22. novembre 2016 — Communiqué de presse

[Tribune] COP22 : de plus en plus d’engagements pour un monde neutre en carbone

La COP22 a fermé ses portes ce week-end à Marrakech. La première leçon à en tirer est que le monde y a réussi son premier test de résistance face à l’effet Trump. En effet, le nouveau président climato-sceptique a annoncé dans son programme vouloir retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris. Même s’il n’a pas réitéré cette volonté depuis son élection, il fait peu de doute que la nouvelle administration américaine sera très nettement moins engagée que la précédente sur ces sujets. Dans ce contexte, les discours des chefs d’Etat et de gouvernement étaient très attendus.

Tous, sans exception, ont confirmé leur soutien à l’accord de Paris. Ce scénario n’était pas gagné d’avance. On aurait en effet pu imaginer que la Chine ou l’Inde, par exemple, annoncent que si les Etats-Unis se retiraient, ils ne joueraient plus le jeu de l’action collective. Mais cet « effet domino » ne s’est pas produit. C’est au contraire une forme de digue que les Etats du monde ont souhaité instaurer à Marrakech pour contenir l’énergie négative suscitée par l’élection d’un président climato-septique. La Chine a ainsi réaffirmé officiellement son engagement dans l’accord de Paris.

Cette résistance est aussi venue des entreprises. 360 d’entre elles, américaines ou présentes sur le marché américain, ont signé un appel demandant que l’accord de Paris soit appliqué. C’est un signe important qui montre que de plus en plus d’entreprises considèrent qu’elles ont intérêt à une action plus ambitieuse contre le dérèglement climatique, qu’un monde à 4 ou 5 degrés de réchauffement n’est pas un monde où la prospérité est possible, y compris la leur.

La grammaire de l’action climatique s’aligne sur les objectifs de l’accord de Paris

Sur le plan de la bataille autour du climat, la COP 22 est donc un signal de plus vers l’irréversibilité de la mise en œuvre de l’accord de Paris. Mais, on le sait, les engagements actuels pris par les Etats, les villes ou les entreprises ne sont pas encore suffisants pour respecter l’objectif de ne pas dépasser les 1,5 à 2 degrés de réchauffement. C’est pour cela que de nouveaux engagements étaient attendus à Marrakech. Plusieurs pays ont annoncé leur plan vers la neutralité carbone en 2050 comme l’Allemagne ou le Mexique. Et 48 pays dont les plus vulnérables aux chocs climatiques ont annoncé se fixer un horizon de 100 % d’énergies renouvelables à atteindre le plus rapidement possible. Enfin, 200 entreprises ont annoncé qu’elles se fixaient une trajectoire d’émissions compatibles avec le respect des 2 degrés. Soit presque 100 de plus que lors de la COP21 il y a un an.

Autant d’engagements qui montrent que peu à peu la grammaire de l’action climatique s’aligne sur les objectifs de l’accord de Paris et sur notre « nouvelle frontière » collective, à savoir inventer un monde neutre en carbone dans la deuxième moitié du siècle. Un défi de civilisation que nous n’avons pas le droit de rater.
Pascal Canfin, directeur général du WWF France