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Stopper la pêche illégale en Guyane

Dans les eaux françaises de Guyane, la pêche illégale menace à la fois la biodiversité marine et les moyens de subsistance des pêcheurs locaux.

Le contexte

Depuis plus de vingt ans, le WWF agit aux côtés des scientifiques, des communautés de pêcheurs et des autorités pour documenter ce phénomène, faire émerger des solutions et contribuer à faire reculer ce fléau. 

Au large de la Guyane, la pêche illégale menace à la fois la vie marine et l'avenir de la pêche locale. Menées principalement par des navires étrangers venus du Brésil, du Suriname ou du Guyana, ces flottilles artisanales côtières utilisent des filets maillants dérivants, qui comptent parmi les engins de pêche les plus destructeurs pour la faune marine. 

Une menace pour la biodiversité… et pour les pêcheurs  

Au large de la Guyane, la pêche illégale menace à la fois la vie marine et l'avenir de la pêche locale. Menées principalement par des navires étrangers venus du Brésil, du Suriname ou du Guyana, ces flottilles artisanales côtières utilisent des filets maillants dérivants, qui comptent parmi les engins de pêche les plus destructeurs pour la faune marine.

Tortues, dauphins et autres espèces protégées s'y retrouvent piégés chaque année. Incapables de remonter à la surface pour respirer, ils meurent noyés. La tortue luth, emblème du littoral guyanais, paie un tribut particulièrement lourd. Alors même que les plages de ponte bénéficient d'une protection renforcée depuis les années 1990, les animaux continuent de disparaître en mer. En 2000, un premier rapport du WWF identifie clairement la pêche illégale comme la principale menace pesant sur la population de tortues luth de l'estuaire du Maroni. Depuis, les données scientifiques n'ont cessé de confirmer l'ampleur du problème.

Derrière les impacts écologiques se cachent également des conséquences économiques et sociales. La pêche illégale concurrence directement les pêcheurs guyanais, fragilise leur activité économique et met sous pression les ressources halieutiques dont dépend toute une filière locale et la souveraineté alimentaire du territoire, le poisson étant la première source de protéine animale pour les communautés côtières. 

 La pêche illégale menace à la fois la biodiversité marine et l'avenir de la pêche locale.  

Tortue luth (Dermochelys coriacea) entamant son retour vers la mer. Playona, Chocó, Colombie.
98%

98 % de la population de tortues luth de l'estuaire du Maroni a disparu. 

Jusqu'à 4 fois

Jusqu'à 4 fois : la pêche illégale exerce aujourd'hui une pression jusqu'à quatre fois supérieure à celle de la pêche légale guyanaise. 

+100 %

+100 % : l'effort de pêche illégale a doublé entre 2012 et 2024. 

Le projet

Rendre le problème visible pour mieux le combattre

Pendant longtemps, l'ampleur de la pêche illégale en Guyane est restée sous-estimée. Pourtant, les pêcheurs locaux alertaient depuis des années sur la présence massive de navires étrangers dans les eaux françaises, occupant exclusivement certaines zones de pêche.

Pour le WWF, une chose est claire : il est impossible de lutter efficacement contre un phénomène que l'on ne mesure pas. Depuis l'ouverture de notre bureau à Cayenne en 1999, nous travaillons donc à documenter la réalité de la pêche illégale, à comprendre ses impacts sur les écosystèmes marins et à fournir aux décideurs les données nécessaires pour agir.

Notre ambition est double : protéger les espèces menacées, comme les tortues marines et les dauphins, mais aussi défendre une pêche artisanale guyanaise durable, créatrice d'emplois et essentielle à l'économie locale.

Pour y parvenir, le WWF rassemble autour de la même table scientifiques, pêcheurs professionnels, gestionnaires d'espaces naturels et pouvoirs publics. Car préserver la biodiversité et soutenir les communautés qui vivent de la mer sont deux objectifs indissociables. 

En mettant la science, l'observation de terrain et la coopération au cœur de son action, le WWF contribue à faire de la lutte contre la pêche illégale un enjeu désormais reconnu à l'échelle régionale et nationale.

Nos actions

Surveiller

Depuis plus de vingt ans, le WWF multiplie les actions pour rendre visible ce qui se passe en mer. Survols aériens, missions en ULM, observations par drone, analyses scientifiques : ces outils permettent de localiser les navires illégaux, d'évaluer leur activité et de suivre l'évolution du phénomène dans le temps.

Les premiers survols réalisés par le WWF ont confirmé ce que les pêcheurs dénonçaient depuis longtemps : dans certaines zones, les embarcations illégales sont plus nombreuses que les navires autorisés. Les campagnes menées en 2021 et 2022 ont à nouveau mis en évidence la présence de dizaines de navires étrangers opérant illégalement dans les eaux guyanaises. 

Dans certaines zones, les embarcations illégales sont plus nombreuses que les navires autorisés.

La pression de pêche illégale étrangère a doublé en Guyane depuis 12 ans, selon un nouveau rapport de l’Ifremer, du CRPMEM Guyane et du WWF - financé par la DGAMPA
Nos actions

Documenter et agir

Pour renforcer ce travail, le WWF s'est associé à l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (l'Ifremer) et au Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM). Ensemble, nous avons obtenu un financement de l'État (DGAMPA) afin de réaliser une nouvelle étude scientifique de référence, publiée en 2024. Ce rapport constitue aujourd'hui l'évaluation la plus complète de la pêche illégale en Guyane.

Mais pas question de s’arrêter en si bon chemin. Grâce à un financement européen FEAMPA, le WWF les différents partenaires impliqués continueront de suivre l'évolution du phénomène jusqu'en 2027. L'objectif : disposer de données actualisées, renforcer la transparence et contribuer à des mesures plus efficaces pour protéger durablement les espèces marines et les ressources halieutiques guyanaises. 

Deux observateurs recueille des données dans un avion survolant les zones de pêche à 180 m d'altitude. 

Survol Guyane
2024

publication de l'étude scientifique de référence sur la pêche illégale en Guyane. 

2027

prochaine évaluation de l'évolution du phénomène. 

20 ans

20 ans d'engagement du WWF aux côtés des acteurs du territoire. 

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Résumé du projet
  • Date de début de projet

    Depuis 2000, le WWF documente la pêche illégale et ses conséquences en Guyane. Le suivi se poursuit aujourd’hui, avec une prochaine évaluation prévue en 2027.

     

  • Localisation

    Eaux françaises de Guyane, avec une attention particulière portée au littoral et à l’estuaire du Maroni.

  • Objectifs

    Mesurer et faire reculer la pêche illégale étrangère afin de protéger la biodiversité marine, notamment les tortues et les dauphins, tout en préservant la pêche artisanale guyanaise.

  • Partenaires

    WWF France, Ifremer et Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Guyane, avec le soutien financier de l’État via la DGAMPA, puis de l’Union européenne via le FEAMPA.

Effet panda

Coup de pouce pour les tortues luths

Doyennes de nos océans, les tortues peuplent les fonds marins depuis plus de 150 millions d’années. 
Mais nous alertons sur le cas particulièrement dramatique des tortues luths, dont les populations ont chuté de 60% en Atlantique nord. 

Pour aller plus loin

  • Rapport

    Estimation de la pêche illégale étrangère en guyane française

    PDF | 1.47 MB
    16.09.2024
  • Rapport

    Érosion de la biodiversité - Le cas de la tortue luth (Dermochelys coriacea) en Guyane

    PDF | 13.95 MB
    23.05.2023

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