Back
04. July 2019

Et au milieu coule la rivière Luangwa

La Zambie renonce au projet d’un gigantesque barrage hydroélectrique. Le fleuve Luangwa reprend son souffle !

Un paradis pour la faune sauvage

Longue de 1100 km, la rivière Luangwa compte parmi les derniers fleuves naturels intacts d’Afrique Australe.

Sauvage, libre. Voici la rivière Luangwa. Longue de 1100 km, elle compte parmi les derniers fleuves naturels intacts d’Afrique Australe. Approvisionnant 25 chefferies en eau et en nourriture, le cours d’eau est une véritable bouée de sauvetage pour les communautés locales. Ressource indispensable, le Luangwa abrite aussi une faune diversifiée. Hippopotames, éléphants, rhinocéros noirs réintroduits depuis peu dans la région mais aussi zèbres, lions, léopards ou encore girafes de Thornicroft, espèce endémique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Tout ce petit monde cohabite au cœur de de l’un des plus grands sanctuaires naturels d’Afrique. Mais depuis quelques temps, une ombre plane. Celle d’un immense barrage hydroélectrique qui sonnerait le glas de cet équilibre précaire.

Les défenseurs du projet plaident pour un progrès inéluctable, la construction permettant d’alimenter des milliers de personnes en électricité. Mais elle fragmenterait le fleuve, mettant en péril l’avenir de la faune, des stocks de poissons d’eau douce, de l’agriculture et du tourisme dont les communautés ont foncièrement besoin…

La rivière Luangwa en Zambie, au Parc National Luangwa Sud

La rivière Luangwa située en Zambie, longue de 1100 km, abrite une faune diversifiée.

Protéger l’eau douce

Le WWF combat les projets d’aménagement qui nuisent à l’environnement et la pollution des écosystèmes d’eau douce.

Depuis des millénaires, les fleuves et les lacs constituent des artères vitales pour les hommes. Ils nettoient l’eau, transportent les sédiments, régulent les inondations. Bref, ils contribuent à l'équilibre de la nature.  Pourtant, au cours des 40 dernières années, plus de la moitié des eaux naturelles mondiales ont été détruites. Face à la canalisation des fleuves, à « l’assainissement » des zones humides, au bétonnage des rives de lacs, aux déversements d’engrais, de pesticides et d’eaux usées, aux accidents industriels et aux prélèvements abusifs pour la production d’électricité et l’irrigation, le WWF se mobilise. Parce que l’eau constitue une priorité absolue, le WWF combat les projets d’aménagement qui nuisent à l’environnement et la pollution des écosystèmes d’eau douce. Il s’engage pour la revitalisation des cours d’eau et des plans d’eau et lutte pour la sauvegarde des derniers cours d’eau naturels.

En 2018, nous lançons #ProtectWater pour demander à la Commission Européenne de maintenir une législation forte sur l’eau. 375 386 personnes répondent à l’appel en participant massivement à la consultation publique de l’UE !

Le barrage ne se fera pas !

A la suite d’une série de consultations publiques, le gouvernement a tranché en faveur de la biodiversité.

La Zambie vient de l’annoncer. Le gigantesque barrage hydraulique qui devait être construit en travers de son fleuve Luangwa ne verra pas le jour ! C’est un grand soulagement pour les populations riveraines et la faune locale… A la suite d’une série de consultations publiques, le gouvernement a tranché en faveur de la biodiversité. Annulant l’étude de faisabilité, il a mis un terme au projet. Une décision salutaire à laquelle le WWF n’est peut-être pas totalement étranger.

En effet, l’ONG et ses partenaires ont lancé l’année dernière une vaste campagne exhortant les pouvoirs publics à doter le fleuve d’une protection juridique pour le mettre à l’abri de toute activité humaine néfaste pour lui : construction de barrages bien sûr mais aussi agriculture intensive pouvant altérer la qualité de ses eaux ou projet d’aménagement routier susceptible de générer une déforestation importante à ses abords. En tout, près de 200 000 personnes ont signé notre pétition.

Le chef Luembe du peuple Nsenga a tenu à remercier le gouvernement d’avoir bloqué la construction du barrage car il aurait perturbé les déplacements de la faune dans la vallée. Or, cette dernière est un atout fondamental pour développer le tourisme dans la région. De notre côté, nous sommes prêts à aider la Zambie à élaborer un plan énergétique pour satisfaire ses besoins sans sacrifier ses rivières. Le solaire et l’éolien pourraient notamment être développés le long de l'escarpement de Muchinga, permettant de fournir une quantité d’électricité équivalente à l’hydraulique mais en causant moins de dommages environnementaux.
 

Tous les Effet Panda