17. octobre 2017 — Communiqué de presse

La barrière de corail du Belize : un joyau naturel qui génère 19 millions de dollars US par an

Un nouveau rapport publié par le WWF et des organisations partenaires révèle aujourd’hui à quel point l’économie du Belize est directement liée au tourisme généré par la barrière de corail du Belize. Le rapport Patrimoine naturel, richesse naturelle vise à souligner les ressources incroyables que le pays risque de perdre s’il ne protège pas ce site inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’UNESCO.

Plus de la moitié de la population du Belize - soit près de 190 000 personnes - vit de revenus générés grâce au tourisme lié au récif et à la pêche.

Abritant plus de 1 400 espèces, le récif de la barrière du Belize est l’un des écosystèmes les plus divers au monde, ce qui lui vaut d’être classé au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1996. Malheureusement, il est actuellement menacé par des dommages irréparables dus à une  destruction côtière et à l’absence d’un cadre régulatoire solide assurant sa protection.

Le rapport a mesuré les bénéfices du tourisme que génère la barrière de corail à travers l’évaluation de quatre de ses sept aires marines protégées : le Grand Trou bleu et le Monument naturel de Half Moon Caye, la réserve marine du Glover’s Reef Atoll et le Parc national de Laughing Caye. A elles seules, elles fournissent jusqu’à 19 millions de dollars US par an en bénéfices économiques tirés des activités de tourisme - une contribution socio-économique notable qui reflète seulement un fragment de la valeur socio-économique totale que la barrière de corail représente pour le Belize.
L’économie du Belize dépend en grande partie du tourisme depuis longtemps. En 2016, les Caraïbes ont attiré plus de 29 millions de touristes, en grande partie attirés par les plages et les récifs coralliens. Parmi les autres bénéfices apportés par le récif, il faut mentionner des systèmes écologiques très riches et variés, offrant une protection vitale contre les ouragans.

En juin 2017, le WWF a publié un tableau de bord évaluant les progrès du gouvernement du Belize dans la mise en œuvre des protections promises sur le site du récif de la barrière du Belize, site inscrit depuis 2009 sur la liste du patrimoine mondial en péril. A l’époque le bilan du tableau de bord était clair : le récif n’a pas reçu les protections nécessaires. En août 2017, le gouvernement du Belize a annoncé un moratoire d’une durée indéfinie sur l’exploration du pétrole en haute mer : une menace de moins pour la barrière du Belize. 

Vue aérienne du Parc national du Laughing Bird Caye, Bélize

Vue aérienne du Parc national du Laughing Bird Caye et de la barrière de corail mésoaméricaine, Belize

Quelques grands chiffres :

  • Jusqu’à 19 millions de dollars US : c’est le bénéfice annuel tiré des activités liées au tourisme que génère le récif de la barrière du Belize

  • Depuis 1998, 40% du récif du Belize a été endommagé par la surpêche, le ruissellement des activités agricoles et la mauvaise gestion des constructions sur la côte.

  • 5 000 hectares, soit plus de 6 500 terrains de football : c’est la surface de mangroves qui a disparu.

« L’annonce du gouvernement du Belize, en août 2017, d’un moratoire sur l’extraction de pétrole est un progrès encourageant. Cependant le récif est toujours en danger. Il est urgent de mettre en place à la fois une loi interdisant la vente des terres publiques relevant du site classé au patrimoine mondial, ainsi qu’une réglementation pour protéger ses mangroves. Ce rapport fournit un argument économique puissant qui vient appuyer l’argument écologique. La santé de notre récif est essentielle à notre futur - nous devons agir maintenant pour le protéger, ou nous risquons de le perdre pour toujours. »
Nadia Bood, spécialiste des récifs d’Amérique centrale

« La protection du récif de la barrière du Belize face aux menaces industrielles est essentielle pour le développement durable du Belize. Cela permettra au récif de sortir de la liste UNESCO des sites en péril et apportera des bénéfices de long terme pour les Beliziens. Sur le court terme, l’échec de la protection efficace des récifs met en péril le statut du site classé comme patrimoine mondial et a un impact négatif sur le tourisme. Sur le long terme, un endommagement irréversible du récif serait extrêmement préjudiciable à l’économie du Belize. »
Elena Khishchenko, Responsable des campagnes au WWF International