04. septembre 2015 — Communiqué de presse

Accord mondial sur le climat : les négociateurs doivent se retrousser les manches !

Les négociations onusiennes qui ont eu lieu cette semaine à Bonn ont avancé lentement en laissant de côté des sujets clefs à résoudre. Les gouvernements sont donc sous pression pour parvenir, d’ici la Conférence Paris Climat 2015 en décembre, à un nouvel accord climatique permettant de contenir la hausse du thermomètre mondial à 1,5°C.

Il ne reste plus que cinq jours officiels de négociations avant l’arrivée des chefs d’Etats et de gouvernements à Paris. Peu de temps donc, alors que le chemin reste encore long pour parvenir à un accord juste, ambitieux et permettant une transition dont le monde a besoin.

Tasneem Essop, chef de la délégation du WWF sur les négociations, « L’idée qu’il est vraiment, vraiment, temps de se mettre au travail fait consensus. Pour la prochaine session, les négociateurs devront être prêts à se retrousser les manches et à s’attaquer aux vraies questions. Lors de cette session de Bonn, nous avons vu quelques progrès en ce qui concerne la simplification des options qui doit faciliter les prochaines négociations vers un compromis. »

Plusieurs sujets restent encore sur la table :

  • L’action avant-2020 – De nouvelles propositions reprenant les attentes des pays sur ce sujet ont été présentées ; de même, plus de flexibilité semble possible dans la discussion pour parvenir à un compromis sur les sujets tels que l’adaptation ou la manière de relever l’ambition ;
  • Mécanisme de l’ambition – Alors que plusieurs pays ont échangé sur les façons de relever leurs engagements et les périodes pour le faire, il reste encore des points de désaccord et beaucoup de travail à fournir ;
  • Finance climat – Des points durs demeurent mais les positions sont présentées de façon plus claire et ciblée, ce qui devrait permettre aux ministres et décideurs de mieux avancer vers un accord à Paris ;
  •  Forêts (mécanisme REDD+) – Les pays ne sont pas encore parvenus à un consensus sur la possibilité d’intégrer ce sujet dans le nouvel accord ;
  •  Pertes et dommages – Les pays se sont entendus sur deux ou trois options qui constitueront la base d’une négociation plus ciblée lors de la prochaine session ;  
  •  Différenciation – Les options qui différencient les engagements entre les pays ont été clairement définies et ont donné lieu à des discussions assez franches ; cela a permis d’avancer un peu la négociation sur ce sujet clef.

Pierre Cannet, responsable du programme climat au WWF France, « Au-delà du rythme des négociations, ce sont les questions de fond qui doivent être au cœur des prochaines semaines. Comment accélérer l'action à court et moyen terme pour tenir la barre des 2*C et protéger les plus vulnérables ? On note bien quelques avancées sur des options phares. Au tour des co-présidents de les capter dans leur nouveau texte, tout en donnant plus de hauteur au débat. Pertes et dommages, adaptation, financement, urgence climatique : comment mettre en relation ces sujets dans le futur texte autour de la science et de l'équité ? Le texte doit aussi intégrer un mécanisme régulier et équitable pour relever l'ambition de réduction des émissions. D'autant plus que les intentions de contributions (iNDCs) sont loin d'être au niveau. Le futur texte réussira-t-il à relever ces défis ? »