Sur les Traces du Panda

Chaque trimestre, retrouvez en ligne Sur les traces du Panda, le journal des donateurs du WWF France accessible pour toutes et tous ici. Au menu, les sujets qui font l'actualité, un focus sur les bonnes pratiques, le témoignage exclusif de personnalités engagées. Mais aussi des brèves, des conseils pour agir, des chiffres et des citations qui nous ont interpellés. Nous n’allions quand même pas les garder pour nous…

L'édito du dernier numéro

Le beauteau Blue Panda navigant sur la Méditerranée

L’heure où nous écrivons ce journal, je me trouve, comme vous tous, confinée. Pour moi, qui vis constamment dehors, sur mon bateau ou en déplacement, cette situation inédite n’est pas catastrophique. Voilà que l’opportunité de me poser m’est donnée. Et j’en profite pour me réapproprier tout ce que j’aime dans la solitude : la gestion choisie de mon emploi du temps et, avec elle, l’impression que je ne cours plus après. J’ai cependant conscience d’être privilégiée. Pour la plupart d’entre vous, je le sais, cette assignation à résidence est une épreuve. Pour certains, c’est une vacuité de l’agenda, une perte du repère des heures et des jours, un ralentissement de la montre. Pour d’autres, c’est un vertige d’organisation entre enfants, télétravail, conjoint.e, tâches ménagères décuplées.

À tous ceux-là je veux dire que cet étrange arrêt sur image est aussi une formidable occasion de nous interroger sur les raisons profondes de cette crise. Depuis des décennies, les alertes se font plus précises sur le non-sens de nos organisations économiques qui sapent les fondamentaux de notre vie sur la planète. Ce coup d’arrêt doit au moins servir à préparer un avenir plus stable sur le plan environnemental et plus équitable sur le plan humain.

Un jour ce confinement prendra fin.

Si nous ne faisons que reprendre le cours de nos vies là où nous l’avons laissé, alors cette épreuve n’aura été qu’une parenthèse inutile. À côté des pandémies favorisées par la déforestation, viendront les dérèglements climatiques, les guerres pour l’eau, les catastrophes naturelles. Cet effondrement nous apprend que les organisations que nous avons construites ne sont ni omnipotentes, ni éternelles. La fragilité que nous éprouvons aujourd’hui est un retour, certes brutal, à la réalité. La vie sur la terre est une exception dans l’univers et l’homme n’est qu’un passant. Mais peut-être restera-t-il un peu de ces solidarités inédites, de ces priorités redécouvertes, de ce refus d’un retour à la routine ?

Le temps de l’attente est aussi celui de la prospective. Mettons-le à profit.

Portrait d'Isabelle Autissier
Isabelle Autissier
Présidente du WWF France

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