Mangrove Morondava à Madagascar.

Les mangroves

Forêt dans la mer, écosystème tropical, interface entre la terre et l’eau, puits de carbone… La mangrove est un écosystème végétal difficile à définir. La raison : sa particularité. En quelques minutes, nous vous expliquons les bénéfices de cette forêt maritime et ses particularités.

Dessine-moi une mangrove

On pourrait définir la mangrove comme un ensemble de végétation se développant dans la zone entre marées et régions littorales. Cette végétation est composée principalement de palétuviers : des arbres et arbustes capables de s’adapter à une vie en eau saumâtre (mélange d’eau douce et d’eau de mer), peu profonde.

Il existe différents types de mangroves :

  • Mangroves côtières et mobiles
  • Mangroves estuariennes et fixes (fleuves)
  • Mangroves de récifs coralliens

Sa particularité réside principalement dans les conditions très singulières dans lesquelles elle se développe. La mangrove affectionne les eaux riches en sel, pauvres en oxygène avec un substrat mou et instable, et une alternance entre inondation et exondation due aux mouvements des marées.

Du fait de ses spécificités de conditions de vie, la mangrove a déployé une végétation très particulière qui a développé des mécanismes physiologiques pour s’adapter et survivre.

Les mangroves régulent le taux de sel de leur milieu marin en l’extractant des feuilles ou par dilution de leur sève. Côté germination, les mangroves développent un embryon directement sur l’arbre. Quand la graine germée tombe dans la terre, elle s’enracine immédiatement. Si elle tombe dans l’eau, elle sera alors capable de flotter jusqu’à ce que son poids soit suffisamment important pour finalement couler et s’enraciner.

La biodiversité au sein des mangroves

Du fait des conditions de vie et de développement au sein des mangroves, seulement une soixantaine d’espèces végétales parviennent à se développer en leur sein. C’est pour autant un milieu très riche en nutriments minéraux et organiques issus de la décomposition des feuilles, qui nourrit une flore bactérienne et fongique à la base de la chaîne alimentaire.

On retrouve également plancton, algues, mollusques, crustacés et poissons ainsi que d’autres espèces non inféodés aux mangroves comme les serpents, les lézards, les tortues, les loutres, les crocodiles et une diversité incroyable d’oiseaux venus s’alimenter dans les vasières.

Le pouvoir des mangroves

« Les mangroves jouent un rôle essentiel dans la résilience des écosystèmes face au changement climatique et dans la stabilisation des zones côtières. »

Photo de Daniel Vallauri

Les mangroves représentent un écosystème végétal riche. Telle une nurserie, la mangrove alimente les espèces végétales et animales qui l’habitent notamment les larves. Mais surtout, la mangrove est un rempart et une véritable protection vivante contre les aléas. Avec ses racines et ses feuilles, elle devient un refuge contre les prédateurs, un support pour les invertébrés, un frein contre l’érosion des côtes et un rempart contre les mouvements et l’énergie des vagues et des vents. La mangrove peut ainsi atténuer, voire empêcher, un tsunami d’atteindre les côtes.

Mangroves récemment plantées entre Viti Levu, près de Pacific Harbour, et Serua Island (Fidji)
Jeunes pousses de mangroves (Madagascar)
Champ de mangroves restaurées par des villageois malgaches (Madagascar)

Un écosystème riche et fragile

C'est la baisse de superficie (en hectares) de la mangrove entre 1990 et 2020 à travers le monde.

Dans les régions tropicales, la mangrove couvre près de 75% des côtes. Selon les estimations, elle s’étend sur une superficie entre 14 à 23 millions d’hectares à travers le monde. En 2020, la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) alerte sur la diminution de 1,04 million d’hectares de sa superficie entre 1990 et 2020.

En cause, la pression démographique et l’industrialisation. Il y a quelques décennies, des hectares de mangroves ont été détruits. Elles étaient en effet considérées comme insalubres et porteuses de maladies comme la malaria, du fait du fort taux de bactéries et microbes (pourtant essentiels) qui s’y développent. Ces dernières ont été également largement exploitées à l’époque coloniale pour leur bois et sont aujourd’hui défraîchies au profit de terres agricoles ou encore d’infrastructures.

La mangrove est un écosystème riche en biodiversité, véritable rempart et nurserie. Elle est toutefois fragilisée et victime des activités humaines.