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29. July 2019

Le buffle nain s’éloigne de l’extinction

Le buffle Tamarau reprend du poil de la bête aux Philippines. Selon le dernier recensement, ses effectifs remonteraient doucement la pente…

Espèce phare de plus en plus rare

Dans les années 70, le Tamarau est inscrit dans la catégorie « en danger critique » sur la liste rouge de l'UICN.

Eden d'une prodigieuse biodiversité, l'archipel des Philippines abrite des milliers d'espèces animales et végétales, parmi lesquelles le buffle nain de Mindoro, véritable icône nationale. Plus frêle et surtout moins docile que son cousin des marécages, le buffle d’eau, on le reconnait à ses cornes très spécifiques en forme de V et à son pelage ébène. Il y a plus de 10 000 ans, le Tamarau était largement répandu sur l’île des Philippines. Mais le braconnage et la fragmentation de son habitat, lié à l’expansion agricole, a bien failli avoir raison de lui. Sans oublier, dans les années 1930, l'introduction de bovins non indigènes qui avait également provoqué une épizootie de peste bovine décimant l’espèce.

Aujourd’hui, cette dernière est confinée sur l’île de Mindoro. Tandis qu’elle comptait plusieurs milliers de spécimens au début du XXème siècle, en 1969, il n’en restait déjà plus qu’une centaine. Hautement menacé, le Tamarau est inscrit dans la catégorie « en danger critique » sur la Liste rouge de l'UICN, ainsi qu'en Annexe I de la CITES.

Le buffle Tamarau (Bubalus mindorensis) dans les Philippines.

On reconnait le buffle Tamarau (Bubalus mindorensis) à ses cornes très spécifiques en forme de V et à son pelage ébène.

Tamaraw X 2

Le WWF Philippine lance « Tams 2 » pour Tamaraw Times Two, un ambitieux programme de conservation visant à « doubler » le nombre de buffles nains d’ici 2020.

Pas question de laisser l’espèce s’éteindre peu à peu. Avec ses partenaires, le WWF Philippine riposte et lance « Tams 2 » pour Tamaraw Times Two. Un ambitieux programme de conservation visant à « doubler » le nombre de buffles nains d’ici 2020. Le Tamarau est traqué pour sa viande et reste un trophée de chasse convoité. Quand une espèce est rare, son prix sur le marché noir grimpe en flèche.

La priorité c’est donc de prévenir le braconnage. Actuellement, une patrouille de 30 gardes sillonne les forêts, concentrant son attention sur les 15 hectares d’une parcelle montagneuse considérée comme le cœur de l’habitat du Tamarau. En parallèle, nous organisons des rencontres avec les communautés riveraines pour les dissuader de manger l’animal et combattre l’idée reçue selon laquelle la chair des animaux sauvages aurait meilleur goût que celle des bêtes d’élevage. En parallèle, nous avons installé des caméras pour suivre les buffles afin de mieux comprendre leurs comportements et donc, de prendre les meilleures décisions en matière de conservation.

Un buffle d'eau aux Philippines (Bubalus bubalis)

Le buffle d'eau (Bubalus bubalis) est plus imposant et plus docile que son cousin, le buffle Tamarau (Bubalus mindorensis).

Pari tenu

Depuis 2015, les effectifs des buffles Tamarau ne cessent de grandir. En 2018, les buffles nains sont 523 et plus de 600 en 2019 !

Il y a quelques années, les experts tiraient la sonnette d’alarme. La population mondiale du Tamarau avait chuté drastiquement, elle ne comptait plus qu’une centaine de têtes. L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) avait classé l'espèce en danger critique d'extinction - le niveau de risque le plus élevé parmi toutes les espèces animales.

Trois décennies de protection plus tard, la population de Tamarau est à son plus haut niveau. En 2014, la première bonne nouvelle tombe. Une évaluation met en lumière une hausse du nombre de jeunes, preuve que l’espèce se reproduit bien dans la nature alors que la tentative d’élevage en captivité initiée en 1982 avait échoué. En 2015, un premier recensement dénombre 405 animaux dans les bois de Mindoro. Depuis, les effectifs ne cessent de grandir, petit à petit. En 2018, les buffles nains sont 523 et en 2019, ils sont plus de 600 ! Bubalus mindorensis est de retour.

Notre rêve est devenu réalité : avec un an d’avance, ensemble, nous sommes parvenus à doubler le nombre de buffles nains aux Philippines. L’espoir porte aujourd’hui des cornes.

Tous les Effet Panda

Troupeau de zèbres (Equus burchellii), dans la Réserve Nationale Masai Mara (Kenya)

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