Sur les Traces du Panda

Chaque trimestre, retrouvez en ligne Sur les traces du Panda, le journal des donateurs du WWF France accessible pour toutes et tous ici. Au menu, les sujets qui font l'actualité, un focus sur les bonnes pratiques, le témoignage exclusif de personnalités engagées. Mais aussi des brèves, des conseils pour agir, des chiffres et des citations qui nous ont interpellés. Nous n’allions quand même pas les garder pour nous…

L'édito du dernier numéro

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C’était le grand rendez-vous de la rentrée, vous en avez forcément entendu parler. Du 3 au 11 septembre, le congrès de l’UICN s’est tenu à Marseille.

Pour la première fois depuis l’Assemblée générale fondatrice de l’UICN en 1948 à Fontainebleau, la France a accueilli la rencontre. Des milliers de représentants de gouvernements, d’agences publiques, d’ONG, du monde scientifique, des collectivités locales, des peuples autochtones, des entreprises et de la société civile se sont rassemblés.

Ensemble, ils se sont efforcés d’établir et d’influer sur les priorités d’action et l’agenda mondial pour la conservation, notamment pour le cadre post 2020.

La prochaine étape désormais est de parvenir à définir un objectif aussi clair et mesurable que celui qui, dans le domaine du climat, vise à ne pas dépasser 2 °C – et si possible 1,5 °C – de réchauffement. Telle sera la tâche à laquelle les Etats devront s’atteler en se réunissant, au printemps prochain, à Kunming, en Chine, pour la 15e conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique (COP15). Car si une prise de conscience des enjeux de la biodiversité est en train d’émerger, comme cela a été le cas auparavant pour le changement climatique, elle doit maintenant se diffuser à tous les niveaux, chez les responsables politiques comme dans les entreprises et chez les citoyens, dans tous les secteurs d’activité.

Un million d’espèces animales et végétales – soit une sur huit – risquent de disparaître à brève échéance de la surface de la Terre ou du fond des océans. Un chiffre choc, qui nous frappe en plein cœur. Et n’en déplaise aux «biodiversité-sceptiques», ces quelques détracteurs qui, après le climat, s’attaquent à l’autre grande crise environnementale, celle de l’érosion du vivant, ces chiffres sont étayés ! Ils sont publiés par l’IPBES, la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, également surnommée le GIEC de la biodiversité tant sa légitimité est établie. Avec l’effondrement du vivant, ce sont aussi les contributions de la nature aux populations, pourtant vitales pour l’existence humaine, qui s’amenuisent.

Envisager la nature à l’aune des seuls services qu’elle rend à l’humanité, sans considérer que le déclin des espèces animales et végétales est en lui-même tragique, peut paraître cynique. C’est pourtant peut-être le dernier électrochoc qu’il nous reste pour interpeller l’opinion ! L’érosion de la biodiversité met en danger les économies, les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la qualité de vie des populations partout dans le monde. Existe-t-il enjeu plus primordial ? Qu’attendons-nous pour réagir ?

Isabelle Autissier
Isabelle Autissier
Présidente d'honneur du WWF France

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