Aire marine protégée de Nusa Tuva aux îles Salomon

Aires Marines Protégées (AMP)

Ces parcelles de mer et de littoral, protégées en raison de leur importance écologique, sont une des solutions que promeut le WWF pour conserver la biodiversité marine tout en soutenant le développement durable.

L’importance des Aires Marines Protégées

7,4% du bassin méditerranéen est couvert par des Aires Marines Protégées. Mais seulement 0,04% fait l’objet d’une protection forte.

Les mers et les services rendus par leurs écosystèmes constituent un patrimoine naturel exceptionnel. Malheureusement, la pression anthropique et les impacts associés au changement climatique affectent les milieux marins mais aussi les économies nationales et les populations qui en dépendent.

C'est pour réduire ces impacts que les Aires Marines Protégées (AMP) ont été créées. Leur but ? Améliorer la conservation de la biodiversité marine dans les zones qui sont sous leur juridiction.

Les Aires Marines Protégées françaises ont des appellations multiples : Parcs nationaux (Port-Cros, Calanques, Guadeloupe), Parc naturels Marins (Iroise, Golfe du Lion, Mayotte…), réserves naturelles (Bouches de Bonifacio), Parcs Naturels (Mer de Corail)... Depuis de longues années, le WWF soutient la création de ces sites. Ces aires naturelles préservent l’étonnante vie marine, garantissent la subsistance de la pêche, stimulent l’économie locale et permettent aux touristes de découvrir des trésors de biodiversité préservée.

En France, la plupart des AMP sont multi-usages, c’est-à-dire qu’il s’y pratique de nombreuses activités humaines, comme le tourisme ou la pêche, dans le cadre d’une réglementation visant à protéger le milieu des impacts des activités. Dans de nombreuses Aires Marines Protégées, on crée des zones de non-prélèvement dans lesquelles la pêche est interdite. Les poissons grossissent, et ce faisant, produisent de plus en plus d’œufs, qui sont disséminés par les courants aux alentours, contribuant ainsi à la reconstitution des ressources de pêche.

Aire protégée de l’îlot Maitre (Nouvelle-Calédonie)

L’action du WWF dans les AMP

Outre la création de nouvelles Aires Marines Protégées, le WWF s’implique dans l’efficacité de leur gestion.

En Méditerranée, il coordonne des projets européens permettant de faire collaborer des aires marines protégées de plusieurs pays du bassin méditerranéen, pour améliorer la gestion de la pêche ou du tourisme par exemple.
Le WWF siège également à la Commission Pêche du Parc national des Calanques, au Conseil de Gestion du Parc Marin du Golfe du Lion et au Conseil Scientifique du Parc national de Port-Cros. En 2003, le WWF France a relancé le réseau MedPAN, un réseau international qui rassemble des gestionnaires d'AMP de l’ensemble du bassin méditerranéen. Ce réseau qui organise des échanges d’expériences, définit des méthodologies communes, assure la diffusion d’informations sur les AMP est aujourd’hui reconnu par le Programme des Nations unies pour l’Environnement et la Convention pour la Diversité Biologique entre autres. Une success-story pour le WWF France qui siège désormais au Conseil d’Administration de MedPAN.

Le WWF France est également membre du Comité de Gestion du Parc naturel de la mer de Corail qui occupe toute la Zone Économique Exclusive et les terres émergées autour de la Nouvelle-Calédonie, soit 1,3 million de km². Le WWF œuvre au sein de cette instance pour notamment que les récifs exceptionnels du parc bénéficient d’une protection spéciale (aucun prélèvement autorisé) et que l’extraction d’hydrocarbures soit formellement interdite sur l’ensemble du parc.
Sur le terrain, il s’implique particulièrement dans la protection des tortues marines et des mammifères marins en menant des études permettant d’en savoir plus sur l’utilisation de l’habitat et les routes migratoires de ces animaux emblématiques. Dans le passé, il a activement contribué à créer les deux premières aires marines co-gérées de Nouvelle-Calédonie sur les communes de Pweevo et Hienghène.

Répartition des AMP françaises

Nouvelle-Calédonie58%
Iles subantarctiques27%
Antilles françaises6%
France métropolitaine4%
Autres5%

Le Parc naturel de la mer de Corail représente 3/5 des AMP françaises à lui seul.

Rorqual commun dans le sanctuaire Pelagos

Le sanctuaire Pelagos

Le sanctuaire Pelagos s'étend sur une superficie de 87 500 km².

Le sanctuaire Pelagos est un espace maritime faisant l’objet d’un accord entre l’Italie, Monaco et la France pour la protection des mammifères marins. C'est au début des années 1980 qu’émerge l’idée de protéger une partie de la Méditerranée, remarquée par les scientifiques pour sa richesse et ses conditions océanographiques favorables. Créé pour protéger les mammifères marins des pollutions, bruits, captures et blessures accidentelles causées par les activités humaines, ce sanctuaire permet de développer des actions de protection des cétacés et de leurs habitats.

Instauré en 1999, il héberge un capital biologique de haute valeur patrimoniale. De nombreuses espèces de cétacés le fréquentent régulièrement, notamment en période estivale : le cachalot, le rorqual commun et plusieurs espèces de dauphins. Une estimation recense plus de 8 500 espèces animales macroscopiques représentant entre 4% et 18% des espèces marines mondiales, une biodiversité remarquable, notamment en ce qui concerne le nombre de prédateurs en haut de la chaîne trophique comme les mammifères marins.

Le sanctuaire Pelagos a permis de soutenir la recherche et de développer les connaissances sur les cétacés, étape indispensable pour une meilleure protection. Côté français, l’animation des équipes du Parc national de Port-Cros a aussi ouvert de vrais espaces de discussion entre des parties qui n’ont pas toujours vocation à échanger. Scientifiques, pêcheurs, ONG, compagnies maritimes et collectivités territoriales se sont retrouvés régulièrement autour de la table dans le but d'échanger et de confronter leurs points de vue. A l’époque où les filets dérivants étaient encore pratiqués, ces échanges ont conduit les pêcheurs à s’imposer eux-mêmes un moratoire durant la période la plus néfaste.
Des commandants de ferry ont recherché des solutions pour limiter les collisions, des campagnes de sensibilisation ont aussi été menées en direction du grand public. Une charte associe un nombre croissant de communes littorales engagées en faveur des cétacés. L’activité de Whale Watching a été suivie et étudiée de façon précoce et un code de bonne conduite permet d’encadrer ses pratiques.

Il s’agit aussi d’un espace réservé à la concertation, pour que les nombreuses activités humaines déjà présentes puissent s’y développer en harmonie avec le milieu naturel qui les entoure sans compromettre la vie des espèces présentes et la qualité de leurs habitats. Le WWF France a contribué à la création du sanctuaire Pelagos dès l’origine et participe à son animation à travers ses programmes d’études et par sa participation aux groupes de travail thématiques définissant les orientations de sa gestion.

Toutefois, la biodiversité du sanctuaire Pelagos subit la pression combinée de fluctuations naturelles de l’environnement et des impacts des activités humaines. Les collisions avec le trafic maritime constituent ainsi la première source de mortalité pour les mammifères marins.

Pelagos : 15 ans au service de la grande bleue

Il y a 15 ans, la Méditerranée se dotait du sanctuaire Pelagos, refuge ultime pour ses mammifères marins face aux menaces conjuguées d’un trafic maritime croissant, d’un tourisme intensif et d’une pollution chaque jour plus nocive. Une date anniversaire que le WWF souhaite aujourd’hui célébrer en évoquant les succès de cette initiative. Car oui, il y eu de grandes victoires en Méditerranée cette dernière décennie !

Nos projets actifs

La protection de nos écosystèmes marins est l'un des grands défis de notre temps. Nous en avons conscience et menons des projets de terrain en Nouvelle-Calédonie, Guyane et Méditerranée, afin d'assurer une productivité pérenne des pêcheries et une résilience des écosystèmes marins tout en améliorant la subsistance des communautés côtières et le maintien de la biodiversité.

REPCET : protéger les grands cétacés dans le sanctuaire Pelagos

Le sanctuaire Pelagos est un vaste espace maritime méditerranéen qui vise à protéger les mammifères marins qui le fréquentent. Malheureusement, ces derniers n’en demeurent pas moins menacés. En effet, le risque de collision entre les grands cétacés et les navires reste bien présent.

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Cap Cétacés : étudier les mammifères marins méditerranéens

Présent depuis plus de 17 ans en Méditerranée, le WWF mène d’importantes expéditions scientifiques en mer afin d’en apprendre davantage sur les grands cétacés, leurs comportements et les nombreuses menaces qui planent sur eux. Cap Cétacés est un projet majeur, né en 2000, s’inscrivant dans cette lignée.

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Étudier les migrations des tortues vertes des Chesterfield pour mieux les protéger

Situé au cœur de la mer de Corail, entre la Nouvelle-Calédonie et l’Australie, le plateau des Chesterfield abrite des îlots coralliens isolés du monde jouissant d’une biodiversité exceptionnelle. Lors de l’été austral, ce site abrite notamment des centaines de tortues vertes venues se reproduire à la suite de longues migrations. 

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WHERE : explorer les autoroutes marines des baleines à bosse dans la mer de Corail

Le projet WHERE (Humpback Whale Habitat Exploration to improve spatial management in the natural park of the CoRal sEa) a pour objectif de décrire et comprendre la distribution spatiale des baleines à bosse dans le Parc naturel de la mer de Corail pour en améliorer la gestion.

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Ensemble, agissons

Pour mieux répondre à l'urgence écologique, le WWF France œuvre à la préservation des écosystèmes marins.
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