Portrait de Singye Wangmo, chef de la patrouille du Royal Manas National Park en train de scruter avec ses jumelles, Gelephu, Bhoutan
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10. mars 2017

Le Bhoutan se dote d’un nouvel arsenal au service de la vie sauvage

Zéro braconnage, une meilleure cohabitation entre les hommes et les animaux et une protection renforcée pour ses tigres, voilà ce à quoi le royaume du Bhoutan vient de s’engager !

Hotspot de biodiversité

Le Bhoutan s’est engagé à devenir le « premier pays au monde à vivre d’une agriculture 100 % biologique.

Petit pays de l’Himalaya oriental, le Bhoutan abrite une faune et une flore aussi riches que contrastées. C’est l’un des dix « hotspot » de la biodiversité mondiale.
A l’heure actuelle, 51% du pays est protégé en parcs nationaux et le Bhoutan s’est engagé, non seulement à devenir le « premier pays au monde à vivre d’une agriculture 100 % biologique » mais aussi, dans un objectif de neutralité carbone, à ne pas émettre plus de dioxyde de carbone que sa couverture végétale n'en absorbe.

Mais malgré cette politique environnementale particulièrement volontariste, la biodiversité du Bhoutan est menacée.
Ses espèces emblématiques sont braconnées pour alimenter un trafic illégal de plus en plus lucratif, quand elles ne sont pas tuées en représailles par les agriculteurs dont elles ont saccagé les champs ou attaqué les troupeaux d’élevage pour se nourrir…

Le Bhoutan est l’un des dix « hotspot » de la biodiversité mondiale

Protéger les espèces et les espaces

Le WWF et l'Union Internationale pour la conservation de la nature (UICN) créent dès le réseau de surveillance du commerce de la faune et de flore sauvages connu sous le nom de TRAFFIC. 

Depuis 1961, le WWF protège le règne animal. Face à la recrudescence du braconnage, le WWF et l'Union Internationale pour la conservation de la nature (UICN) créent dès 1976 le réseau de surveillance du commerce de la faune et de flore sauvages connu sous le nom de TRAFFIC. Sa mission est de s'assurer que le commerce d'espèces sauvages ne menace pas la conservation de la nature.

Considérant que la création des conditions d’une cohabitation pacifique entre l'homme et l'animal est une question prioritaire pour tout travail de protection des espèces menacées, le WWF et ses partenaires mènent également des projets dans le monde entier pour réduire les conflits entre les hommes et les animaux et améliorer le quotidien des personnes concernées.

Cela passe notamment, par l'emploi de méthodes traditionnelles compensant les pertes subies (récoltes endommagées, prédation sur le bétail) ou le développement de nouvelles stratégies qui s’attaquent aux racines du conflit.

De nouvelles armes pour défendre la vie sauvage

L’objectif de ces nouveaux outils ? Mieux coordonner et mieux planifier les efforts de conservation au profit de la vie sauvage.

Désormais, le Bhoutan dispose d’une stratégie zéro braconnage, d’une stratégie SAFE (Human-Wildlife Conflict SAFE System Strategy) pour réduire les conflits entre les hommes et les animaux et d’un plan d’action pour la sauvegarde du tigre.
C’est le premier ministre du Bhoutan, Tshering Tobgay et la Présidente du WWF International, Yolanda Kakabadse, qui viennent de l’annoncer, en présence de nombreux partenaires et du WWF Asie Pacifique.

La stratégie zéro braconnage, totalement en adéquation avec l’objectif du WWF de réduire drastiquement la criminalité environnementale liée au trafic d’espèces, devrait permettre de renforcer les programmes de surveillance sur le terrain.

La stratégie SAFE (déjà mise en œuvre dans les provinces de Mongar, Wangdue, Trongsa et Zhemgang) entend garantir un environnement sécurisé à la fois pour les hommes et les animaux sauvages tout en prenant en compte la problématique de la sécurité alimentaire.

Le nouveau plan d’action, quant à lui, définit les actions prioritaires à mener entre 2017 et 2026 pour la sauvegarde du tigre. Basé sur une approche holistique, il englobe la protection des habitats du félin dans ses objectifs, y compris ceux qui ne se trouvent pas dans des aires protégées. Le WWF, qui a notamment aidé le gouvernement à identifier les zones prioritaires à préserver, salue ce nouveau pas du Bhoutan en faveur de la protection de la vie sauvage.