Plantation de soja sec dans l'Etat de Bahia au Brésil
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20. mai 2016

Soja : vers une interdiction définitive en Amazonie ?

La veille de son 10ème anniversaire, le moratoire sur le soja a été renouvelé pour une durée indéterminée... Pour la première fois, l’accord qui interdit l’achat, la commercialisation et le financement du soja issu du biome amazonien sur des zones déforestées a été signé sans qu’aucune date d’expiration ne soit mentionnée. Un premier pas vers une interdiction définitive…

Le soja, un arrière-goût de déforestation

En seulement 20 ans, la production mondiale de la graine de soja a été multipliée par deux, causant des dommages irréversibles.

Pour répondre à la demande mondiale de viande, les cultures de soja, nourriture de base pour nos volailles et nos porcs, ne cessent de s’étendre, grignotant chaque jour davantage les forêts tropicales. 

La culture intensive du soja détruit les forêts primaires de l’Amazonie, nous privant de services écologiques irremplaçables, pollue les eaux via l’utilisation de pesticides et d’engrais, favorise l’érosion des sols et menace la biodiversité. Sans parler des mauvaises conditions de travail, du non-respect des droits fonciers coutumiers ni même des conflits fonciers qu’elle implique…

Culture extensive de Soja OGM dans le Mato Grosso au Brésil

Pour une utilisation plus responsable du soja

85% de la production mondiale de soja est destinée à l'alimentation animale.

De manière générale, le WWF encourage la culture durable du soja et autres sources de protéines (lupin, féverole, colza, tournesol…) sur le territoire européen afin de les substituer aux importations massives de soja sans garanties environnementales.

De plus, nous participons à la mise en œuvre d’un système de certification, la RTRS (The Round Table on Responsible Soy), pour garantir au consommateur que le soja importé a été produit de façon responsable, sans générer de déforestation. Cette certification propose de plus un module sans OGM.

Récolte du soja au Brésil

Un grand pas

Le véritable défi à relever, c’est de parvenir à développer un mécanisme similaire dans la savane du Cerrado, qui demeure à la fois l’un des biomes les plus exposés à la menace du soja et l’écosystème le moins bien protégé par la loi.

Le moratoire sur le soja amazonien est entré en vigueur en 2006. Depuis cette date, il joue en faveur du ralentissement de la déforestation amazonienne car il interdit le commerce du soja issu des zones déboisées. Ainsi, le Brésil est par exemple parvenu à réduire considérablement la déforestation qui dépassait les 27.000 km² par an en 2004 pour atteindre 4.571 km² en 2012, l’année où la déforestation a été la plus faible. Mais ce qui réjouit le WWF aujourd’hui, c’est que le fameux moratoire a été renouvelé cette fois-ci sans date d’échéance, autrement dit, pour toujours. De ce fait, la prochaine étape pourrait bien être son inscription dans le code forestier brésilien.