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Drôme : Cultiver autrement face au manque d'eau

En Drôme, le WWF accompagne une agriculture plus sobre en eau.

Dans la Drôme, l’eau devient une ressource de plus en plus fragile, alors que l’agriculture en dépend fortement.

Pour aider le territoire à s’adapter, le WWF France et son partenaire ARCHE Agglo accompagnent les agriculteurs dans l’expérimentation de pratiques agroécologiques et le développement de solutions fondées sur la nature. Une démarche concrète pour réduire les besoins en eau, soutenir les agriculteurs et renforcer la résilience du territoire.

L’agriculture face au défi de l’eau


Au nord-ouest de la Drôme, le territoire de la Drôme des Collinesd’ARCHE agglomération rassemble notamment les bassins versants de l’Herbasse, de la Veaune, et de la Bouterne. L’agriculture y occupe une place importante, avec 33 000 hectares de surfaces agricoles consacrés aux grandes cultures, à l’élevage, à l’arboriculture et au maraichage.

L’irrigation concerne environ un quart des surfaces agricoles, principalement pour le maïs et les vergers. Or les ressources en eau du territoire sont sous pression. Des études soulignent le besoin de réduire les prélèvements agricoles dans la nappe de la molasse, une ressource importante pour les usages locaux.

Dans ce contexte, le WWF souhaite contribuer à faire évoluer l’agriculture vers des pratiques moins dépendantes de gros volumes d’eau. L’enjeu est double : réduire les prélèvements et rendre les exploitations plus résistantes aux sécheresses en favorisant l’infiltration et la rétention de l’eau dans le sol.

Une dépendance à réduire

5 000 ha

En Drôme, 5 000 hectares de terres agricoles sont irrigués, alors que la ressource en eau est déjà sous pression.

Une Gallinule poule-d’eau (Gallinula chloropus) sur des feuilles de lotus, dans un lac du parc East Lake Greenway à Wuhan, en Chine.
33 000 hectares

de surfaces agricoles sur le territoire.
Grandes cultures, élevage, arboriculture et maraîchage occupent une place importante dans la Drôme des Collines, où la gestion de l’eau est devenue un enjeu majeur pour l’agriculture.

11 agriculteurs

déjà engagés dans l’expérimentation.
Depuis juin 2025, ils testent de nouvelles façons de produire pour réduire leurs besoins en eau et mieux faire face aux sécheresses.

20 pratiques

agroécologiques actuellement testées.
Couverture des sols, évolution des cultures ou encore meilleure gestion de l’eau.

3 ans

pour expérimenter sans porter seul le risque.
Les agriculteurs volontaires bénéficient pendant trois ans d’un accompagnement technique et financier pour tester ces solutions et mesurer leurs résultats.

Expérimenter de nouvelles pratiques


Changer ses pratiques agricoles comporte des risques : une nouvelle culture peut être moins productive, un couvert végétal peut être difficile à gérer ou un nouvel aménagement peut avoir des effets inattendus sur les parcelles. Pour lever ces freins, le WWF et ARCHE Agglo ont mis en place un droit à l’expérimentation : les agriculteurs volontaires sont accompagnés techniquement et financièrement pendant trois ans pour tester des solutions permettant de réduire leurs besoins en eau en favorisant la rétention et l’infiltration de l’eau.

Depuis le juin 2025, 11 agriculteurs de l’Arche Agglo sont engagés dans le dispositif. Grandes cultures, arboriculture, maraîchage : les productions sont variées et 20 pratiques différentes sont actuellement testées, choisies avec les agriculteurs et les partenaires techniques.

Le dispositif permet notamment de couvrir une partie des dépenses et des éventuelles pertes de rendement liées aux expérimentations. Le WWF et ses partenaires financent également l’accompagnement technique, le suivi des pratiques et la mesure de leurs résultats.

Un soutien technique et financier pour aider les agriculteurs à expérimenter sans avoir à assumer seuls les coûts et les risques.

Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)
Une gallinule poule-d'eau (Gallinula chloropus) dans les lotus
Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis) nageant dans le lac du East Lake Park en Chine
Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)
Triton alpestre
Comment fonctionne le droit à l’expérimentation ?

Le WWF, ARCHE Agglo et les partenaires techniques échangent avec les agriculteurs pour identifier les pratiques qui peuvent répondre aux objectifs de sobriété et de résilience tout en restant adaptées à chaque exploitation.

Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)

Les agriculteurs mettent en place de nouvelles pratiques : évolution des cultures, couverts agricoles, agroforesterie, aménagements favorisant l’infiltration de l’eau ou autres solutions adaptées à leur production.

Une gallinule poule-d'eau (Gallinula chloropus) dans les lotus

La Chambre d’Agriculture de la Drôme et l’Association Drômoise d’Agroforesterie (ADAF) apportent leur expertise technique. Le dispositif prévoit également des indemnisations pour couvrir une partie des coûts ou des éventuelles pertes liées aux changements de pratiques.

Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis) nageant dans le lac du East Lake Park en Chine

Les pratiques sont suivies pendant trois ans pour mesurer leurs effets et identifier celles qui peuvent être reproduites à plus grande échelle.

Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)

Les enseignements tirés de ces premières expérimentations doivent servir de base à de futurs projets agroécologiques et à des actions plus larges sur les bassins versants.

Triton alpestre

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Accompagner les agriculteurs dès leur installation

La transition agricole ne concerne pas seulement les exploitations déjà en activité. Avec ARCHE Agglo, le WWF agit aussi au moment de l’installation de nouveaux agriculteurs, pour intégrer la question de l’eau dès les premières décisions.

A la prime à l’installation d’ARCHE Agglo le WWF complète cette aide en finançant pour chaque agriculteur un diagnostic de son exploitation et leur permet de bénéficier d’un accompagnement sur les enjeux liés à l’eau. Selon les besoins, celui-ci peut porter sur l’hydrologie régénérative, l’agroforesterie, les rotations culturales ou encore le pilotage de l’irrigation.

L’idée est de donner aux nouveaux agriculteurs les moyens de construire dès le départ des systèmes plus économes en eau et mieux adaptés aux évolutions du climat.

Anticiper la gestion de l’eau dès l’installation, c’est préparer la résilience de l’exploitation pour les années à venir.

Nos partenaires techniques

Nos partenaires financiers

Des expérimentations au changement d’échelle

Ces premières actions constituent un point de départ. En travaillant directement avec les agriculteurs, le WWF cherche à identifier les solutions qui fonctionnent réellement sur le terrain et à comprendre dans quelles conditions elles peuvent être reproduites.

À terme, l’ambition est de faire de la Drôme un démonstrateur territorial de la sobriété et de la résilience face au manque d’eau. L’objectif est de développer les pratiques agroécologiques et les solutions fondées sur la nature à l’échelle des bassins versants : haies, sols mieux couverts, meilleure infiltration de l’eau, évolution des cultures ou encore restauration des cours d’eau.

Ces solutions doivent permettre de mieux retenir l’eau là où elle tombe, de renforcer les sols et de réduire la dépendance des cultures à l’irrigation. Le WWF souhaite ainsi contribuer à construire un modèle agricole capable de mieux faire face aux sécheresses tout en préservant la ressource pour l’ensemble du territoire.

Faire de la sobriété en eau un levier de résilience pour les agriculteurs et pour tout le territoire.

Aller plus loin

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