Manchots empereurs (Aptenodytes forsteri), Mer de Ross (Antarctique)
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14. novembre 2016

Création d’une aire maritime protégée en Antarctique

A la faveur d’un accord « historique » en novembre 2016, la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique décidait de créer une vaste aire marine protégée dans la mer de Ross, l’une des rares zones sauvages demeurée intacte !

Un écosystème encore indemne

En 2015, la pêche de krill était estimée à 225 000 tonnes

 

La mer de Ross accueille un tiers de la population mondiale des pingouins d'Adélie, un quart de tous les manchots empereurs, un tiers de tous les pétrels d'Antarctique et plus de la moitié de tous les phoques du Weddell Pacifique-Sud. Si elle est considérée comme le dernier écosystème marin intact de la planète, la menace est proche car depuis peu, l’extrême sud n’est plus épargné. On y trouve désormais des polluants persistants et des particules de plastique. Plusieurs espèces de manchots sont classées comme quasi menacées, tandis que leur nourriture principale, le krill, est elle-même à la fois victime du réchauffement climatique et de la convoitise des pêcheurs. Enfin, la légine, dont il existe deux espèces dans les profondeurs des eaux froides, est très à la mode dans les restaurants chics de New York et Tokyo surtout. Vendu 40 euros le Kilo, cet or blanc suscite le braconnage.

L'Antarctique du point de vue d'un manchot

Préserver le paradis des glaces

Dès 2012, au sein d'une coalition de seize ONG, baptisée « The Antarctic Ocean Alliance », le WWF plaide en faveur de la sanctuarisation de la mer de Ross.

Afin de préserver l’Antarctique, qui, au-delà d’héberger de nombreux animaux fait office de régulateur climatique, le WWF mène des actions de suivi sur le terrain. En Terre Adélie, dans le cadre d’une étude scientifique, des manchots ont notamment été équipés de caméras miniatures permettant de recueillir des images inédites, informations vitales pour assurer la survie de ces animaux.

L’objectif ? Obtenir l’interdiction de la pêche intensive qui, à mesure que les stocks de poissons diminuent ailleurs, ne cesse d’augmenter dans cette baie profonde de l'océan austral qui borde le continent Antarctique.

Carte de répartition des Aires Marines Protégées en Antarctique

Carte de répartition des Aires Marines Protégées en Antarctique

Une avancée majeure pour la protection de la vie sauvage en Antarctique

Parmi la surface de la mer de Ross 1,12 million de kilomètres carrés sont totalement protégés, tout prélèvement, la pêche notamment, y est interdit.

Lors de sa réunion annuelle à Hobart, en Australie, un consensus a été trouvé entre les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR). Après cinq ans de négociations, les Etats viennent de voter en faveur de la création d’une très vaste aire maritime protégée (AMP) dans la mer de Ross. Proposée par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, elle couvre 1,57 million de kilomètres carrés (l’équivalent de la surface de la France, de l’Allemagne et de l’Espagne). Cet accord est d'une importance cruciale, non seulement pour protéger l'abondante biodiversité, mais également pour contribuer à développer la résilience de l'océan face au changement climatique. La CCAMLR n’est cependant pas parvenue à trouver un consensus sur le deuxième projet majeur d’AMP (aire marine protégée) discuté. Porté par la France et l’Australie, il couvre un million de km² dans l’est de l’Antarctique.