Les Français qui vivent au plus près des loups soutiennent massivement leur présence
Une enquête Ifop pour le WWF France révèle que les habitants des communes rurales sont massivement favorables à la présence du loup dans la nature et à son maintien comme espèce protégée. Contrairement aux idées reçues, cet attachement est également très fort dans les territoires où le loup est nouvellement implanté.
82 % des habitants des communes rurales estiment qu'un animal comme le loup a sa place dans la nature en France.
Alors que le débat public oppose souvent la présence du loup aux réalités vécues dans les territoires ruraux, une enquête Ifop réalisée pour le WWF France auprès de 1 010 habitants de communes rurales apporte un éclairage inédit : 82 % des habitants des communes rurales estiment qu'un animal comme le loup a sa place dans la nature en France, dont 40 % qui se déclarent « tout à fait d'accord ». Ce niveau d'adhésion progresse fortement par rapport à une précédente mesure réalisée en 2013 (+7 points).
Les résultats montrent surtout que la présence effective du loup sur un territoire ne remet pas en cause cette adhésion : 82 % des habitants vivant dans un département où le loup est présent depuis moins de cinq ans soutiennent également sa présence, un niveau quasiment identique à celui observé dans les territoires où le loup n'est pas présent (83 %). Plus des trois quarts des habitants des communes rurales sont également favorables au maintien du statut d'espèce protégée du loup, contre seulement 17 % qui y sont opposés.
Pour faire face aux attaques sur les troupeaux, les habitants des communes rurales privilégient nettement les solutions de prévention : 74 % considèrent qu'il faut d'abord renforcer la protection des troupeaux, contre seulement 19 % qui souhaitent augmenter les autorisations de tirs sur les loups. Alors que tous les éleveurs n'ont pas mis en place les moyens de protection (chiens de protection/ enclos/ gardiennage de nuit) financés massivement par l'État, 71 % des ruraux estiment qu'il faut exiger la mise en œuvre de ces mesures avant d'autoriser des tirs contre les loups.
« On entend souvent que le loup serait rejeté par celles et ceux qui vivent à son contact. Les résultats de cette enquête racontent une autre histoire : dans les communes rurales, y compris là où le loup est présent depuis longtemps ou de manière plus récente, les habitants expriment majoritairement leur attachement à la présence et à la protection de cet animal emblématique. C’est une réalité qui invite à dépasser les oppositions simplistes entre monde rural et préservation de la biodiversité. »