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24. avril 2020 — Communiqué de presse

Commerce illégal d'espèces sauvages : le WWF France appelle le secteur français de la logistique et du transport à se mobiliser face à ce fléau

Le commerce illégal d’espèces sauvages, quatrième activité criminelle la plus lucrative au monde, exploite les liaisons commerciales légales pour déplacer frauduleusement ses marchandises à travers les continents. Or, ce trafic n’est à ce jour pas suffisamment connu et pris en compte par le secteur français de la logistique et du transport, pourtant en première ligne. Voici le constat du rapport « Break the Chain », publié aujourd’hui par le WWF France, qui appelle à une mobilisation renforcée du secteur en formulant des propositions d’actions et des recommandations concrètes. 

Chaque année, des centaines de milliers d’animaux et de végétaux qui ont échappé à tout contrôle sanitaire sont illégalement vendus à travers le monde, accélérant ainsi le déclin de nombreuses espèces sauvages menacées et mettant en péril le bien-être et la santé des populations humaines, comme le rappelle tragiquement la pandémie du COVID-19.

Ce commerce, orchestré par des réseaux criminels, exploite largement les itinéraires de transport de passagers et de marchandises existants. Face à ce constat, le WWF France a ainsi mené un travail de consultation du secteur français du transport de passagers ou de fret afin d’identifier les mesures adoptées par ses parties prenantes pour y faire face et de formuler des propositions d’action.

Saisie d'ivoire par des douaniers

Le secteur du transport et de la logistique face à une activité illégale insuffisamment connue

44% des saisies du commerce illégale d'espèces sauvages entre 2006 et 2017 ont eu lieu dans les aéroports français.

Un principal constat émerge de cette analyse : la problématique du commerce illégal d'espèces sauvages n’est pas suffisamment connue, et par conséquent intégrée, par le secteur français de la logistique et du transport. Pourtant, les entreprises de ce secteur sont en première ligne face à ce trafic et largement exposées aux risques sécuritaires, sanitaires, légaux et, par conséquent, économiques. À titre d’exemple, 44% des saisies rapportées par la France entre 2006 et 2017 ont eu lieu dans les aéroports français, en particulier à Paris-CDG.

De surcroît, la France est un important pays de transit, en particulier pour des espèces sauvages transportées depuis l’Afrique vers l’Asie, et est identifiée comme un point d’entrée majeur pour le commerce illégal d'espèces sauvages à destination de l’Union européenne. Chaque année, 570 constatations portant sur des espèces sauvages protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) sont en moyenne réalisées par la douane française depuis 2003, et entre 2006 et 2017, un tiers des saisies ayant transité par la France avaient l'UE pour destination finale.

Le WWF France appelle le secteur à se mobiliser contre le commerce illégal d'espèces sauvages

Il est temps de mettre un terme au commerce illégal d’espèces sauvages, qui produit d’irréversibles conséquences (...)

Mettre fin au commerce illégal d'espèces sauvages est essentiel pour la survie de nombreuses espèces ainsi que pour protéger le bien-être et la vie des Hommes. En se mobilisant davantage, le secteur de la logistique et du transport peut faire la différence dans cette lutte.

Intégrant déjà de nombreux mécanismes de prévention des risques (environnementaux, légaux, etc.) liés à leur activité et forts d’une importante culture de la sécurité, les acteurs de la logistique et du transport disposent de nombreux outils qui pourraient être adaptés aux spécificités du commerce illégal d'espèces sauvages.

C’est pourquoi, le WWF France les appelle à se mobiliser en questionnant leurs pratiques, en renforçant le partage d’informations et d’expériences, en sensibilisant leurs partenaires économiques, en formant leurs salariés ou encore en mobilisant le potentiel des technologies pour mieux détecter le trafic d'espèces sauvages.

« Chaque éléphant, chaque tigre, chaque pangolin, chaque perroquet braconné nous rappelle l’ampleur des pressions exercées par l’homme sur la biodiversité. Il est temps de mettre un terme au commerce illégal d’espèces sauvages, qui produit d’irréversibles conséquences et enrichit des réseaux criminels aux méthodes cruelles. Pour cela, nous devons unir nos forces, et le secteur du transport doit prendre ses responsabilités dans ce combat. »
Isabelle Autissier, Présidente du WWF France