de plus en plus affectées par les pratiques non soutenables d’agriculture, de pêche, d’extraction minière et autres activités humaines contribuant à la perte et à la dégradation des habitats, à la surexploitation, au changement climatique et à la pollution. En cas de statu quo, les populations continueront à régresser. Et même si les objectifs fixés par les Nations unies pour enrayer le recul de la biodiversité étaient atteints en 2020, les espèces risqueraient entre-temps d’avoir perdu 67 % de leurs effectifs en moyenne au cours des cinquante dernières années.

Si les plantes et les animaux sauvages sont concernés, le nombre d’êtres humains victimes de la détérioration de l’environnement va également croissant. Pour que les systèmes vivants continuent à satisfaire nos besoins vitaux (un air respirable, une eau potable ou de la nourriture comestible), encore faut-il qu’ils conservent leur complexité, leur diversité et leur résilience.

La manière dont nous nous approprions les ressources naturelles a une incidence colossale sur les systèmes environnementaux de la Terre et donc sur les hommes et la nature. Par contrecoup, l’état de la biodiversité et du climat est impacté. Prendre conscience des frontières planétaires nous permet de mieux saisir la complexité des effets de l’homme sur la planète (Rockström et coll., 2009b ; Steffen et coll., 2015a). Ce que l’on peut affirmer, c’est que le fait d’aller au-delà des limites des neuf processus caractérisant le système Terre peut conduire à un état d’instabilité dangereux pour l’humanité.  Les chercheurs suggèrent que l’homme a déjà poussé au moins quatre des processus planétaires au-delà des limites jugées sûres. Malgré les incertitudes scientifiques entourant les effets biophysiques et sociétaux de tels franchissements, les impacts globaux et les risques qu’ils comportent pour les hommes sont déjà visibles au travers des changements climatiques, d’affectation des sols, des flux biochimiques et de la dégradation de la biosphère (Steffen et coll., 2015a).