Parc national de Pirin
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25. janvier 2019

Pirin 1 - Station de ski 0 !

La justice bulgare vient de trancher en faveur de la biodiversité. La Cour bloque les projets d’expansion des infrastructures de ski au sein du parc national de Pirin car ils sont illégaux !

Sa Majesté Pirin

C'est le nombre d'espaces végétales abritées par le Parc Pirin, première zone protégée de Bulgarie.

En hiver, le parc revêt son épais manteau blanc, les cascades se cristallisent et les empreintes silencieuses des animaux sauvages percent la neige. L’été, on se laisse bercer par le chant des oiseaux sifflant entre les sapins, le roulement de l’eau fraiche sur les galets et, si l’on a de la chance, on apercevra peut-être un chamois agile escalader les pentes calcaires.

Nous sommes au coeur du parc national de Pirin, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. La première zone protégée de Bulgarie abrite plus de 1300 espèces végétales, 45 mammifères et plus de 150 espèces d’oiseaux. L’ours brun, le loup gris, le cerf élaphe, la petite chouette boréale ou encore l’aigle royal y ont élu domicile…

Mais ce havre de paix est menacé. En janvier 2018, le WWF lance un cri d’alarme au travers de son rapport Slippery Slopes: Protecting Pirin from Unsustainable Ski Expansion and Logging : le parc national de Pirin a déjà subi des dommages irréversibles du fait de la construction et de l'expansion de la station de ski de Bansko qui, au passage, a eu, jusqu’à présent un impact économique mitigé. Pourtant, le concessionnaire de la zone touristique souhaite étendre le domaine skiable en empiétant encore un peu plus sur le parc national. Si à ce jour la station compte 70 km de pistes et 25 km de remontées, un projet d’expansion est envisagé pour parvenir à un complexe de 33 km de pistes et 113 km de remontées mécaniques !!

Chamois caché entre les branches d'arbres dans le Parc national de Pirin

Chamois caché entre les branches d'arbres dans le Parc national de Pirin.

Sauver notre héritage commun

114 des 229 sites naturels et mixtes inscrits au Patrimoine mondial sont menacés par des activités industrielles néfastes.

En avril 2016, le WWF lance une campagne mondiale, Ensemble, protégeons notre patrimoine commun, exhortant les gouvernements à proscrire toute activité industrielle pouvant avoir un impact négatif sur la valeur universelle des sites du patrimoine de l’UNESCO. Selon le rapport Protéger les hommes en préservant la nature qui en a donné le coup d’envoi, 114 des 229 sites naturels et mixtes inscrits au Patrimoine mondial sont menacés par des activités industrielles néfastes. Concessions pétrolière, minière ou gazière, surpêche, exploitation forestière illégale, surexploitation des ressources en eau, infrastructures de transport ou de tourisme : les menaces sont nombreuses. A ce jour, plus de 1,3 million de supporters se sont déjà mobilisés pour défendre à nos côtés des sites emblématiques particulièrement exposés : la réserve de Selous en Tanzanie, le parc national de Doñana en Espagne, le récif corallien du Bélize et bien-sûr, le parc national de Pirin en Bulgarie.

Plus de 125 000 personnes à travers le monde entier ont signé la pétition du WWF appelant le Premier ministre bulgare Boyko Borisov à revoir le projet de plan de gestion pour assurer la protection du parc national de Pirin.

Victoire pour le parc de Pirin

Avec les ONG de la coalition For the Nature, nous venons de remporter le dernier recours contre le projet du gouvernement bulgare d’étendre les constructions au sein du parc national de Pirin.

Avec les ONG de la coalition For the Nature, nous venons de remporter le dernier recours contre le projet du gouvernement bulgare d’étendre les constructions au sein du parc national de Pirin. Tandis que le gouvernement avait annoncé en décembre 2017 la modification du plan de gestion du parc afin d’autoriser l’extension du domaine skiable sur près la moitié de la zone protégée, la Cour administrative suprême de Bulgarie le somme aujourd’hui de renoncer à ses projets sans avoir mené au préalable une évaluation d’impact environnemental. Le tribunal s’est appuyé sur les articles de loi bulgares qui « autorisent uniquement l'entretien, et non la construction de nouvelles installations sportives dans les parcs nationaux ».

C’est évidemment un immense soulagement mais nous ne baissons pas la garde pour autant, conscient que de puissants intérêts financiers lorgnent déjà sur le territoire pour leurs projets touristiques. Nous gardons aussi à l’esprit que, juridiquement, le ministère dispose de deux semaines pour faire appel, alors soumis à un collège de cinq juges.

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Alpes et capucines, Italie

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