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Agir contre la pêche fantôme

Des solutions concrètes émergent pour lutter contre le fléau des filets fantômes. Aux côtés des pêcheurs, des scientifiques et des gestionnaires d’aires marines protégées, le WWF développe des approches innovantes pour localiser, retirer et prévenir la perte de ces engins qui continuent de piéger la vie marine en silence. 

Contexte

La pêche fantôme désigne les engins de pêche perdus, abandonnés ou rejetés en mer qui continuent à capturer la faune marine sans aucune intervention humaine. 

Filets maillants, casiers ou lignes restent actifs pendant des années, voire des centaines d’années.  

Une tragédie invisible  

Chaque année, on estime que plusieurs centaines de milliers de tonnes d’engins de pêche sont perdues ou abandonnées dans les océans, représentant environ 10 % des déchets plastiques marins. Cette pollution invisible s’ajoute aux autres pressions qui pèsent sur les écosystèmes marins et continue de fragmenter les habitats, piéger la faune et dégrader les fonds marins.

L’impact sur la biodiversité est majeur : 100 % des espèces de tortues marines, environ 66 % des espèces de mammifères marins et près de 50 % des espèces d’oiseaux marins sont affectés. Les captures accidentelles peuvent se poursuivre longtemps après la perte des engins, touchant durablement les populations.

Le phénomène est ancien et cumulatif. Entre 1950 et 2018, les filets maillants utilisés dans certaines pêcheries ont contribué à la mort de plusieurs millions de cétacés dans l’océan Indien. Dans certains écosystèmes déjà fragilisés, cette pression participe à des effondrements d’espèces, comme celui du marsouin du Pacifique dans le golfe de Californie.

Au-delà de l’environnement, les impacts sont aussi économiques et sociaux : perte de matériel, baisse des captures, temps de pêche perdu et coûts de réparation pour les pêcheurs. 

100 %

des espèces de tortues marines sont affectés par les engins de pêche fantôme.

66 %

des espèces de mammifères marins sont affectés par les engins de pêche fantôme.

50 %

 des espèces d’oiseaux marins sont affectés par les engins de pêche fantôme.

Phoque moine d'Hawaï pris dans des engins de pêche au large de l'atoll de Kure, dans l'océan Pacifique.
10 % des déchets marins

Les engins de pêche perdus ou abandonnés représenteraient environ 10 % des déchets plastiques marins.

Aires marines protégées

Les filets fantômes touchent aussi les espaces protégés. Dans les Calanques, 86 cibles prioritaires ont été repérées sur 1 000 hectares prospectés.

3 500 hectares

En trois ans, 3 500 hectares de fonds marins ont été prospectés pour repérer des engins de pêche perdus.

Le projet

Le WWF agit sur toute la chaîne du problème.

D’abord en réduisant la pollution à la source, avec les pêcheurs : marquage des engins, sensibilisation, amélioration des pratiques de pêche et limitation des pertes en mer.

Ensuite en localisant et retirant les filets déjà perdus grâce à des opérations de terrain. Le WWF déploie des technologies comme le sonar acoustique, qui permet de scanner les fonds marins, d’identifier des filets enfouis ou dérivants, puis de les vérifier par plongée ou robot sous-marin avant retrait.

En parallèle, nous développons des solutions innovantes avec les acteurs de terrain et les scientifiques pour réduire l’impact des engins en cas de perte mais aussi lorsqu’ils sont actifs. Filets plus visibles, détectables ou moins dangereux pour la faune menacée : ces dispositifs sont testés en conditions réelles et évalués pour mesurer leur efficacité.

Enfin, nous portons un plaidoyer pour renforcer la réglementation, notamment dans les zones sensibles, afin de limiter ou encadrer certains engins particulièrement destructeurs.

66 % des espèces de mammifères sont impactées par les déchets marins dans le monde, les engins de pêche fantômes figurant parmi les plus meurtriers. Notre responsabilité est de réduire ces impacts pour permettre à ces espèces de continuer à vivre et surtout à mourir de mort naturelle, plutôt que des conséquences directes de nos activités en mer.

Des résultats concrets sur le terrain

Campagne en Méditerranée

Les campagnes menées en Méditerranée et sur plusieurs sites pilotes montrent qu’il est possible de réduire concrètement l’impact de la pêche fantôme lorsqu’une méthode structurée est déployée.

En Corse, dans le Parc naturel marin du Cap Corse et des Agriates, plusieurs dizaines de kilomètres d’engins de pêche ont été détectés grâce au sonar acoustique, avec plus de 150 cibles identifiées, dont une partie correspondant à des filets et lignes de pêche. Dans le golfe du Lion, les opérations menées avec les gestionnaires d’aires marines protégées et les pêcheurs ont permis d'identifier plus de 60 cibles et de retirer plusieurs engins perdus.

Dans les Calanques, une campagne intensive a permis de scanner 1 000 hectares en quelques jours, avec 86 cibles prioritaires identifiées et plus de 14 engins retirés. Ces résultats confirment que les filets fantômes sont présents même dans des zones fortement protégées, et qu’ils peuvent être localisés de manière systématique. 

Un sonar est tracté derrière le bateau à vitesse réduite pour scanner les fonds marins et identifier les « cibles » (lignes/filets)

Sonar acoustique
Des résultats concrets sur le terrain

Une méthode reproductible

Au-delà des chiffres, ces opérations ont surtout permis de structurer une méthode reproductible : détection par sonar, validation par plongée ou robot sous-marin, puis retrait coordonné avec les acteurs locaux. Cette approche est aujourd’hui testée et consolidée sur plusieurs sites en Méditerranée.

Ces résultats ont également renforcé la coopération entre pêcheurs, scientifiques et gestionnaires d’aires marines protégées. Les pêcheurs participent désormais plus directement aux opérations de signalement et de récupération, ce qui améliore l’efficacité des interventions et réduit les pertes futures.

Enfin, chaque filet retiré évite des années de captures accidentelles supplémentaires et contribue à restaurer progressivement des habitats marins essentiels pour la biodiversité et les activités de pêche. 

Une fois les filets les plus impactants identifiés, ils sont retirés par des plongeurs.

Plongeurs qui tient une ligne de pêche
En 3 ans
3500 hectares

de fonds marins prospectés 
 

+180

cibles identifiées en Méditerranée 
 

27

engins de pêche retirés en zones pilotes 

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Résumé du projet
  • Localisation

    Méditerranée, avec plusieurs sites pilotes en France, notamment en Corse, dans le golfe du Lion et dans les Calanques.

  • Objectifs

    Réduire l’impact des engins de pêche perdus ou abandonnés sur la biodiversité marine, en agissant à la fois sur leur prévention, leur détection et leur retrait.

  • Partenaires

    Pêcheurs, scientifiques et gestionnaires d’aires marines protégées. Le texte ne donne pas le nom précis des structures partenaires.

  • Résultats

    En 3 ans, 3 500 hectares de fonds marins prospectés, plus de 180 cibles identifiées en Méditerranée et 27 engins de pêche retirés dans les zones pilotes.

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Un fléau pour les océans

Dans ce reportage TF1, partez à la rencontre de nos équipes et découvrez leur travail sur le terrain pour traquer les filets fantômes le long des côtes françaises.