12. décembre 2015 — Communiqué de presse

Les gouvernements ont posé les bases d’une action ambitieuse de lutte contre le changement climatique

Les gouvernements ont finalisé aujourd'hui un accord  universel sur le climat. Cet accord pose les fondations d’une action sur le long terme pour lutter contre le changement climatique, mais il en faudra davantage pour sécuriser un cap qui nous permettra de maintenir les températures à 1,5°C. Ce nouvel accord devra être renforcé de façon continue et les gouvernements devront, dès leur retour, agir à tous les niveaux pour réduire leurs émissions, financer la transition énergétique et protéger les plus vulnérables. La conférence de Paris a été l’occasion  d’annonces et d’engagements de la part des gouvernements, des collectivités et du monde économique. Ceci démontre que le monde est prêt pour entrer dans un nouveau modèle fondé sur des énergies propres.

Conférence des Nations-Unis

Dès leur arrivée, les gouvernements ont été portés par l’élan des 180 contributions nationales. Cette dynamique a été confortée par les discours éloquents de plus de 150 chefs d’Etat et les mobilisations sans précédent de centaines de milliers de citoyens appelant, partout dans le monde, à agir face au changement climatique. Après deux semaines de négociations, les gouvernements sont parvenus à un accord représentant des avancées sur le long terme. Cet accord nécessitera toutefois d’être amélioré et complété de façon urgente par des actions de court terme qui permettront d’accélérer le mouvement et de maintenir l’espoir d’atteindre l’objectif d’une limitation de la hausse des températures à 1,5°C. Le financement de l’adaptation, des pertes et dommages ainsi que l’amplification des réductions d’émissions devront en outre être les chantiers prioritaires de l’après-Paris.

 

Alors que l’accord ne prendra effet qu’en 2020, la science nous rappelle que les pics d’émissions doivent avoir lieu avant cette date butoir pour ensuite décliner rapidement si nous voulons atteindre notre objectif commun. Les contributions actuelles nous permettent d’effectuer la moitié du chemin laissant toutefois un écart de 12 à 16 gigatonnes d’émissions pour lesquelles il nous faut encore trouver des solutions.

 

Tasneem Essop, cheffe de la délégation WWF pour la COP21:

 

“Grâce à l’accord de Paris, nous avons franchi une étape importante mais ce n’est pas suffisant. Nous devons, à présent, travailler au renforcement des ambitions nationales amorcées par cet accord. Nous avons besoin de rapides et nouveaux efforts de la part des gouvernements, collectivités, entreprises et citoyens pour nous assurer de réductions d’émissions plus conséquentes, et du soutien des transitions énergétiques des pays en développement ou encore de la protection des plus pauvres et des plus vulnérables. Les pays doivent revenir l’an prochain avec la volonté d’appliquer et de renforcer les engagements qu’ils ont fait ici à Paris.”

 

Samantha Smith, Directrice du programme global Climat et Energie du WWF :

 

“Nous vivons aujourd’hui un moment historique. Nous assistons à l’amorce d’une transition générale vers les énergies renouvelables, au moment même où nous sommes les témoins des impacts irréversibles du changement climatique. Les négociations mais également les engagements de différents acteurs ont envoyé un signal fort : l’ère des énergies fossiles arrive à sa fin. Alors que les impacts climatiques sont de plus en plus conséquents dans le monde entier, nous devons nous saisir de cet élan et nous diriger vers une nouvelle ère d’actions coopératives entre pays, en associant chacun des acteurs de la société”.

 

Yolanda Kakabadse, Présidente du WWF International:

 

“Les négociations de Paris sur le climat ont fait bien plus qu’aboutir à un accord. Elles ont permis de galvaniser l’ensemble de la communauté internationale vers une action collective d’une toute autre dimension pour contrer le problème climatique. Alors que les discussions sur un accord battaient leur plein, plus de   1 000 collectivités s’engageaient à atteindre les 100 % d’énergies renouvelables, l’ambitieux plan de développement des énergies renouvelables en Afrique voyait le jour, et l’Inde annonçait l’Alliance Solaire Internationale intégrant plus de 100 pays pour développer l’accès à l’énergie et faire face au changement climatique. C’est exactement ce genre d’actions collectives dont nous avons besoin pour rapidement prolonger l’accord de Paris.”

 

L’accord de Paris devait être juste, ambitieux et permettre la transition énergétique. Les résultats sur ces sujets sont en demi-teinte pour le WWF :

 

  • Elaborer un plan pour rattraper le retard pris dans l’action en intégrant les financements et tout autre soutien pour accélérer l’action dès maintenant et avant 2020

 

​​L’accord intègre quelques éléments du mécanisme de l’ambition : des cycles de révisions tous les 5 ans, bilans réguliers des actions de réduction des émissions, financements, adaptation, et rendez-vous internationaux permettant aux gouvernements de revoir à la hausse leurs actions. Cependant, l’ambition n’est pas encore à la hauteur des enjeux. La responsabilité principale des Etats  consistera à prendre rapidement des mesures et à les revoir à la hausse. Acteurs du monde économique et citoyens devront également poursuivre leurs actions de coopération et maintenir la pression sur les gouvernements.

 

  • Apporter un soutien aux pays vulnérables pour limiter le changement climatique et faire face à ses impacts

  

​L’intégration d’un objectif mondial pour l’adaptation ainsi que l’inscription distincte des pertes et dommages sont des progrès importants dans cet accord. Cela a pris du temps de mettre en avant la situation et l’importance de protéger les plus vulnérables face au changement climatique.

 

  • Etablir un objectif clair pour 2050 passer des énergies fossiles eaux énergies renouvelables ainsi qu’à l’utilisation durable des terres

 

​En incluant un objectif à long-terme allant bien en dessous des 2° C avec une référence à 1,5°C, les gouvernements envoient un signal fort attestant de leur engagement à s’aligner sur la science. De plus, la reconnaissance de la réduction des émissions et l’intégration d’un objectif quantifié de 2030 gigatonnes devra servir de base pour la révision des contributions nationales post-2020.
 
2018 est la date choisie par l’accord pour faire revenir les états à la table des négociations, faire le bilan des efforts accomplis pour atteindre les objectifs fixés par l’accord. Ce nouveau rendez-vous devra également aboutir au renforcement et à l’amélioration des actions mises en oeuvre en matière de réduction des émissions, de financement et d’adaptation.
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​L’accord de Paris a permis de grands progrès en reconnaissant, dans un article unique, que les pays avaient le devoir d’agir pour stopper la déforestation ainsi que la dégradation des terres et améliorer leur utilisation. L’accord prévoit également un système guidant le secteur de l’utilisation de terre sur le plan comptable. 
 
Cependant, les soutiens financiers pour réduire les émissions et la dégradation des forêts auraient pu être plus forts.