Redonner vie aux zones humides
Les zones humides : de véritables réservoirs de vie à protéger
En France, la moitié des zones humides ont disparu en quelques décennies. Face à cette urgence, le WWF agit pour préserver les dernières zones intactes et restaurer celles qui ont été dégradées. Car protéger ces écosystèmes, c’est aussi protéger notre avenir.
Zones humides : une valeur sous-estimée
Les zones humides abritent une biodiversité exceptionnelle, filtrent naturellement l’eau, stockent du carbone et nous protègent des inondations comme des sécheresses. Pourtant, ces milieux sont gravement menacés.
Marais, tourbières, prairies inondables, lacs ou rivières : les zones humides comptent parmi les écosystèmes les plus riches et les plus utiles de la planète. Près de 40 % des espèces végétales et animales y vivent ou s’y reproduisent.
Mais leur rôle va bien au-delà : elles assurent des fonctions essentielles pour l’équilibre du climat et le bon fonctionnement du cycle de l’eau. Les tourbières, par exemple, couvrent à peine 3 % des terres émergées mais stockent deux fois plus de carbone que toutes les forêts du monde.
Des espaces naturels sous pression
En France, plus de 50 % des zones humides ont disparu depuis les années 1960.
Zones humides : des alliées essentielles face au changement climatique
Ces milieux naturels sont également essentiels pour réguler le cycle de l’eau : ils agissent comme des éponges, absorbant l’eau en période de crue et la restituant lentement pendant les périodes de sécheresse. Ce rôle tampon est de plus en plus précieux face aux événements climatiques extrêmes. Les zones humides filtrent aussi les polluants, améliorant naturellement la qualité de l’eau.
Malgré tous ces bénéfices, ces milieux restent largement méconnus et sous-estimés. Longtemps considérés comme de la « place perdue », ils ont été massivement asséchés, drainés ou urbanisés.
Résultat : en un siècle, l’humanité a altéré la moitié des zones humides de la planète. En France, plus de 50 % ont disparu depuis les années 1960. Certains cours d’eau ont perdu jusqu’à 30 % de leur linéaire naturel.
Ce recul s’explique notamment par l’agriculture intensive, l’industrialisation ou l’expansion urbaine. Pourtant, ces milieux fournissent aussi des ressources alimentaires essentielles (pêche, élevage, culture) et protègent les littoraux contre la montée des eaux. En perdant les zones humides, nous perdons leurs services irremplaçables pour l’eau, la biodiversité, le climat… et notre propre résilience.
Protéger et restaurer les zones humides
Conscient de l’urgence, le WWF agit concrètement pour préserver les zones humides encore intactes et restaurer celles qui sont dégradées. En France, le WWF déploie une stratégie d’acquisition foncière ciblée, en partenariat avec d’autres acteurs engagés. En Brenne, la fondation a ainsi acquis, aux côtés de la LPO et de la réserve de Chérine, le site de la Rouère : 104 hectares de prairies humides, d’étangs et de forêts, désormais sanctuarisés pour accueillir une biodiversité remarquable.* Avec l’ensemble des propriétés que nous possédons ou soutenons dans la région, ce sont plus de 1500 hectares que nous protégeons.
*Le WWF est propriétaire de 49% de la surface acquise sur le site de la Rouère.
Un sanctuaire pour la biodiversité
104 hectares acquis en 2024 par le WWF sur le site de la Rouère (Brenne), composés de prairies, d’étangs et de zones boisées.
Pour un engagement renforcé : notre projet en Brenne
En Brenne toujours, nous menons un projet pilote de restauration sur plus de 500 hectares, en partenariat avec 22 propriétaires d’étangs. Ensemble, nous testons des pratiques plus respectueuses de la nature : suppression de l’alimentation artificielle des poissons, absence d’engrais, contrôle des espèces exotiques envahissantes, restauration de la végétation aquatique…
Ces actions s’inscrivent dans un dispositif de Paiement pour Services Environnementaux (PSE), qui permet aux propriétaires d’être rémunérés pour leur contribution à la préservation de la biodiversité. Nous suivons l’impact de nos efforts à travers des inventaires réguliers de la faune et de la flore.
Résultat : des espèces comme la guifette moustac, le grèbe à cou noir ou la mouette rieuse retrouvent un habitat favorable. Le vivant reprend sa place.
Un patrimoine naturel protégé
de zones humides protégées grâce à notre projet pilote de PSE mené avec 22 propriétaires d’étangs en Brenne.
Réparer notre lien au vivant
En parallèle, le WWF agit pour restaurer les tourbières, ces milieux à fort potentiel pour l’eau, le climat et la biodiversité. L’organisation soutient notamment la publication du premier atlas des tourbières de France depuis 1949, en lien avec l’Université de Franche-Comté. À travers toutes ces actions, le WWF s’appuie sur les solutions fondées sur la nature pour améliorer la qualité et la quantité de la ressource en eau, mais aussi renforcer la résilience des territoires face aux sécheresses et aux inondations.
Enfin, nous appelons les décideurs à adopter un plan de restauration français ambitieux afin de décliner la loi européenne de restauration de la nature. Car restaurer les zones humides, c’est réparer notre lien avec le vivant.
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Dans cet épisode, on pousse la porte de la Réserve Naturelle de Chérine et on vous embarque pour une visite guidée à la rencontre d’une multitude d’espèces d’oiseaux et des cistudes, ces petites tortues d’eau douce autochtones de la Brenne.