26. septembre 2018 — Communiqué de presse

Les pays méditerranéens lancent un nouveau plan d’action pour transformer la pêche artisanale

Les ministres de la pêche des pays de la Méditerranée et de la Mer noire ont officiellement lancé aujourd’hui avec la Commission européenne un plan d’action détaillé pour assurer un futur durable à la pêche artisanale et à l’environnement marin de cette région.

Un plan d'action pour une pêche plus durable

Ensemble, les autorités nationales du pourtour méditerranéen, les pêcheurs et les ONG ont présenté des solutions pour une pêche plus durable.

Le WWF salue ce plan et son engagement crucial visant à renforcer la participation des pêcheurs à la gestion des ressources marines, permettant enfin d’inverser la tendance après des décennies de surpêche et de mauvaise gestion.
L’adoption de ce “Plan d’action régional pour la pêche artisanale en Méditerranée et en mer Noire” clôture la Conférence de haut niveau sur la pêche artisanale en Méditerranée et en mer Noire, organisée par la CGPM (Commission générale des pêches et de la Méditerranée) et la FAO ces 25 et 26 septembre, avec la contribution de la Commission européenne, du gouvernement maltais et du WWF. A cette occasion, les autorités nationales, les pêcheurs et les ONG ont présenté des nouvelles solutions pour une gestion durable des activités de pêche dans l’une des régions les plus surexploitées au monde. 
 

Un pêcheur en Mer Méditerranée

La pêche artisanale est majoritairement polyvalente : elle fait appel à des techniques de pêche qui ont un faible impact sur l'écosystème marin.

Sauvegarder la pêche artisanale pour protéger l'environnement marin

80% des stocks de ressources halieutiques en Méditerranée sont victime de la surpêche.

La pêche artisanale a toujours eu un rôle socio-économique et culturel important pour la Méditerranée et la mer Noire. Elle représente encore aujourd’hui plus de 60% de sa flotte et génère environ 300 000 emplois. Des décennies de surpêche et de mauvaise gestion ont considérablement affecté les ressources marines de la Méditerranée, dont plus de 80% des stocks évalués sont actuellement surpêchés. Cela menace également le futur des petits pêcheurs et de leurs familles, dont les revenus et les moyens de subsistance sont impactés par la réduction des prises.

« L’épuisement dramatique des ressources halieutiques en Méditerranée et la crise qu’il engendre pour un secteur clé comme celui de la pêche est révélateur de l’échec de l’actuel système de gestion centralisé et descendant. Le WWF soutient la décision prise aujourd’hui d’inclure les petits pêcheurs dans le processus décisionnel et de développer des systèmes de gestion mieux adaptés aux besoins locaux et ainsi mieux mis en oeuvre. Le travail mené par le WWF avec les pêcheurs en Méditerranée a déjà montré que ce type de système représente la meilleure manière de valoriser les communautés côtières et de les engager pour la préservation de l’environnement marin. » Giuseppe Di Carlo, Directeur de l’Initiative Marine Méditerranéenne du WWF 

Ensemble, nous réussirons à préserver la santé des océans

Le WWF oeuvre avec toutes les parties prenantes concernées à transformer le secteur de la pêche.

Pour promouvoir davantage la mise en oeuvre de ce plan d’action, le WWF, la CGPM-FAO et d’autres organisations ont également lancé aujourd’hui la plateforme Friends of Small-Scale Fisheries, qui assurera la nécessaire collaboration entre les parties prenantes clé pour rendre le secteur de la petite pêche compétitif et durable. 

Le WWF, en partenariat avec la CGPM-FAO et d’autres organisations, dirige déjà la plus grande initiative sur la pêche artisanale, visant à augmenter ses capacités et développer des systèmes de co-gestion dans 21 sites sélectionnées en Espagne, France, Italie, Slovénie, Croatie, Grèce, Turquie, Tunisie et Algérie. Ensemble, ces neufs pays représentent plus de 60% du secteur de la pêche artisanale de la région. 

« Le WWF a entamé une transformation profonde de la pêche artisanale en Méditerranée, pour en faire un secteur réellement soutenable et prospère qui a tout intérêt à préserver la santé des océans. Nous avons besoin que les pêcheurs, les autorités, les ONG, les scientifiques et les communautés locales travaillent avec nous pour préserver ces ressources culturelles et économiques uniques et permettre à notre mer de prospérer à nouveau. », conclut Giuseppe Di Carlo.