Créer des « intérêts Nature » pour financer la restauration des écosystèmes
Financement de l'adaptation : le WWF France propose de créer des « intérêts Nature » sur l'assurance-vie pour financer la restauration des écosystèmeS
Le WWF France propose d'affecter les intérêts générés par 3% des nouveaux versements en assurance-vie à la restauration de la nature. Sans prélever le capital des épargnants, ce mécanisme pourrait dégager environ 170 millions d'euros dès la première année et jusqu'à 860 millions d'euros par an au bout de cinq ans.
Un financement de l’adaptation encore insuffisant
Après un été dévastateur qui a rappelé l'urgence qu'avait la France à accélérer l'adaptation au changement climatique, les ministres de l'Économie et de la Transition écologique se réunissent ce vendredi à Bercy pour trouver les leviers de financement susceptibles de la financer. A ce stade, la seule proposition qui a émergé consisterait à mobiliser le Livret A, ce qui permettrait à la Caisse des dépôts d'offrir de nouvelles facilités de prêts aux acteurs publics. Toutefois, cette option ne bénéficierait par définition qu'à ceux qui ont la capacité d'obtenir et de rembourser un prêt : une école isolée ou un hôpital équipé peuvent rembourser un prêt grâce aux économies réalisées ; une rivière restaurée, une zone humide réhabilitée ou une forêt en bonne santé ne génèrent, elles, aucun revenu direct pour celui qui les finance.
Sur 1 000 euros versés, 30 euros seraient ainsi affectés à cette poche ; ainsi, avec un rendement de 3 %, ce serait 90 centimes qui iraient à la nature la première année.
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Une nouvelle piste de financement : l’assurance-vie
Le WWF France propose donc de s'appuyer sur un autre produit d'épargne réglementée, aussi abondant que fiscalement avantageux et bénéficiant plutôt aux ménages aisés, à savoir l'assurance-vie. Il s'agirait que 3 % de chaque nouveau versement en assurance-vie soient affectés à une poche Nature gérée par la Caisse des dépôts. Le capital resterait la propriété de l’épargnant, seuls les intérêts générés financeraient la restauration des écosystèmes. Sur 1 000 euros versés, 30 euros seraient ainsi affectés à cette poche ; ainsi, avec un rendement de 3 %, ce serait 90 centimes qui iraient à la nature la première année. D'année en année, vu la faiblesse des sorties, la poche Nature augmenterait et avec elle les intérêts générés pour la nature.
Avec près de 192 milliards d’euros versés chaque année en assurance-vie, cette poche augmenterait d'environ 5,8 milliards d’euros chaque année et générerait jusqu’à 860 millions d’euros annuels après cinq ans, avant prise en compte des rachats.
L’assurance-vie doit vraiment servir à préparer l’avenir. Cela suppose à la fois d’orienter davantage l’épargne vers les entreprises qui investissent dans la transition, comme nous l’avons déjà proposé, et de financer ce que le marché ne rémunère pas : nos rivières, nos forêts ou nos zones humides. Investir pour l’avenir, ce n’est pas seulement financer ce qui rapportera demain, c’est aussi protéger ce sans quoi plus rien ne pourra rapporter.
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