Forêt endommagée dans le Bassin du Congo

Encourager la durabilité dans la gestion des forêts du Bassin du Congo

Les forêts du Bassin du Congo sont essentielles à la régulation du climat mondial et à la protection de la biodiversité. Pour permettre une gestion durable des forêts de la région, le WWF travaille activement, avec la FAO, auprès de l’ensemble des parties prenantes pour permettre le développement de la foresterie durable, via le mécanisme de REDD+ (Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts)dans les pays du Bassin.

Les forêts du Bassin du Congo, réserves de biodiversité

Des forêts luxuriantes 

Le Bassin du Congo abrite environ 10 000 espèces de plantes tropicales dont 30% sont uniques à la région.

Lorsque l'on parle des forêts du Bassin du Congo, nous faisons référence, selon la Banque Mondiale, à six pays d’Afrique Centrale : le Cameroun, la République Centrafricaine, la République du Congo, la Guinée Equatoriale, le Gabon et la République démocratique du Congo.

Les forêts du Bassin du Congo représentent le deuxième massif forestier tropical du monde après le bassin amazonien. Ses forêts denses et humides couvrent environ 200 millions d’hectares, dont plus de la moitié se trouvent en RDC. Cette région présente une variété de paysages et d’écosystèmes variés, passant des rivières aux marécages, de la savane aux forêts inondées. Elle accueille de nombreuses espèces emblématiques et parfois menacées, comme les gorilles de plaine, les éléphants de forêt ou les bonobos. Ce territoire est également le refuge de quelque 400 espèces de mammifères, 1 000 espèces d’oiseaux et 700 espèces de poissons.

Malheureusement, la déforestation, causée par l’augmentation de la demande en bois de chauffage et en charbon de bois, et la multiplication des plantations de palmiers à huile et autres exploitations agricoles commerciales, constitue une menace croissante pour les forêts et rivières de la région.

Famille de gorilles dans le Parc national de Bukima (RDC)

Protéger les forêts grâce au mécanisme de REDD+

En matière de durabilité forestière, l’OFAC (Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale) constate que sur les 24 millions d’hectares de forêts aménagées dans le bassin du Congo, seulement 5,5 millions d’hectares sont certifiés FSC (Forest Stewardship Council).

L’exploitation forestière industrielle se fait à travers les concessions allouées par les gouvernements locaux au secteur privé. A ce jour, dans le Bassin du Congo, environ 50 millions d’hectares de forêts sont concédés pour la production forestière. A cette exploitation s’ajoutent des surfaces concédées et exploitées par les populations locales dans le cadre de la foresterie communautaire.

Le lien intrinsèque entre forêts et climat a conduit certains pays (RDC, Congo, Cameroun) à s’engager dans le processus REDD+ (Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts). Le mécanisme REDD+ est une initiative internationale visant à lutter contre le changement climatique provoqué par la destruction des forêts et reposant sur des incitations financières (les crédits REDD) permettant aux PED d’intégrer la protection de l’environnement dans leurs stratégies de développement. Il offre aux pays du Bassin du Congo des motivations pour protéger, gérer et utiliser de façon durable leurs ressources forestières, tout en participant à la lutte contre le changement climatique.

Ces pays ont déjà élaboré et appliqué la plupart des procédures préliminaires, règles et pratiques du mécanisme de REDD+. Il faut désormais mieux comprendre les chaînes de valeur de la foresterie dans ces pays, pour identifier les stratégies et les lieux d’intervention en leur sein, qui permettront de rendre l’ensemble de la filière plus durable.

Travaux d'étude dans le cadre du mécanisme REDD+ (Congo)

L’évaluation de la chaîne de valeur de la foresterie durable dans les pays REDD+ du Bassin du Congo

Si les pays se dotent de bonnes réglementations et de bonnes institutions pour mettre ces réglementations en œuvre, la rentabilité et la durabilité peuvent être garanties.

Avec la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), le WWF étudie et dresse un profil de chaque pays de la région et des spécificités de sa chaîne de valeur forestière durable, c’est à dire de l’ensemble des activités de production et des arrangements institutionnels qui favorisent le développement des produits bois issus des forêts gérées durablement.

Puisque le WWF et la FAO constatent l’absence de progression du secteur de la foresterie durable dans le Bassin du Congo depuis quelques années, ils ont développé un projet permettant d’évaluer l’ensemble de la chaîne de valeur et d’identifier les freins qui empêchent la foresterie durable de sortir de cette situation de statu quo. Pour cela, ils mènent une analyse fine pour comprendre comment les gains sont générés et la façon dont ils se distribuent le long de la chaîne de valeur, ils recensent les goulots d’étranglements (faiblesses dans le processus qui pénalisent son développement) ainsi que les points de levier susceptibles de relancer le secteur de la foresterie durable.

Le WWF a déjà organisé des ateliers de consultation des parties prenantes dans les trois pays concernés qui ont permis de faire ressortir plusieurs éléments clés comme le rôle central des institutions dont l’efficacité est déterminante pour assurer le développement du secteur de la foresterie durable. Nous espérons que ce cadre d’analyse permettra de faire repartir le secteur de la foresterie durable dans la Bassin du Congo.

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