Khaya Grandifiola (Meliaceae) géant dans les montagnes de Rwenzori

Financer durablement le Parc national du Rwenzori

Fondé en 1991 à la frontière entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC), le Parc national des Montagnes du Rwenzori est un écosystème unique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994. Véritable château d’eau pour deux millions de personnes qui vivent dans la région, il est aujourd’hui menacé par les pressions croissantes qu’il subit.

Un espace à la biodiversité unique indispensable aux populations locales

Un endémisme exceptionnel

Le Parc national des Montagnes du Rwenzori comptabilise pas moins de 12 espèces endémiques de mammifères dont le léopard de Rwenzori, le céphalophe rouge et le caméléon de Jackson.

Juché à 5109 mètres d’altitude, cet écosystème fait partie de l’ensemble plus large des Virunga. Caractérisé par ses milieux très divers, le Parc national des Montagnes du Rwenzori abrite de nombreuses espèces comme le chimpanzé, le céphalophe rouge, l’éléphant des forêts ou le léopard du Rwenzori.

Sur ces 995 km² de superficie, on recense des forêts afromontanes, des pelouses afro-alpines, des zones humides, des glaciers ou encore 25 espèces endémiques de plantes et 18 espèces endémiques d’oiseaux. Au-delà de cette biodiversité unique, le parc fournit des services écosystémiques indispensables aux habitants de la région. Deux millions de personnes, ainsi que de nombreuses entreprises, sont directement dépendantes de cette région qui sert de château d’eau grâce à son glacier et aux rivières qui y prennent leur source.

Le Parc national des Montagnes du Rwenzori commence également à devenir peu à peu une destination touristique. Cette activité peine cependant à se développer ; le manque de communication en fait en définitive un site relativement méconnu malgré la richesse de sa biodiversité.

Un parc sous pression

Un accroissement rapide de la population !

Dans les localités autour du parc le taux de croissance de la population est de 5% par an.

L’accroissement rapide de la pression démographique dans la région menace dangereusement les services écosystémiques rendus par le parc. Pour faire face à leurs besoins croissants, les plus de 805 000 habitants de la zone environnante doivent étendre la surface des terres cultivables, s’approvisionner d’avantage en bois de chauffe et en sources de protéines. Malheureusement, pour ce faire, les populations ont recours à des pratiques non durables qui détériorent les sols et les écosystèmes locaux.

Ainsi, déboisements, défriches-brûlis et cultures en forte pente à proximité des cours d’eau entraînent une instabilité des berges pouvant entraîner des dégâts importants lors des crues et une érosion des sols, rendant ces derniers imperméables à l’eau de pluie et donc moins fertiles. De surcroît, la sédimentation des cours d’eau augmente et les services hydrologiques rendus par le parc (qualité et quantité d’eau disponibles) se dégradent. Premières impactées : les entreprises hydro-électriques en aval qui utilisent ces eaux pour leur production.

Le changement climatique perturbe également ces services hydrologiques, en réduisant les capacités de stockage hydrique des montagnes et en causant une irrégularité du débit des rivières prenant leur source en haute altitude. Face à cela, le parc connaît à de graves difficultés financières. Il manque ainsi cruellement de moyens pour remplir son objectif de conservation de la biodiversité et des services écosystémiques. En 2013, le déficit du parc s’élevait à 60%.  

L'action du WWF

La vraie innovation dans ce projet c'est l'idée de mobiliser le secteur privé. On va chercher l'argent des entreprises pour faire changer les pratiques des agriculteurs, c'est du jamais-vu !

Présent depuis plus de 35 ans en Ouganda, le WWF a pour objectif de mettre en place des mécanismes de financements durables pour le parc, dans une logique partenariale. Pour cela, nous mobilisons notamment des entreprises locales au travers de levées de fond et de campagnes de sensibilisation afin de pallier les difficultés économiques du parc.

Dans ce cadre, nous soutenons un projet de révision des textes de loi et de sensibilisation des décideurs sur les paiements pour services environnementaux (PSE). Nous participons d’ailleurs activement à l’élaboration et à la mise en œuvre concrète d’un dispositif pilote de paiement pour services hydrologiques (PSE Eau) dans la région du parc. Ce projet vise, par l’injection de fonds par des entreprises locales, à faire évoluer les pratiques agricoles dans la région afin qu’elles soient plus durables et qu’elles ne détériorent plus la qualité de l’eau des rivières, dont dépendent justement les entreprises.

Conscient que le tourisme communautaire et l’identification de nouveaux produits touristiques adaptés au parc sont nécessaires à son développement, le WWF participe également au réaménagement du site pour attirer plus de personnes. Ainsi, des projets d’habituation des chimpanzés et de réhabilitation des sentiers de randonnée du parc sont en passe d’être mis en place.

Enfin, le WWF participe à l’élaboration d’un grand plan de communication autour du parc. Celui-ci comprend notamment des vidéos, des visites presse, des événements ainsi que des conférences, afin de faire connaître le parc et l’intérêt environnemental qu’il représente.
A terme, nous estimons que 6 000 foyers autour du parc verront leurs revenus augmenter et que 600 agriculteurs bénéficieront du dispositif pilote de paiement pour services hydrologiques mis en place. Pour financer ce dernier, 50 000 euros devraient être injectés par le secteur privé.

Ensemble, agissons

Pour mieux répondre à l'urgence écologique, le WWF France oeuvre à la protection et la résilience des paysages forestiers.
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