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14. novembre 2022 — Communiqué de presse

Les gouvernements se réunissent au Panama pour décider du sort des espèces sauvages menacées par le braconnage, l'exploitation illégale des forêts et le commerce non durable

Des arbres aux requins - les décisions prises pour lutter contre le commerce illégal et non durable des animaux et des plantes sauvages lors de la CdP19 de la CITES, peuvent façonner l'avenir de plusieurs espèces menacées d'extinction.

Un requin marteau (Sphyrna mokarran) dans les eaux des Bahamas.

10 novembre 2022, Panama City

Cette conférence des Parties de la CITES, est une bonne occasion pour l’UE de réaffirmer ses engagements en matière de lutte contre le trafic d’espèces sauvages.

Stéphane Ringuet

Alors que les décideurs mondiaux en matière de conservation se réunissent la semaine prochaine à Panama City pour la 19e session de la Conférence des Parties (CoP19) de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), le WWF appelle les délégués à prendre une série de mesures audacieuses pour s'attaquer au commerce illégal et non durable des espèces sauvages et contribuer à inverser les tendances qui entraînent l’érosion de la biodiversité mondiale.
 
Alors qu'une grande partie des espèces sauvages emblématiques de la planète est menacée par le braconnage, l'exploitation forestière illégale et le commerce non durable, la prochaine conférence de la CITES au Panama, est l'occasion pour les gouvernements de prendre des décisions audacieuses, pas seulement sur le papier, pour s'assurer que les réglementations commerciales convenues lors de la conférence se traduisent par des changements tangibles pour de nombreuses espèces importantes sur les plans culturel et économique”, a déclaré le Dr Margaret Kinnaird, responsable mondiale des espèces sauvages au WWF.

En tant qu’importateur et exportateur majeur d’espèces sauvages, et parce qu’elle est identifiée sur les itinéraires du commerce illégal d'espèces sauvages, l’Union européenne et ses Etats membres ont un rôle clé à jouer dans ces négociations. Pas plus tard que jeudi dernier, la Commission européenne a publié une révision du plan d'action de lutte contre le trafic d’espèces sauvage de l’UE. C’est une étape importante, même si le WWF restera vigilant à la mise en place d’un mécanisme de suivi à venir et à la mobilisation des moyens nécessaires pour sa bonne application. En attendant, cette conférence des Parties de la CITES, est une bonne occasion pour l’UE de réaffirmer ses engagements en matière de lutte contre le trafic d’espèces sauvages”, rappelle Stéphane Ringuet, responsable du programme Commerce Espèces Sauvages au WWF France.

Au cours des deux semaines que durera le sommet, les États membres examineront plus de 170 documents relatifs au commerce mondial des espèces sauvages. La réunion de cette année est un moment décisif pour plusieurs espèces menacées, avec des propositions de révision des réglementations sur les arbres, les requins et les raies, les tigres, les tortues marines, les plantes médicinales, les bois de rose et d'autres espèces de bois. De nombreuses espèces nouvelles sont proposées pour être ajoutées aux annexes de la CITES régissant leur commerce, notamment un certain nombre d’espèces d'arbres, de requins, de concombres de mer, ainsi que la plante médicinale Rhodiola, ou racine dorée. Les experts du WWF suivront chacune des propositions, ainsi que les discussions autour de ces questions cruciales :

Les arbres

Le WWF demandera l'adoption de propositions visant à ajouter cinq groupes d'espèces d'arbres à la liste des espèces commercialisées qui sont réglementées afin de garantir qu'elles sont commercialisées de manière légale et durable (Annexe II) : Ipé et Cumaru d'Amérique latine ; Padouk, Afzelias et des acajous d’Afrique.

Espèces marines

Le WWF soutient l'ajout de nombreuses nouvelles espèces de requins et de raies à l'Annexe II, notamment les familles de requins-marteaux et requiem, ainsi que la famille de raies-guitare. L'inscription de ces trois familles à l'annexe II permettra de faire entrer la quasi-totalité des espèces de requins et de raies, faisant l'objet d'un commerce international, dans le cadre de la réglementation de la CITES. Cela permettra d'améliorer la mise en œuvre de la conservation et les efforts de lutte contre la fraude. Le WWF soutient également l'appel à un plus grand engagement pour réduire la demande de tortues marines par le biais de politiques, de législations et d'une application de la loi plus fortes, guidées par des analyses médico-légales et d'ADN. Le WWF soutient également l'ajout de trois espèces de concombres de mer du genre Thelenota à l'annexe II.

Grands félins

Le WWF demande des mesures plus strictes pour lutter contre le commerce illégal des grands félins, y compris les guépards et les tigres. Dans ce dernier cas, nous demandons instamment aux Parties de définir des mesures spécifiques limitées dans le temps pour les pays les plus impliqués dans le commerce, afin d'inclure des contrôles accrus des élevages de tigres. Un rapport TRAFFIC publié au début du mois, a révélé que la saisie de tigres et parties de tigres, équivalait à une moyenne de 150 tigres par an, pendant près de 23 ans, réalisée par les autorités du monde entier. Les saisies effectuées au cours du premier semestre 2022, témoignent de l’acharnement réalisé sur les tigres restants. Le WWF soutient également fermement les décisions relatives aux jaguars, appelant à un engagement accru des parties prenantes et à une collaboration entre les principaux acteurs impliqués dans leur conservation. Le WWF appelle également à un système de surveillance à long terme de l'abattage et du commerce illégal des jaguars, qui devient une menace croissante.

Des mesures plus fortes pour freiner le commerce illégal

Alors que plusieurs espèces sont déjà inscrites aux Annexes, le WWF estime que des actions plus fortes sont nécessaires pour protéger les tortues marines, les pangolins, les rhinocéros, les anguilles et les esturgeons. Le WWF soutient également le maintien des interdictions d'exportation existantes sur les espèces d'arbres critiques, notamment les ébènes, les bois de rose et les palissandres de Madagascar.

Intégration de la dimension de genre et soutien à l'équité et à la représentation des peuples autochtones et communautés locales (PACL)

D'importantes questions transversales, notamment la nécessité d'aborder les questions liées au genre dans le commerce des espèces sauvages, doivent également être discutées. Le WWF soutient fermement un document proposé pour l'élaboration d'un plan d'action pour l'égalité entre les sexes pour la Convention, ainsi que deux documents visant à renforcer la participation des PACL aux questions liées à la Convention.


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