28. septembre 2015 — Communiqué de presse

Assemblée générale des Nations Unies - annonces sur le climat et adoption de l'Agenda 2030 pour le développement durable

A sa sortie du déjeuner qui a réuni une trentaine de chefs d’État autour du climat, François Hollande a insisté sur le besoin de parvenir à Paris à un accord "qui engage" et qui prévoit, tous les cinq ans, d'évaluer et de mesurer ce qui a été fait, ou pas, pour tenir la limite de hausse de la température mondiale à 2°C.

Selon Pierre Cannet, responsable du programme climat au WWF France, « Si le WWF salue cet appel du Président de la République pour la mise en place de cycles de 5 ans, il reste encore beaucoup à faire sur la structuration et l'ambition de ce mécanisme qui conditionnera la robustesse de l'accord de Paris. Le WWF souhaite que ce mécanisme permette une évaluation des contributions des pays au regard de la science et de l'équité et permette, en conséquence, une revue à la hausse de ces engagements et l'identification de moyens pour les relever avec plus de collaboration entre les pays.

Les annonces de la journée n'ont pas donné de réponses à la hauteur de l'urgence d'agir vers la COP21, pourtant souvent rappelée dans les discours. La France, qui a annoncé qu'elle mobiliserait 4 milliards d’euros de financements additionnels à partir de 2020, n'a pas précisé la part qui serait consacrée à l'adaptation et la réduction des émissions, ni la forme de cette aide (dons ou prêts). Or c'est bien maintenant qu'il s'agit de construire une trajectoire vers 100 milliards de dollars, avec des engagements précis et concrets. »

Communiqué du WWF suite à l’adoption de l’Agenda 2030 pour le développement durable

Alors que se clôture le Sommet spécial sur le développement durable organisé par les Nations Unies à New York, avec une nouvelle et solide feuille de route pour la survie de la Planète et de l’humanité, les dirigeants du monde entier doivent maintenant se concentrer sur la mise en application de cette vision. Le travail qui reste à accomplir est clair mais loin d’être simple : les dirigeants doivent revenir dans leur pays en prenant les mesures fiscales, réglementaires, juridiques et institutionnelles nécessaires et consacrer les 15 prochaines années à compléter et renforcer cet agenda.

Selon Yolanda Kakabadsé, présidente internationale du WWF, « C’est bien dans les prochains mois, que les pays devront réfléchir à la manière dont ils pourront atteindre ces objectifs et penser des jalons et des indicateurs pour assurer le suivi de leurs efforts. Il s’agit bien d’une course dont nous pouvons enfin voir la ligne d’arrivée. Mais pour la passer d’ici 15 ans, nous avons besoin de coureurs sur la ligne de départ ! »

Chaque pays doit développer des indicateurs nationaux et des programmes de mise en œuvre à travers des plans de développement nationaux. En mars, les pays auront la lourde tâche de s’accorder sur la mise en place d’indicateurs qui permettront aux Nations Unies de mesurer, chaque année, les progrès réalisés au niveau mondial.

« La mise en place de ces indicateurs implique de trouver un juste équilibre entre ce qui est réalisable et ce qui relève clairement de progrès vers l’atteinte de ces objectifs holistiques. Pour mettre un terme à la faim, il pourrait par exemple être tentant pour un pays d’utiliser un indicateur tel que les tonnes de nourriture produite : cette donnée est plus ou moins disponible et les statistiques sont faciles à mesurer. Mais s’il s’agit de l’unique indicateur, cela pourrait affaiblir les interactions construites entre tous les objectifs de développement durable, en n’intégrant pas vraiment l’état des sols, la diversité génétique, ou les systèmes hydriques nécessaires pour une production à long terme de nourriture ni des enjeux tels que les conditions de travail, les accès à la terre et les prix de marchés qui influencent aussi la sécurité alimentaire. » souligne Yolanda Kakabadsé.

A court terme, pour avancer vers ces nouveaux objectifs mondiaux, il est capital de parvenir à un accord climatique à Paris en décembre 2015. Cet accord mondial devra être robuste et s’appuyer sur la science pour réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre. 

« Nous ne pouvons pas garantir la sécurité économique sans la sécurité alimentaire ni l’accès à l’eau. Et nous n’aurons rien de cela si nous ne luttons pas contre le changement climatique. » rappelle Yolanda Kakabadsé.

Avec des objectifs solides sur la protection des océans, l’eau potable et les forêts dans l’Agenda 2030 pour le développement durable, lutter contre le changement climatique doit être la grande priorité pour protéger la planète et l’humanité. Les dirigeants doivent parvenir à un accord climatique aussi juste et ambitieux que celui qui vient d’être conclu sur le développement durable. 

Selon Samantha Smith, directrice de l'initiative mondiale Climat et Énergie au WWF, « En intégrant la menace du changement climatique dans les différents objectifs de l’Agenda 2030, l’action climatique devient un élément moteur du développement durable. Les gouvernements doivent maintenant porter l’élan de l’accord sur le développement durable vers les négociations sur le climat de Paris Climat 2015 (COP21). »

Les mesures climatiques comprises dans l’Agenda 2030 intègrent les appels pour une augmentation conséquente de l’utilisation des énergies renouvelables et un développement de l’efficacité énergétique. Le texte indique également que les pays développés ont la responsabilité de soutenir les pays vulnérables face aux impacts du changement climatique et mobiliser 100 milliards de dollars d’ici 2020 pour aider les pays en voie de développement à réduire leurs émissions et s’adapter.