Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) et poisson-perroquet à bosse (Bolbometopon muricatum), Sipadan (Malaisie)

Prises accessoires

La pêche génère des prises accidentelles ou accessoires, c’est-à-dire la capture d’espèces non ciblées, comme les tortues, les requins, les dauphins ou certains oiseaux marins. La FAO a estimé entre 17,9 et 39,5 millions de tonnes de captures accessoires chaque année. Ce sont principalement les chalutiers visant la crevette, suivis du chalut de fond et des palangres (hameçons pour la pêche en eaux profondes) qui capturent le plus d’espèces non ciblées. Ces prises contribuent à fragiliser les stocks et représentent un manque à gagner pour les populations car la plupart ne sont pas commercialisées mais directement rejetées à la mer.

Impacts des prises accessoires

En moyenne, les captures accessoires représentent 27 millions de tonnes de poissons par an, selon la FAO (sur 94 millions de tonnes de poissons pêchés). Le manque de sélectivité et une mauvaise utilisation des engins de pêche sont des facteurs qui décuplent la prises d’espèces non ciblées.

Toute pêche entraîne des prises accessoires. La majorité des engins de pêche sont non-sélectifs. Ceux qui utilisent des filets sont ceux qui capturent le plus d’espèces non-ciblées, qu’il s’agisse de poissons juvéniles, de requins, de tortues, d’oiseaux marins, y compris des espèces menacées… Environ 300 000 cétacés meurent chaque année, essentiellement des dauphins, étranglés par les filets.

Le chalut exploitant la crevette est la technique de pêche qui entraîne le plus de captures accessoires au monde. Les tortues en sont les premières victimes, et pour une espèce cible (la crevette), on remonte parfois dix espèces accessoires.

Le chalut de fond est aussi une technique qui détériore fortement les écosystèmes marins. Son filet racle les fonds marins et capture des espèces sensibles dont la reproductivité est faible, des requins, des éponges et des coraux, en plus de détruire leurs écosystèmes. La palangre est très utilisée dans les pêcheries thonières. Elle est constituée d’une ligne où sont accrochés des centaines ou des milliers d’hameçons appâtés. En plus du thon, ces hameçons capturent des tortues, des thons juvéniles et des requins qui pour la plupart ne survivent pas.

Employés du WWF Malaisie présentant le système TED à des volontaires locaux

Employés du WWF Malaisie présentant le système TED à des volontaires locaux

Réduire les captures accessoires

Efficacité prouvée !

Un chalut équipé d’un TED correctement utilisé évite de capturer près de 97% de tortues marines dans la pêche à la crevette tropicale.

Le WWF participe à des travaux d’amélioration de la sélectivité des engins de pêche et à la promotion de techniques de pêche moins destructrices des écosystèmes marins. Nous encourageons les pêcheurs à utiliser des alternatives aux engins de pêche peu sélectifs. Avec nos partenaires (entreprises, institutions et ONGs), nous poussons les États à mettre en place des mesures efficaces pour limiter le “bycatch” (prises accessoires) et sensibilisons les consommateurs aux conséquences de pratiques de pêche non responsables.

Avec le CRPMEM (Comité Régional des Pêches Maritimes et des Élevages Marins) de Guyane, le WWF a travaillé sur la mise en place d’un filet TED (Turtle Excluder Device) sur les chalutiers de crevettes tropicales. Le dispositif TED est composé d’une grille installée dans la partie étroite d’un chalut qui permet de libérer les tortues marines (ainsi que d’autres grandes espèces marines et objets) par une trappe de sortie tout en retenant et en améliorant la qualité des crevettes pêchées. Le WWF encourage les pêcheries de crevettes tropicales à mettre en place ce dispositif et les États à rendre obligatoire son adoption. En effet il n’existe actuellement aucun moyen de différencier dans le commerce les crevettes tropicales sauvages qui ont été pêchées avec ou sans TED.

Banc de poisson

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