Famille Baka près du village de Yenga, Cameroun

Préserver les forêts du bassin du Congo au service de la planète et des peuples autochtones

Les peuples autochtones Baka vivent dans les forêts primaires du bassin du Congo depuis des milliers d’années. Avec la destruction et le pillage des forêts, ce sont à la fois leurs moyens de subsistance et les éléments fondamentaux de leur culture qui disparaissent.

Œuvrant au quotidien pour construire un monde où les humains vivent en harmonie avec la nature, le WWF a initié plusieurs projets pour la préservation du bassin du Congo, deuxième massif forestier de la planète, mettant l’accent sur le respect des peuples autochtones et s’efforçant de les soutenir.
En effet, dans le cadre de ses projets de terrain et de ses multiples activités, le WWF suit des lignes directrices très strictes reposant sur la mise en œuvre des normes internationales de l’OIT concernant les peuples premiers.

Agir pour le dialogue entre communautés

Sans les Baka et leur connaissance fondamentale des forêts tropicales, les efforts du WWF pour la conservation des gorilles seraient vains. Pourtant, au sein du bassin du Congo, les Baka vivent dans des Etats marqués par de longues années de guerre civile et caractérisés par une insécurité chronique et d’importants problèmes sociaux.
Dans ce contexte difficile, les populations minoritaires comme les Baka sont parfois fragilisés politiquement, économiquement et socialement.

Le WWF a donc décidé de se mobiliser afin de promouvoir, à son échelle, le droit des peuples premiers tout en protégeant leur patrimoine naturel.
Dès 2012, le WWF créé un fonds Baka pour soutenir les populations se trouvant dans la région de Dzanga-Sangha. Il s’agit de leur permettre de protéger leur héritage culturel et leur patrimoine naturel mais aussi de défendre leurs droits.

Ce sont les jeunes et les anciens qui sont à l’origine du projet initial de ce fonds, l’idée étant de permettre aux aînés de transmettre les savoirs traditionnels à la nouvelle génération et de renforcer ainsi l’identité culturelle Baka. Le WWF contribue financièrement à ce projet à hauteur de 100 000 euros et a été à l’initiative de la création de la première communauté forestière autogérée par des Baka au Cameroun à proximité du parc national de Lobéké.

Dans le parc national de Lobéké, des zones dédiées à l’exploitation durable de produits forestiers tels que le miel, les champignons et les plantes médicinales, ont été créées et bénéficient aux populations Baka. Ce même type d'initiative est en cours de création pour les parcs de Boumba Bek, NKi et Campo-Ma’An.

Des écogardes contre le braconnage

Une énorme pression subsiste toutefois sur les forêts du bassin du Congo pour répondre à la demande croissante de la population, notamment urbaine, en viande de brousse. Les forêts en dehors des zones protégées ont été quasiment vidées, privant les Baka de leurs moyens de subsistance dans leurs zones de chasse traditionnelle.

Parallèlement, la pression des activités de chasse augmente sur les zones protégées. C’est la raison pour laquelle le WWF cherche à mettre en œuvre, en collaboration avec les populations locales, une gestion responsable de la chasse dans les zones tampons autour du projet à Dzanga-Sangha. Mais les actions d’éducation au respect de l’environnement et en faveur de l’acquisition de règles communautaires de gestion responsable de la chasse ne portent leurs fruits que lentement. Notamment à cause de braconniers sans scrupules qui vident les forêts pour alimenter le commerce illégal d'espèces sauvages, privant ainsi les populations de leurs moyens de subsistance.

Ainsi, afin de faire appliquer les lois concernant la protection des espèces et des ressources naturelles, le WWF soutient les écogardes de l’Etat. Cela peut être source de conflits, en particulier parce que les braconniers utilisent de plus en plus des Baka pour le braconnage d'éléphants. C’est pourquoi le WWF s’efforce de désamorcer les tensions par l’éducation à l’environnement, l’information des populations locales et la formation professionnelle des écogardes. Par ailleurs, le WWF travaille avec l’ensemble des populations autour des aires protégées pour développer des alternatives de subsistance pour les populations locales :

  • Amélioration de l’agriculture ;
  • Un élevage ou une aquaculture ciblée ;
  • Gestion durable des forêts ;
  • Le développement de l’écotourisme.