Un kit de survie pour les fêtes

Le réveillon approche, voici venu le temps des retrouvailles autour d’un bon repas. Mais aussi incontournable que le sapin ou la bûche, voilà que l’éternel débat sur la vacuité de l’écologie s’invite à table. Pas de panique, on vous a concocté un kit de survie sur mesure pour affûter vos arguments et faire taire les idées reçues.

« La viande, c’est la santé ! »

Les apports nutritionnels de la viande, dont les protéines, sont présents dans la plupart des autres aliments : poisson, produits laitiers, légumes, céréales, etc. On peut donc réduire sa consommation de viande sans souffrir de carence et mieux choisir celle que l’on s’autorise à manger. Le climat, tout comme notre organisme, nous en sauront gré.

« C’est pas la voiture qui pollue le plus ! »

L’avion est le mode de transport qui émet le plus de CO2 par passager mais la voiture est le moyen de locomotion le plus utilisé, elle totalise plus de 50 % des émissions françaises du secteur des transports et 16% des émissions globales du territoire français, loin devant les autres modes de déplacement ! Pourtant, la moitié des trajets effectués en voiture concerne des trajets de moins de 5 kilomètres, une distance relativement courte qui pourrait, dans la plupart des cas, être parcourue à vélo ou en transports en commun…

« Les énergies renouvelables ne peuvent pas couvrir la totalité de nos besoins. »

Négawatt, l’AIE, l’ADEME ou encore le CIRED, tous les scénarios et études convergent. D'ici 20 ans, en combinant les énergies éolienne, hydraulique, solaire, biomasse on pourrait remplacer les énergies fossiles qui s'épuisent et produisent des gaz à effet de serre. On couvrirait ainsi la totalité des besoins énergétiques de la planète.
 

« Ce n’est pas la France qui émet le plus de C02 »

Certes, notre pays ne représente que 1% des émissions mondiales de CO2, tandis que 29% sont imputables à la Chine. Mais une bonne partie des émissions de la Chine provient de la fabrication de produits destinés à l’exportation… notamment dans l’Union Européenne, son premier partenaire commercial ! Si dans l'hexagone, les émissions produites sur le territoire national ont diminué de 30% depuis 1995, les émissions importées ont, elles, augmenté, de 78%.

« Ce n’est pas moi qui vais changer le cours des choses ! »

Chacun peut faire sa part et contribuer à son niveau à améliorer la situation en faisant évoluer son comportement. Mais il est vrai que compte tenu de l'urgence de la situation, les initiatives individuelles ne suffisent pas. Une étude récente montre, par exemple, que les changements de comportements individuels entraîneraient une baisse de 5 à 10% de l’empreinte carbone seulement. Pour plus d’impact, il faut aussi que les Etats et les entreprises agissent !

Forêt détruite dans la province de Riau, Sumatra (Indonésie)

Forêt détruite dans la province de Riau, Sumatra (Indonésie)

« Si la forêt amazonienne disparaît, je n’y suis pour rien moi ! »

L’Europe importe des matières premières, dont la production est à l’origine de la déforestation tropicale. C’est même le deuxième destructeur mondial de forêts tropicales, derrière la Chine, à cause de ses importations ! Chacun a donc une part de responsabilité dans la déforestation importée et les moyens d’agir, pour freiner le phénomène, notamment en changeant sa façon de consommer. 

« Si le panda disparaît, ça ne va pas bouleverser ma vie ! »

Le panda géant, comme le tigre, la baleine ou l’ours blanc, constitue ce que l’on appelle une espèce parapluie. L'étendue de son territoire est telle, que sa protection bénéficie à toute la faune et la flore alentour, soit à l’écosystème tout entier. Protéger ces espèces emblématiques c’est donc préserver la santé des écosystèmes naturels et garantir le maintien des services écologiques irremplaçables qu’ils nous offrent.

« Manger bio c’est trop cher ! »

A première vue, les produits de l’agriculture conventionnelle sont moins chers. Mais ce que ne dit pas l’étiquette, c’est tout ce que dépense la société pour réparer les dégâts environnementaux et sanitaires que cause leur production, notamment en ce qui concerne la pollution de l’eau. On appelle cela les externalités négatives. Au final, si l’on prend en compte ces coûts cachés, l’addition est beaucoup moins salée avec un approvisionnement bio. 

« L’écologie c’est un luxe pour bobos »

Justement, c’est tout le contraire ! Acheter responsable, c’est avant tout privilégier la qualité. Cela peut signifier acheter des produits plus chers, mais qui durent plus longtemps. Ca peut aussi vouloir dire se limiter à l’achat des produits dont on a réellement besoin. Acheter moins, acheter d’occasion, réparer… la sobriété est la meilleure alliée de votre porte-monnaie !

« Le progrès technologique sauvera la planète »

La technologie ne peut pas tout résoudre… Si l’innovation peut nous permettre de gagner en efficacité énergétique, elle ne suffira pas à compenser l’augmentation des usages et de la consommation énergétique, source de pollution importante ! Et si au lieu de s’attaquer aux symptômes en proposant des solutions technologiques hasardeuses avec de potentiels effets collatéraux, on essayait plutôt de résoudre les causes profondes de la crise écologique ?