09. septembre 2015 — Communiqué de presse

Lancement de la COP21 : le WWF appelle François Hollande à un « choc de mesures en faveur du climat »

A la veille du lancement officiel de la Conférence Paris Climat 2015 par la France, qui en assurera la présidence en décembre prochain, le WWF appelle le président de la République à impulser des mesures fortes pour faire face au péril climatique au niveau mondial.

Alors que 58 pays sur 195 ont à ce jour remis leurs copies en matière de lutte contre le changement climatique, les études démontrent que nous ne sommes pas dans les clous d’une limitation à 2°C de hausse de la température moyenne mondiale. A ce constat s’ajoute une zone d’ombre sur l’ambition des pays pour la mobilisation de contributions financières. Tout l’enjeu est donc de savoir comment la COP21 saura répondre à ce retard de l’action face à l’urgence climatique.

L’accord que les pays adopteront à Paris sera-t-il suffisamment robuste pour maintenir le thermomètre mondial bien en-dessous de la barre des 2°C tout en protégeant les plus vulnérables ? C’est bien cette question qui doit être au cœur des prochaines semaines de discussions, où la France a un vrai rôle à jouer.

Au titre de future présidente de la COP21, c’est une lourde responsabilité qui incombe à la France qui doit à la fois contribuer activement à la construction d’un agenda climatique mondial et démontrer son exemplarité en termes de transition énergétique et d’appuis financiers. Cela passe notamment par l’arrêt total de ses soutiens publics au charbon à l’étranger.

La France peut impulser au niveau mondial un choc de mesures articulé autour de trois priorités pour l’accord de Paris :

  1. Mettre à profit les cinq ans à venir pour répondre à l’urgence climatique sans attendre l’entrée en vigueur de l’accord à travers des mesures concrètes et un espace mondial de collaboration. Le WWF a identifié des leviers d’actions : l’accélération du déploiement des énergies renouvelables, le renforcement des mesures d’efficacité énergétique, la lutte contre la déforestation et la dégradation des terres.
  2. Construire un mécanisme régulier et équitable pour revoir à la hausse les efforts des pays dans la lutte contre le changement climatique. Articulé autour de périodes de cinq ans, celui-ci devra à la fois agréger et apprécier individuellement les contributions des pays, estimer le retard pris dans l’action au regard de la science, identifier les leviers et moyens supplémentaires.
  3. Fixer une trajectoire claire et précise pour atteindre 100 milliards de dollars de soutiens financiers sur le climat d’ici 2020. Au vu de l’ampleur des impacts du dérèglement climatique, c’est un montant plus important que les pays devront mettre sur la table au-delà de 2020 qu’il s’agira aussi de préciser à Paris.

La France doit mettre à profit ses réseaux et son leadership pour tirer le jeu diplomatique vers le haut plutôt que d’aller vers un consensus mou à la COP21.