28. juin 2018 — Communiqué de presse

L’Unesco laisse dans l’incertitude le futur du parc national de Pirin

Une décision prise aujourd'hui par le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO réuni au Bahreïn pourrait laisser le parc de Pirin, haut lieu de la biodiversité en Europe, sous la menace de dommages irréversibles causés par la construction d'infrastructures de ski et l'exploitation de forêts séculaires.

Pirin, patrimoine mondial toujours en danger

Le parc de Pirin abrite 1300 espèces végétales, 45 mammifères et plus de 150 espèces d’oiseaux !

La décision adoptée par le Comité ne parvient pas à demander à la Bulgarie d'adopter une approche stratégique pour la protection du parc national de Pirin et supprime les mesures ambitieuses qui figuraient dans le projet de décision, considérablement affaibli par l’incessant lobbying du gouvernement bulgare.

Le texte initial du projet de décision demandait en effet à la Bulgarie de mettre en place une évaluation environnementale complète du nouveau plan de gestion du parc national de Pirin, conformément au droit bulgare et européen et à ses engagements internationaux.

"Les efforts de la Bulgarie pour amoindrir le projet de décision sont extrêmement décevants. C'est un triste témoignage de jusqu’où le gouvernement bulgare est prêt à aller pour protéger les intérêts de quelques-uns au détriment du patrimoine bulgare. La décision prise aujourd'hui n'est clairement pas assez ambitieuse pour faire en sorte que Pirin reste le site immaculé qu'il a été pendant des siècles. Il est décevant de constater que 18 ans après que les ONG aient lancé la première alerte sur les menaces pesant sur Pirin, l'avenir de ce site remarquable reste encore incertain." Katerina Rakovska, responsable des aires protégées au WWF Bulgarie

Mobilisons-nous pour protéger le parc !

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983, le parc national de Pirin abrite plus de 1300 espèces végétales, 45 mammifères et plus de 150 espèces d’oiseaux, parmi lesquels des espèces rares et emblématiques, telles que l’ours brun, le loup gris et l’aigle pomarin, ainsi que le pin Baikushev, le plus vieux de Bulgarie. La valeur économique du parc est estimée à 69 millions d’euros, soit l'équivalent du revenu annuel de près de 10 000 ménages bulgares.

“Des citoyens à travers la Bulgarie et le monde entier ont fait entendre leur voix pour protéger Pirin. Il est grand temps que le gouvernement bulgare prenne des mesures fortes pour assurer un avenir durable à ce site unique du patrimoine mondial. Nous continuerons notre combat pour protéger Pirin au niveau européen et également à travers les systèmes judiciaires bulgares et européens” ajoute Katerina Rakovska.

À ce jour, plus de 125 000 personnes à travers le monde entier ont signé la pétition du WWF appelant le Premier ministre bulgare, Boyko Borisov, à revoir le projet de plan de gestion pour assurer la protection du parc national de Pirin.
 

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