Plan serré d'un bison d'Europe (Bison bonasus) dans la Forêt de Białowieża (Pologne)
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05. janvier 2018

Le grand retour du bison en Europe

Éteint à l’état sauvage, Bison bonasus a pu être réintroduit avec succès dans les forêts de Russie. L’espèce s’éloigne aujourd’hui de l’extinction. Récit d’une renaissance.

Une espèce éteinte à l'Etat sauvage

Le bison d’Europe (Bison bonasus) est légèrement moins impressionnant que son cousin d’outre-Atlantique, le Bison bison, mais il est quand même ce qu’on appelle un grand gabarit : 2 mètres au garrot pour 350 à 600 kg pour les femelles et 600 kg à une tonne pour les mâles.

Animal atypique rescapé des temps préhistoriques, le bison peuplait autrefois les forêts européennes. Mais à cause de l'expansion de l'agriculture, de vastes étendues de son habitat ont disparu et la répartition de ce mammifère emblématique s'est massivement restreinte dans nos contrées. Également persécutée par la chasse, l'espèce a finalement disparu à l'état sauvage en 1927.

Si durant les 50 dernières années, un large programme d’élevage et de réintroduction a été mis en place, (notamment dans la forêt de Bialowieza en Pologne), l'un des principaux problèmes est l'isolement des populations réintroduites. Les troupeaux sauvages actuels vivent éloignés les uns des autres dans de petits territoires et ne peuvent se rencontrer. Il en résulte des problèmes de consanguinité et une perte irréversible de la diversité génétique.

Bison d'Amérique (Bison bison) dans les plaines du Turtle Mount Buffalo Ranch, Réserve indienne de Fort Peck, Montana, États-Unis
Bison d'Europe (Bison bonasus) dans le Parc National Bialowieski en Pologne

Bison d'Amérique à gauche (Bison bison) / Bison d'Europe à droite (Bison bonasus)

Restaurer l’espèce dans son milieu d’origine

Aujourd’hui, la région compte quelques 600 individus répartis en sept groupes bien distincts.

Depuis 1996, le WWF Russie se mobilise pour restaurer une population viable de bisons et garantir la protection de l’espèce à long terme. Le principe est simple : des bisons élevés dans des réserves sont ensuite relâchés dans la nature après avoir passé quelques temps en semi-liberté, histoire de se réhabituer en douceur à la vie sauvage.

Entre 1999 et 2002, 60 animaux ont ainsi été relâchés dans les forêts de Russie, principalement dans les provinces d’Orel-Briansk-Kaluga et de Vladimir.

En 2008, le dispositif s’étend aux Carpates afin de protéger la vie sauvage de la région, l’une des plus riches d’Europe. En 2014, les premiers individus sont remis en liberté dans le site Natura 2000 des montagnes roumaines de Tarcu, qui s’étend sur 59 000 ha.
Puis, en 2015, un deuxième troupeau composé de 14 bisons est relâché.

A terme, le but sera d’établir un réseau de zones naturelles reliées entre elles par des corridors où l'écosystème naturel sera protégé.

17 bisons remis en liberté

Plus de 400 bisons sont nés dans le centre d’élevage d’Oksky depuis le début de l’opération et environ 250 animaux ont été relâchés dans la nature.

Après avoir traversé la Suède et la Finlande, un troupeau de 17 bisons vient tout juste de débarquer sur le sol russe, dans la réserve naturelle d’Oksy. Les animaux ont traversé la mer baltique sur un ferry et parcouru plus de 2000 kms. Après un tel périple, espérons qu’ils s’acclimatent rapidement à leur « nouveau chez eux ». Pour l’heure, ils sont installés dans un enclos qui reproduit le plus fidèlement possible les conditions de leur milieu naturel. Là, on surveille leur état de santé et on observe leurs réactions pour s’assurer qu’ils s’adaptent bien à ce nouvel environnement. Ensuite, tandis que la majorité restera dans le centre d’élevage, quelques animaux seront transférés vers le sanctuaire de Tumonsky dans le Caucase pour former le second groupe de la population sauvage de bison dans l’Ossétie du Nord.

Plus de 400 bisons sont nés dans le centre d’élevage d’Oksky depuis le début de l’opération et environ 250 animaux ont été relâchés dans la nature. De quoi se réjouir car, au-delà de l’aspect symbolique qu’incarne le retour d’une espèce aussi emblématique, l’animal joue également un rôle important dans la restauration de l’écosystème forestier car en se nourrissant de feuilles, de pousses et de fruits, il participe activement à la vie de la forêt.

La présence du bison devrait également renforcer l’attractivité de la région, profitant ainsi à l’économie locale.

Ensemble, agissons

Pour mieux répondre à l'urgence écologique, le WWF France oeuvre à la sauvegarde des espèces emblématiques menacées.
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