Sur les Traces du Panda

Chaque trimestre, retrouvez en ligne Sur les traces du Panda, le journal des donateurs du WWF France accessible pour toutes et tous ici. Au menu, les sujets qui font l'actualité, un focus sur les bonnes pratiques, le témoignage exclusif de personnalités engagées. Mais aussi des brèves, des conseils pour agir, des chiffres et des citations qui nous ont interpellés. Nous n’allions quand même pas les garder pour nous…

L'édito du dernier numéro

Sur les traces du Panda n°110 - 2022

Au delà des apparences

La biodiversité est en péril, ce n’est plus un secret pour personne.
A la veille de publier notre rapport “Planète vivante” qui mesure, tous les deux ans, le déclin des espèces sauvages, je repense à cette étude un peu saugrenue que j’avais parcourue, d’abord amusée, puis franchement captivée.

C’était une sorte de carte affective du monde vivant qu’une équipe de chercheurs au Muséum d’histoire naturelle de Paris, s’était efforcée de dessiner. 3500 personnes avaient été sondées sur le choix qu’elles feraient entre différentes espèces en danger, des mammifères aux oiseaux, en passant par les reptiles, les poissons, ou encore les champignons.

J’aurais volontiers misé sur la mignonnerie, pensant que plus une espèce est attendrissante ou esthétique, plus elle fait l'unanimité auprès d’homo sapiens.
Mais la réalité est plus subtile. L’étude démontrait, en effet, que lorsqu’un animal est génétiquement proche de l’espèce humaine, ses chances d’être protégé augmentent drastiquement.
A ce jeu là, ce sont les grands singes qui gagnent, et haut la main. Ils figurent en tête de la liste des espèces “les plus aimées”. L’orang-outan arrive même devant l’espèce humaine…
Le béluga, qui n’est pas, à première vue, la bête la plus attendrissante ou la plus majestueuse, se positionne également en haut du classement car sa capacité à tisser des relations sociales au-delà de son cercle familial nous est très familière.

Est-il juste de vouloir sauver prioritairement ceux qui nous ressemblent? D’un point de vue éthique, ce raisonnement me paraît plus que discutable. D’un point de vue scientifique, l’argument ne me semble guère plus recevable. En effet, ce n’est pas parce qu’une espèce n’est pas attirante qu’elle ne joue pas un rôle fondamental dans l’écosystème qui l’abrite. 
Sans yeux, ni jambe, le ver de terre, par exemple, évoque plus une vie extraterrestre primitive, qu'un animal avec lequel un humain peut s'identifier. Pourtant, il est essentiel à la vie des sols.

Heureusement, la sauvegarde des espèces à fortes valeurs "émotionnelles" est loin d’être inutile. S’agissant d’animaux emblématiques, souvent de grande taille, ils ont besoin d'un espace vital très vaste. Au sein du WWF, nous nous mobilisons fortement pour ces espèces dites "parapluies" car en les protégeant, on protège en même temps l’ensemble des espèces qui partagent son habitat. Et nous ne perdons jamais de vue que la vie, sous toutes ses formes, est infiniment précieuse. Majestueuses ou bizarres, magnétiques ou repoussantes, soyeuses ou visqueuses, toutes les espèces doivent être préservées.

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