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Nouvelle-Calédonie : Protéger les tortues marines

La Nouvelle-Calédonie abrite plusieurs sites de ponte majeurs de tortues vertes et de tortues « grosse tête », toutes deux menacées. Ces sites “alimentent” de nombreux pays de la région en tortues marines. Pour préserver ces espèces migratrices, il est essentiel de connaître et protéger tous les habitats qu’elles fréquentent.

Située dans la Mer de Corail, à l’est de l’Australie, la Nouvelle-Calédonie offre un cadre idéal pour la reproduction des tortues marines.

Elles s'y rendent durant l’été austral, souvent après un long voyage dans les mers tropicales. Dans ces eaux chaudes, les mâles et les femelles s’accouplent avant que ces dernières, fécondées, partent sur les plages pour pondre leurs œufs.

Des tortues sous pression

Malgré l’existence de mesures de protection, les tortues marines nées en Nouvelle-Calédonie restent fortement menacées par les activités humaines (braconnage, prises dans les filets, collisions, dégradation des habitats, changement climatique).

Pour assurer leur sauvegarde, il faut à la fois protéger les sites de ponte, les routes de migration et les zones d’alimentation. Ceci est un vrai challenge étant donné l’étendue de leurs habitats et de leurs déplacements, souvent au-delà des frontières. Grâce à l’acquisition de connaissances, il est possible d’identifier les zones prioritaires, définir les principales menaces, et ainsi promouvoir les mesures de gestion les plus adaptées pour une protection efficace.

80%

En 60 ans, les effectifs des tortues « grosse tête » ont chuté de 80% dans le Pacifique Sud.

Voyageuses hors normes

Les tortues marines de Nouvelle-Calédonie parcourent des milliers de kilomètres. Grâce au suivi satellite du WWF, certaines tortues vertes ont été suivies jusqu'à la Grande Barrière de corail en Australie, tandis que des tortues caouannes ont rejoint la Papouasie-Nouvelle-Guinée ou les Fidji.

Une température décisive

Chez les tortues marines, le sexe des bébés dépend de la température du sable. Des plages plus fraîches produisent davantage de mâles, tandis que des plages plus chaudes donnent surtout des femelles. Certains îlots coralliens de Nouvelle-Calédonie conservent un meilleur équilibre grâce à leur sable clair, qui emmagasine moins de chaleur.

Cinq espèces

La Nouvelle-Calédonie accueille 5 des 7 espèces de tortues marines connues dans le monde. On peut y observer la tortue verte, la tortue caouanne, la tortue imbriquée, la tortue luth et la tortue olivâtre. C'est l'un des territoires les plus importants du Pacifique pour leur reproduction.

Une chance sur mille

Une tortue caouanne pond en moyenne plus d'une centaine d'œufs par nid. Pourtant, seul un bébé sur 1 000 atteindra l'âge adulte. La prédation naturelle, les activités humaines et les menaces en mer expliquent cette faible survie.

Des sentinelles des océans

En Nouvelle-Calédonie, plus de 80 tortues ont été équipées de balises satellites par le WWF depuis 2017. Ces données permettent d'identifier leurs routes migratoires et les zones marines à protéger, y compris bien au-delà des eaux calédoniennes.

Le projet

Des îlots prisés par les tortues marines

En 2016, le WWF en Nouvelle-Calédonie a mis en lumière une zone de ponte majeure pour les tortues “grosse tête”, sur la pléiade d’îlots coralliens situés au cœur de la zone UNESCO du Grand Lagon Sud. Face à cette découverte, un projet a été initié en collaboration avec la province Sud et l’IRD. Son but : acquérir les connaissances nécessaires à l’établissement de mesures de protection adaptées et efficaces pour les sites de ponte du Grand Lagon Sud.

L’enjeu est majeur tant l’espèce concernée est menacée dans cette partie du monde (en danger critique d’extinction selon l’UICN) et que ces îlots représentent des écosystèmes particulièrement fragiles face à la fréquentation humaine et aux changements climatiques...

Les îlots coralliens sont des trésors de biodiversité qu’il faut préserver. Ils représentent un atout pour la survie des tortues marines face au réchauffement climatique.

Nos actions

Suivi des populations

Nos équipes ont développé un protocole permettant de suivre les populations de tortues qui viennent se reproduire sur ces sites éloignés mais malgré tout fréquentés. Les premiers résultats ont permis de mettre en lumière l’importance particulière de certains îlots pour la ponte des tortues “grosse tête”. Ceux-là doivent bénéficier d’une protection particulière pour garantir leur préservation.

Autre découverte encourageante : les plages des îlots, constituées de sable blanc, permettent de retenir moins de chaleur que sur les sites de ponte de la Grande Terre. Par conséquent, l’équilibre entre les mâles et les femelles dans les nids est préservé, puisque c’est la température des oeufs qui détermine le sexe des bébés tortues. Cette particularité constitue un formidable avantage et permet de réguler le déséquilibre mesuré sur d’autres zones (ex : Bourail), conséquence directe du phénomène de réchauffement climatique.

Contrairement aux autres tortues marines, la tortue caouanne possède une tête massive et des mâchoires extrêmement puissantes. Elles lui permettent de broyer les coquilles des crabes, des coquillages et d'autres proies à carapace dure.

Tortue caouanne (Caretta caretta) qui nage en plein Océan Atlantique (Caroline du Nord, Etats-Unis)
Nos actions

Des satellites au service des tortues

Depuis 2017, nous avons équipé plus de 80 tortues marines de balises satellites sur les principales zones de ponte de tortues vertes et “grosse tête” en Nouvelle-Calédonie. Fixées de manière indolore sur la carapace, ces balises permettent de suivre le déplacement des tortues et ainsi de cartographier les principales zones utilisées comme couloir migratoire et zone d’alimentation.

Il n’y aucune douleur associée à la pose d’une balise GPS. Celle-ci est collée au milieu de l’écaille située au plus haut de la carapace (pour favoriser la transmission aux satellites). Elle se détachera ensuite toute seule, généralement quelques mois après avoir été placée.

Personnel du WWF travaillant sur les tortues vertes (Chelonia mydas) en Nouvelle-Calédonie
Nos résultats

Découvertes majeures

Nous avons fait des découvertes majeures pour la protection régionale de ces tortues. D'importants couloirs migratoires ont été identifiés, des sites de ponte de Nouvelle-Calédonie vers la Grande Barrière de Corail Australienne (pour les tortues vertes) et vers la Papouasie Nouvelle-Guinée (pour les “grosse tête”). 

Les principales zones d’alimentation des tortues d’origine calédonienne ont également pu être définies, les menant aussi loin que Fidji à plusieurs milliers de km. Les données obtenues ont permis d’identifier les principaux pays qui partagent une responsabilité de sauvegarde vis-à-vis des tortues tortues originaires de Nouvelle-Calédonie. Ces résultats vont nous permettre de formuler et de porter des recommandations concrètes en termes d’aires marines protégées et d’évolution des pratiques et réglementations.

Les sites de ponte du Grand Lagon Sud sont principalement fréquentés par des tortues caouannes, aussi appelées tortues "grosse tête". Il existe plus d'une trentaine de sites de pontes de tortues caouannes dispersés dans le Grand Lagon Sud.

Éclosion de bébés tortues caouannes (Caretta caretta)

Cet important déploiement de balises a été possible grâce à de nombreux collaborateurs : le gouvernement de Nouvelle-Calédonie et les 3 provinces, l’Aquarium de Lagons, l’Association Bwärä Tortues Marines, l’Association de Sauvegarde de la Biodiversité d’Ouvéa, Koumac Environnement et Hulîlî Malep.

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URL de Vidéo distante

Connaître les routes migratoires des tortues marines nous permet d'inciter les pays responsables des zones qu'elles traversent à mieux les protéger.

Marc Oremus, coordinateur WWF France du programme marin en Nouvelle-Calédonie, en mission sur un bateau

Épisode #1 : à la rencontre des tortues caouannes de Nouvelle-Calédonie

Dans ce premier épisode de WWF Immersion 360, embarquez sur un voilier en Nouvelle-Calédonie avec les experts marins du WWF et partez à la rencontre des tortues caouannes sur une île du Pacifique.

 

Pour aller plus loin

  • Rapport

    Tortues sans frontières
    Projet de suivi Argos des tortues marines de Nouvelle-Calédonie.

    PDF | 14.27 MB
    26.02.2026

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