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24. juin 2021

Les îles Glorieuses à l’abri

L’archipel de l’océan Indien, situé dans le canal du Mozambique, au nord-ouest de Madagascar, troque son titre de simple parc marin, pour celui de réserve naturelle nationale, plus protecteur.

Un eden en sursi

Refuges pour la biodiversité, les îles Glorieuses sont pourtant lourdement menacées par les effets du changement climatique et par les activités humaines.

Existe-t-il encore aujourd’hui un lieu intact, vierge de toute civilisation où l’on se sent seul au monde? Apparemment oui. C’est au large de la Corne africaine, au gré des îles Éparses, que ce fantasme d’explorateur prend vie. Éparses, parce qu’éparpillées autour de Madagascar, elles sont cinq à encercler l’île malgache et répondent au nom d’Europa, Bassas da India, Juan de Nova, Tromelin et… les Glorieuses !  Archipels dans l’archipel, constituées de Grande Glorieuse au sud et de l’île du Lys, ces havres de paix disposent d’un patrimoine terrestre et marin remarquable !

Leurs alentours sont fréquentés par différentes espèces de dauphins ou de baleines à bec, par de grands cétacés migrateurs comme les baleines à bosse mais surtout par l’emblématique tortue verte dont 2 500 pontes sont enregistrées chaque année sur la Grande Glorieuse. Malheureusement, comme dans le reste du monde, de lourdes menaces pèsent sur la zone. Au cœur de l’océan, altérant profondément ses écosystèmes, les effets du changement climatique sont déjà à l'œuvre. A des phénomènes tels que l’acidification, le réchauffement, la désoxygénation ou encore la hausse du niveau de la mer, s’ajoutent les impacts des activités humaines comme le transport maritime, l’exploitation d’hydrocarbures ou encore la surpêche. 

Vue aérienne des îles Nosy Hara, archipel de Madagascar.

Les îles Glorieuses, 170èmes réserves naturelles nationales en France, sont éparpillées autour de Madagascar.

Pour une gestion concertée de l’espace maritime

C'est en octobre 2019, suite à un déplacement sur l'île de la Grande Glorieuse, qu'Emmanuel Macron s'est engagé à créer une réserve nationale au cœur des îles Glorieuses.

Les Aires Marines Protégées françaises ont des appellations multiples : parcs nationaux, parcs naturels marins, ou encore réserves naturelles. Depuis de longues années, le WWF soutient la création de ces sites. Ces aires naturelles préservent l’étonnante vie marine, garantissent la pérennité de la pêche, stimulent l’économie locale et permettent aux touristes de découvrir des trésors de biodiversité préservée. En octobre 2019, le président de la République s’est rendu sur l’île Grande Glorieuse accompagné de scientifiques français de renom. Notre présidente Isabelle Autissier faisait partie de la délégation et a pu plaider au nom du WWF pour la sanctuarisation de l’archipel afin de préserver sa faune et sa flore incomparables. Suite à ce déplacement, Emmanuel Macron s’est engagé à créer une réserve nationale au cœur des îles éparses.

En parallèle, avec nos partenaires du Consortium pour la conservation marine et côtière dans l’Océan Indien Occidental et le Secrétariat de la Convention de Nairobi, nous participons activement au processus de planification spatiale maritime, déjà en cours dans la région. Face à l’opportunité économique de l’exploitation des hydrocarbures dans la région, nous appelons à une gestion concertée qui prenne en compte les risques pesant sur la biodiversité et les services écosystémiques.

Rorqual à bosse sautant hors de l'eau Alaska
Une tortue verte (Chelonia mydas) en train de nager (Australie)
Deux dauphins

Baleines à bosse (Megaptera novaeangliae), tortues vertes ( Chelonia mydas) et différentes espèces de dauphins fréquentent les eaux des îles Glorieuses.

Le niveau de protection maximal

D'ici à 2022 la France a pour objectif de parvenir à protéger 30% des espaces terrestres et marins français et de placer 10% des aires protégées sous protection forte.

Le décret - longtemps attendu - classant les îles Glorieuses comme réserve naturelle nationale vient d’être publié en date du 10 juin 2021. La mise sous protection de l’archipel, véritable oasis de vie en plein océan indien, a été un peu laborieuse. Les premiers arrêtés préfectoraux visant à limiter les impacts sur les écosystèmes remontent à 1975. Mais il faut attendre 2012 pour que le parc naturel marin des Glorieuses soit créé par décret, faisant de lui le quatrième parc marin français et le deuxième de l’océan Indien. Sept ans plus tard, le président de la République prend l’engagement d’augmenter le niveau de protection de la zone et il aura fallu encore deux ans pour la publication du décret annonçant officiellement la création de la réserve nationale. Aujourd’hui, enfin, c’est chose faite. Une victoire pour les 33 espèces de cétacés recensées dans la zone, dont 23 espèces de baleines à dents et 10 espèces de baleines à fanons.

Au-delà de cette faune marine remarquable, l’enjeu écologique majeur des Glorieuses ce sont les 450 km² de coraux et d’herbiers marins abrités par ses eaux : ils forment des réservoirs d’une biodiversité qui se répercute sur toute cette région océanique. La création de cette réserve, la 170ème de France, est une concrétisation de la stratégie nationale des aires protégées annoncée par le président de la République en janvier dernier lors du One Planet Summit. L’objectif affiché par l’hexagone est de parvenir à protéger 30% des espaces terrestres et marins français d'ici à 2022 et à placer 10% des aires protégées sous protection forte. L’étape suivante pourrait être l’extension du classement à l’ensemble des îles éparses : outre les Glorieuses, les îles Juan de Nova, Europa et Bassas da India et, plus à l’est, Tromelin. Celles-ci font cependant l’objet de désaccords avec les Etats voisins de Madagascar et de Maurice, ce qui pourrait considérablement freiner les efforts de conservation...

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