16. janvier 2016 — Communiqué de presse

Commerce illégal d’ivoire et de cornes de rhinocéros : la CITES appelle à maintenir la pression

Le Comité permanent de la Convention sur le Commerce International des Espèces de faune et flore sauvages menacées d’extinction (CITES) réuni à Genève depuis lundi vient de conclure sa 66ème session. Pour mettre un terme au braconnage qui décime chaque année des milliers d’éléphants et de rhinocéros, il appelle le Mozambique, la Tanzanie et le Vietnam à prendre des actions urgentes pour lutter contre le commerce illégal d’ivoire et de cornes de rhinocéros. Le Comité demande également à ce que des sanctions soient prises à l’encontre de l’Angola, du Laos et du Nigéria, trois pays particulièrement impliqués dans ce commerce.

Stock d'ivoire dans une boutique, Hong-Kong

Selon Carlos Drews, Directeur du Programme sur les Espèces au WWF, « Cette semaine, le Comité permanent de la CITES a pris des décisions difficiles mais nécessaires pour lutter contre le commerce illégal d’ivoire et de cornes de rhinocéros. Des progrès considérables ont été réalisés par de nombreux pays au cours de ces dernières années, mais le Mozambique, la Tanzanie et le Vietnam sont loin d’en faire assez ».

  • Mozambique et Tanzanie : ces deux pays ayant chacun perdu plus de la moitié de leurs éléphants depuis 2009 doivent prendre des mesures énergiques pour lutter contre le commerce illégal d’ivoire avant la prochaine réunion en septembre.
    Le Mozambique, en particulier, a été prié d’appliquer sa nouvelle loi sur la vie sauvage, en souffrance depuis 18 mois, permettant ainsi aux gros trafiquants de continuer à agir en toute impunité et remettant en cause les promesses présidentielles concernant la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages. Le pays devra également faire part de ses progrès en matière de mise en œuvre de son plan d’actions pour sauver les rhinocéros. En l’absence d’améliorations suffisantes, le pays sera sanctionné.
     
  • Vietnam : le pays, plus grand consommateur de cornes de rhinocéros, est tenu de faire preuve de davantage d’engagement pour éradiquer le commerce illégal et faire rapport de ses progrès en la matière.
     
  • Angola, Laos et Nigéria : le Comité permanent a appelé à ce que ces pays fassent l’objet de sanctions relatives au commerce des espèces inscrites à la CITES pour ne pas avoir soumis leur rapport sur les progrès de la mise en œuvre du plan d’action national CITES sur l’ivoire.

 
Selon Colman O Criodain, Analyste du Commerce des Espèces Sauvages au WWF « Le WWF soutient la demande du Comité d’agir sur Zanzibar. Nous demandons depuis longtemps que le territoire soit couvert par les règles de la CITES comme le reste de la TanzanieZanzibar est devenu une plaque tournante du trafic non seulement pour l’ivoire mais aussi pour les bois précieux – et cela continuera ainsi jusqu’à ce qu’il soit soumis à la règlementation CITES. »
 
D’autres sujets clés ont été au cœur des discussions. Le commerce illégal de bois, notamment dont la majeure partie passe par Zanzibar, provient de Madagascar : ce pays a été appelé à mener un inventaire de ses stocks d’ébène et de bois de rose – dont la plupart infiltre le commerce illégal. De nombreuses autres mesures ont été approuvées sur le poisson totoaba, les tigres, les grands singes et les pangolins. Enfin, la CITES a aussi pris des mesures pour s’attaquer au blanchiment des animaux prélevés dans la nature ou élevés en captivité.